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DES ARTS ET DES SCIENCES. ri
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article vii.
de la musique et de la danse ,
JLa Musique est un des arts qui a éprouvé les plus grands cíiangemens.M. Rameau j musicien de génie, toujours fécond, toujours Varié, a découvert,dans la base fondamentale, les vrais principes de la mélodie Sc de l’harmonie :par ce moyen, il a assujetti à des règles sûres un art qui ne paroissoit enavoir que d’arbitraires. Le caractère de fa musique est de peindre les diffé-rentes passons avec une vérité Sc une énergie admirables.
Hyppolite Sc Aride , en 1733 , est la première époque de la révolutionde la musque en France. Les Indes galantes qui suivirent cet opéra, ainsique les Talens lyriques , Pygmalion , Caflor & Pollux , Platée , Aoroaflre ,Darâanus , &c ., méritèrent à M* Rameau la réputation dú premier musiciende la nation. La plupart de ses symphonies Sc de ses airs de danse se jouentdans les pays étrangers avec les opéra Italiens : c’est le plus bel éloge quel’on puisse faire de fa musique.
D’autres musiciens ont auffî composé des opéra qui ont eu du succès;M. Destouches , les Elémens ; M. Mouret, les Fêtes de Thalie, & les Amoursdes Dieux ì MM. Rebel Sc Francœur, Pyrame & Thìjbé , Sc 2éélindor , petitacte charmant ; enfin, M. Rousseau de Genève, le Devin du Village , quiest une des plus agréables productions, pour les paroles & la musique , quiaient paru íur notre théâtre.
Dans la musique instrumentale , nombre de musiciens se sont signaléspar leur exécution. C’est à M. le Clair que les violons François ontle plus d’obligation. Il leur a montré la manière de vaincre les difficultésde cet instrument, par les ouvrages Içavans i& corrects qusil a composés.MM. Guignon, Guillemain Sc Cupis paíïènt pour dsexcellens violons, auss-bien que MM. Pagin Sc Gaviniès.
Tous les autres genres ont eu des hommes sspérîeurs : M. Danguy, pourîa vielle; M. Blavet, pour la flûte; M. Charpentier, pour la musette ;MM. Couperin, Calvière, Clairambaut Sc Balbatre, pour l’orgue.
Les concerts spirituels n’ont été établis qu’en 172^ , par M. Philidor, dela musique du Roi, père de celui qui compose aujourd’hui de si agréablesopéra dans le genre Italien. Ces concerts ont été , comme l’on íçait,longtemps dirigés par M. de Mondonville , maître de ìa chapelle du Roi,dont nous avons quelques Opéra agréables, Sc qui s’est fait un nom patla beauté de ses motets. Sés ouvrages sent remplis d’images Sc de tableauxdignes des plus grands maîtres. Il a surpassé Lalande dans ses motets Venin
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