exultemusDominus regnavit ; Cœli marrant s ín exitu Israël , Sc son Depro-
Des voix admirables ont également ravi nos oreilles. On se souviendra long-temps de M Ile . le Maure, qui, par l’étendue de fa voix , par la beauté deson organe, a peut-être surpassé toutes celles qui ont jamais chanté íùr nosthéâtres. M lle . Fel, paries sons enchanteurs, a fait, dans un autre genre,les charmes de notre spectacle» Períònne n’a pouffe auísi loin queM. Gelyotte les talens Sc le goût du chant François : avant M. Legros, quia une fi belle haute-contre, Sc qui donne tant d’eípérances, il íèmbloit impos-sible de le remplacer. M. Benoist de la musique du Roi, aussi-bìen queM M» Thevenard Sc Chassé, ont passé pour de très-belles baíîès-taiiie.
La révolution que M. Rameau a opérée dans la musique Françoise, nousa rapproché insensiblement du goût de la musique Italienne , dont celle deLully est si opposée : elle nous a mis à portée de la sentir, de la goûter;tous les jours elle acquiert de nouveaux partisans, Sc elle fait de plus en plusles délices de notre nation» Quelques-uns de nos musiciens ont eíïàyé d’ap-proprier les plus agréables airs des Italiens, les plus jolies ariettes de leursintermèdes & de leurs opéra bouffons, à des paroles Françoiíès. Le succèsprodigieux de la Servante Maîtresse de M. Baurans, a prouvé, malgré lesaíîèrtions- de M. Rouíïèau de Genève, que l’on pouvoit réussir. D’autres,au contraire, ont composé de vraie musique Italienne, dont ils ont embelliquantité de petits opéra François (a), qui íònt journellement goûtés dupublic. Les Troqueurs , le Peintre amoureux de son modèle , On ne s’avisejamais ie tout , le Roi & le Fermier , le Maréchal , ainsi que plusieurs autres opéracomiques dans ce genre, multiplient Sc renouvellent tous les jours nos plai-sirs , Sc font, par le grand concours des spectateurs, la gloire Sc la fortunedu théâtre où ils íònt représentés. MM. Dauvergne , Duni Sc Philidor, &c.,se íont fur-tout fait remarquer dans cette nouvelle carrière.
La Danse est la partie la plus brillante de notre Opéra. Il y a ungenre, qu’on nomme opéra-ballet, qui n’a pas peu contribué à la perfectionoù cet art est parvenu depuis quarante ans. U Europe galante de M. de la Motheavoit donné la première idée de ce spectacle, que les Amours des Dieux ,les Elémens , les Fêtes de Thalie , les Talens lyriques , &c. , développèrentensuite avec tant d’applaudiíîèmens. » C’est , de tous les ouvrages» du théâtre lyrique, le plus agréable aux François ; la variété qui y règne,» le mélange aimable du chant «Sc de la daníe, les fêtes galantes qui íè íùc-» cèdent avec rapidité, une foule d’objets piquans qui paroiííènt dans ces
(a) En Allemagne & en Italie, ces peuples,prévenus contre nos drames en musique , sont re-venus de leur prévention en faveur du nouveau
genre de nos pièces en ariettes. Je les ai enten-dues applaudir fur le théâtre de Manheim. au-tant qu a Paris.