DES ARTS ET DES SCIENCES.
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D spectacles, forment un ensemble charmant qui plaît universellement ( a)
Depuis ce temps principalement, on a fait usage de la chorégraphie (â),ou de l’art de noter la danse à i’aide de caractères Sc de figures démonstratives,qui expriment toutes les positions Sc tous les mouvemens que l’on peut faireen dansant ; de forte que l’on peut dire présentement, ainsi que Ta remarquéun de nos auteurs, que l’on danse à livre ouvert, de même que l’on dit quel’on chante à livre ouvert.
M. Lani, compositeur des ballets de l’Opéra Sc lui-même excellent danseurpantomime, fe distingue beaucoup dans la composition des daníès, par lédessein, i’invention, les figures toujours nouvelles, toujours intéressantes. Sesballets font la réputation de ce spectacle : celui des Bacchantes dans Enee &Lœvinie , avec la passe -à- caille , ainsi que les ballets de Pyrame & Thijbe ,sont très-estimés.
M. Dupré a été le plus grand dansour de son siècle, Sc qui peut-être ait existé ;il sembloit que les Grâces l’avoient doué à plaisir pour la danse. Les applau-dissemens ne finiísoient point toutes les fois qu’ii paroissoit fur le théâtre ,Sc qu’il exécutoit ces belles chaconnes des Indes Galantes , des Fêtes dePolymnie , de Nais : le public l’avoit surnommé le grand Dupré, à causede i’excellence de son talent. M. Vestris aujourd’hui, malgré la supérioritédu sien, ne le fait pas encore oublier*
Aucune danseuse n’a égalé M lle . Laní pour la légèreté Sc la précision ; ellefait, pour ainsi dire, autant de pas que de notes : Sc , pour les danses gra-cieuses , M 1Ies . Salé Sc Puvignée ont été incomparables*
Il faudroit donner une liste de tous nos danseurs Sc de toutes nos dan-seuses , si on vouloit détailler les différens talens qui ont brillé dans ce genre.Le petit nombre qu on vient de nommer, suffit pour convaincre que la dànfes’est soutenue avec le plus grand éclat. L’estime singulière que les étrangersfont de nos ballets , Sc l’empreísement qu’ils témoignent pour attirer nosdanseurs, fait mieux leur éloge que tout ce qu’on pourroit dire.
Enfin, M. Noverre, par les ballets qu’il a fait exécuter fur le théâtre deStutgard en Allemagne, avec tant de succès , auísi-bien que par se balletChinois , Sc celui de la Fontaine de Jouvence , que nous avons vu sor lethéâtre de la Comédie Italienne, s’est acquis une grande réputation ; leursfigures sont poétiques, piquantes Sc variées : 11 a de plus couronné cetalent par des écrits très-estimés sor la danse*
Il n’y a pas jusqu’aux décorations de notre Opéra * entre les mains duchevalier Servandoni , qui n’aient mérité la plus grande célébrité. LePalais du Soleil dans l’opéra de Phaéton , celui de N inus dans Pyrame &
(a) Encyclopédie , au mot Ballet.
( b ) L’art étoit plus ancien ; mais on ne s’en servoit pas . à cause de la grande simplicité des danses.