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commandant de les nourrir de préférence avec de forge, ainsi qu on le pra-tique avec íùccès en Angleterre, en Eípagne Sc en Barbarie, où ces animauxfont les meilleurs Sc les plus courageux du monde.
Avant ce íystême , il avoir paru un ouvrage excellent au siijet des prairies arti-ficielles (d) y où l’on apprend le moyen de fertiliser les terreins secs Sc stérilesdes différentes provinces du royaume. L’auteur ayant observé que tout lesecret de f agriculture consiste à proportionner les amendemens au besoin desterres, Sc que les plus mauvaises pourroient, par ce moyen, devenir fertiles,a imaginé de les rendre toutes fécondes les unes par les autres. Il propoíèd’abord de mettre en prairies de sainfoin les terreins les plus maigres pouravoir de quoi nourrir les bestiaux, Sc de tirer ensuite de ces bestiaux lesengrais propres à fertiliser les autres terres. C’est à peu près la quatrièmepartie d’une ferme qusil veut qu’on emploie en prairies artificielles ; elle pro-duira de quoi nourrir la quantité de bestiaux néceíîàire pour procurer les amen-demens. Le profit que le fermier retirera des bestiaux qu’il élèvera en plusgrand nombre , le dédommagera avec uíùre du produit des bleds Sc autresgrains que cette quatrième partie lui rapporteroit. Comme il est nécessairede renouveller le sainfoin tous les cinc^ousix ans, il conviendra de faire cerenouvellement dans un autre quart de la ferme, Sc d’aller ainsi en continuantjuíqu’à ce qu’on fiait parvenu au dernier quart ; de íbrte qu’en une vingtained’années environ , la prairie artificielle Ce fer a promenée dans toute 1 etenduedes terres qu’on voudra mettre en bonne culture. Rien ne pourroit davantagepeupler les campagnes & les enrichir , que l’agriculture pratiquée suivant cetteméthode.
M. le marquis de Turbilly a donné des mémoires fur les défrichemens ,quî ont excité l’attention du ministère. Le Roi a donné un arrêt pour lesencourager dans tout ion royaume , par lequel il exempte de toute tailleSc imposition, pendant l’eípace de dix ans, tous ceux quî entreprendront àl'avenir de défricher les terres incultes, Sc les mettront en valeur, de quelquemanière que ce soit. Il s’est déjà formé plusieurs compagnies pour entrepren-dre des défrichemens considérables ; de forte qu’à l’aide des encouragemensqu’on ne ceííe de prodiguer à l’agriculture pour lui donner une nouvelle acti-vité , avec le temps, on verra diíparoître cette quantité de terres stériles Scincultes que l’on remarque dans quantité d’endroks de la France.
M. Tillet ayant découvert la cauíè qui noircit Sc corrompt les grains debled dans les épies, Sc trouvé le moyen de prévenir ces accidens funestes ànos moisibns, 8. M., à laquelle il préíènta Ca. distèrtation , voulut elle-même être témoin des expériences qui y rapportées - Sc chargea
(a) Cet ouvrage est intitulé : Les Prairiesarti- | fertiliser les terreins secs &" ftériles dans la Cham-’sicielks . ou Lettres à M. de * * * fur les moyens de > pagne Lr dans les autres provinces du royaume.