at$ TABLEAU DU PROGRÈS
Fauteur de ìes exécuter en grand , sous íès yeux , à Trianoii.
Ces expériences ayant eu tout le succès qu’on pouvoit desirer , le Roiordonna qu’elìes fustènt imprimées Sc distribuées dans les campagnes à tous les■laboureurs , afín qu ils en en listent leur profit. Leur résultat est que la vraiecaufè des bleds cariés réside dans la poussière des grains corrompus, Sc nondans les brouillards auxquels on les attribuoit auparavant ; que le grain leplus sain qu’on a noirci de cette poussière, reçoit, par une contagion rapideSc une communication très-intime, le venin quelle renferme ; lequel venins’incorpore dans les grains , qui, une fois infectés, se convertissent en unepoussière noire ; & qu’ensin , pour en préserver le bled, le remède est leplus simple Ça) & le moins coûteux; de forte qu’en i’employant, on peuts’asturer qu’aucune maladie ne pourra infecter Teípérance de la moisson.
Il n’est pas douteux que toutes ces expériences Sc Ces nouveaux procédésfont très-propres à rendre la France plus riche en bled par la fuite, íùr-toutquand on y joindra la nouvelle méthode de conserver les grains de M. Duhamel,qui consiste principalement à étuver le bled avant de le ferrer , de manièrequ’il caste fous la dent net comme un grain de ritz ; Sc ensuite à entretenirce dessèchement par un ventilateur Çb). Ce procédé non feulement faitperdre toute humidité au grain, mais encore détruit toute semence d’in-sectes.
Au fùrpiuS, quelques découvertes que Ton fasse dans cet art, il est à craim-dre que íès progrès dans l’exécutíon ne soient toujours très-lents. En toutpays, les cultivateurs tiennent singulièrement aux usages de leurs ancêtres ;ils font tous à peu près aussi entêtés que l’étoient autrefois les Irlandois ,qu’on ne put jamais persuader, par aucun raisonnement, de faire tirer les
(a) Ce remède > qui a été publié par ordre duRoi, consiste à prendre de l’eau de lessive de cen-dres communes de bois neuf & dur. La dose estdeux pintes d eau contre une livre de cendre dansnn envier. On ìes remué de temps en temps avecun bâton ; ort fait chauffer cette eau à tel degrégue l’on veut, en la mettant par partie fur le feu,à l’aide d une chaudière , dont on verse successi-vement seau bouillante fur celle qui est froide.Au bout de trois jours , quand les cendres fontbien précipitées, & l’eau devenue bien claire , onla soutire au-dessus du niveau des cendres dansun autre cuvier ; ensuite , sur cette eau de lessive,on jette un peu de chaux VÌVÔ , dans la propor-tion à peu près de deux onces par pinte d eau. Onfait encore chauffer cette eau pour bien dissoudrecette chaux. Pendant qu’eìle est encore tiède, onmet, dans un panier d’osier bien serré, un ou deuxboisseaux de grains à la fois ; on le plonge dansjecuvier.de manière que l’eau de lessive pénètrecette semence que l’®n remue légèrement avec la
main. Quand on juge le grain bien imbibé decette eau , on retire la corbeille ; on la laisse bienégouter au-dessus dû cuvier*, on sait sécher le grainfur une table ou fur un drap. Alors il est en étatd’être semé quand ón le veut ; & on continue lamême opération pour d’autres grains.
(b) De pareils greniers établis dans nos provin-ces seroient de la plus grande utilité. On y pour-roit conserver une très-grande quantité de bledaussi long-temps que l’on voudroit, dans un tres-petit espace, ’& sans frais d’entretien ; d’autantque le ventilateur, pour raffraichir les grains, peutêtre mû, soit par un moulin à eau, soit par unmoulin à vent.En iyy6, je fusappelléen Dauphinepour construire à Grenoble un semblable édifice.J’en sis tous Ies desseins & les développemens.dont quelques circonstances imprévues arrêtèrentl’exécution. Mais il est à croire que , si fessai deces greniers -, avec des ventilîateurs, avoir étéfait une fois en grand , leùr avantage est si scnsi-bie, qu’ils seroient bientôt imités par-tout.
charrues
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