TABLEAU DU PROGRES
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article II.
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Ïl s’en falloit beaucoup que 1’horlogerie à, le siècle dernier, dans Pétâtfloriílànt où elle est aujourd’hui ; à peine y avoir - il quelques horlogerspassables. On fut obligé, fous la régence de M. le duc d’Orléans, d’envoyeíchercher à Londres d’habiles ouvriers , à dessein d’établir à Versailles Sc àSaint - Germain des manufactures d’horlogerie. Quoique ces établissemensn’aient pas subsisté longtemps, ils servirent à exciter la plus grande émulationparmi les horlogers de Paris. M. Gaudron fe distingua particulièrement, parune pendule ingénieuse, dont le poids est remonté par un ressort, Sc que l’ona imitée depuis en diveríes manières.
M. Sully ne laiíla pas de contribuer encore au progrès de Phorlogerie àpeu près dans le même temps : ce fut lui qui inventa cette machine qui sertpour fendre les dents des roues des horloges, Sc qui a retenu íòn nom ,à cause de la précision quelle apporte dans ces fortes d’opérations.
Mais c’est principalement à M. Julien le Roy que Phorlogerie Françoisedoit íà réputation, par les íbins qu’il s’est donnés de former d’habiles ouvriers,qui étoient fort rares avant lui. Il introduisit les changemens les plus avantageuxdans les pendules à répétition, (a) Pour rendre les pièces de leur quadratureplus grandes Sc plus solides, Sc pour pouvoir plus facilement en appercevoirles défauts, s’il s*y en trouvoit, il augmenta la place de la quadrature, Sc entransposa, les pièces de delîòus le cadran, ou elles étoient gênées Sc cachées,fur la platine du nom, où elles font en vue, Sc à Passe.Par cet arrangement,toutes les pièces íònt devenues plus grandes, plus faciles à exécuter ; Sc leureffet est infiniment plus sûr. Cette rectification est si avantageuse qu’elle a étéimitée par tous les horlogers , Sc qu’elle a fait oublier les répétitions d’Angle-terre ; ce quî a fait dire agréablement à M. de Voltaire , à cette occasion, aprèsla bataille de Fontenoi : Le maréchal de Saxe & Julien le Roy ont battu les Anglais .
La batte-levée des montres ( élévation que l’on remarque au - deiîùs deîa fermeture de la boëte, qui étoit auparavant de niveau avec le cadran ) estde l’invention de ce célèbre horloger ; Padoption générale que Pon a faite decet arrangement en fait l’éloge. On n’a plus exécuté depuis de montre fansbatte-levée.
M. Julien le Roy est encore le premier qui a trouvé le moyen de construireles grosiès horloges d’une manière bien plus simple. A la place des onzepièces dont la cage de ces fortes d’ouvrages étoit composée ci-devant, il en
(a) Extrait d’une lettre de M. le Roy l’aîné » fils, insérée dans l’Année littéraire, année 17J7,