z 6 TABLEAU DU PROGRES
Les talerís supérieurs de cet académicien lui ayant mérité uhe pensionde Sa Majesté - il appliqua depuis son industrie à perfectionner nos manu-factures j qui se ressentirent des influences de son génie créateur. Il inventade nouveaux moulins à òrgansiner ou à tordre la foie pour faire la chaîne desétoffes. Les Piémontois étoient depuis longtemps en possession de faire f or-gansin ce qui letìr procurent un commerce immense. En vain tous nósfabricans se piaignoient que leurs soies étoient très-inégalement torses , Scque cette inégalité produiíoit dans le travail des étoffes beaucoup de déchet ;períbnne ne trouvant rien de mieux, il falioit bien s’en contenter. Cet aca-démicien , excité par la difficulté Sc par Davantage qui pouvoit résulter d’unmeilleur procédé, parvint à inventer de nouveaux moulins , qu il fit exécu-ter dans une manufacture royale érigée exprès à Aubenas du coté de Lyon ,lesquels réussissent à tordre la foie très-également d’un bout à l’autre del’écheveau ; de forte que cet organsin procurant un plus grand profit dansla fabrique des étoffes, le fait préférer à celui des étrangers, & leur a en-levé cette branche de commerce.
On vit, en 1745, à l’hôtel de Longueville un nouveau métier en foie deion invention, propre à fabriquer du taffetas, dû satin, Ou d’autres étoffesunies. M. de Vaucaníon avoit tellement simplifié les opérations, qu’un Sa-voyard , Cn tournant simplement un cabestan, fassoit travailler ce métier,mouvoir lés listes, jouer la navette, Sc agir le battant ; la main n’y étoit em-ployée , que lorsqu’ii falioit renouer un si 1 cassé*
Il fit encore un autre métier aussi simple pour fabriquer des étoffes à fleurs,lequel fut transporté à la Meute. Sa Majesté vint le voir travailler, Sc vou-lut bien porter un habit de Détoffe qui y fut fabriquée. C’étoit un droguet defoie de couleur grise, doublé d’un taffetas blanc qui avoit été fait fur lepremier métier.
De nouveaux desseins raniment fans cefle le goût de la nation dans nosmanufactures de Lyon & de Tours, que les étrangers ont tant de fois essayéd’imiter. Depuis vingt ans, on a introduit les velours de trois couleurs, quifont si fort à la mode : on ne les connoissoit pas auparavant. Les étoffesd’or Sc d'argent font toujours nuancées avec un art admirable. Sans rien leuroter de leur éclat, M. de Vaucaníon a trouvé le secret, en les cylindrant,de diminuer le prix de leur matière , Sc de leur conserver une apparenceque nos pères ne lçavoient donner à ces étoffes, qu’en prodiguant les mé-taux les plus précieux ; de sorte qu’on se vêtit aujourd’hui tout aussi magni-fiquement , Sc à infiniment meilleur marché que le siècle dernier Ça).
(a) On remarquoit depuis ìong-temps que ìapartie huileuse du savon que l’on emploie dans lôdécreusement de la foie, ôte la solidité du blanc
de nos étoffes, Sc qu il devient jaune en peu detemps. La comparaiion avec le blanc solide desétoffes de la Chine r qui n’a point cet inconvé-
M.