DES ARTS ET DES SCIENCES. 37M. ia Rouvière a eu l’industne de rendre une plante, connue sous le nomd ’apocynum par les botanistes, Sc qui produit une espèce d’ouate soyeuse,propre à être filée ; il fabrique, ayec cette soie végétale, des velours, desincitons, des flanelles Sc des bas - dont la qualité est excellente, Sc à meil-leur prix que les autres*
La culture des mûriers a été encouragée par des récompenses, pour au-gmenter la foie du royaume, Sc diminuer l’introduction des foies étrangères.On commence aussi à faire parquer nos moutons, à l’exemple des AngioisSc des Espagnols (V), pendant toute Tannée, dans plusieurs cantons de laNormandie, asin de parvenir à donner à nòs laines la qualité soyeuse quileur manque. Ainsi, avec le temps, par Tattention continuelle du ministèreà íùivre ces deux vues fondamentales , nous réussirons à tirer de notrecrû les matières premières , Sc nous ne serons plus obligés d’acheter deTétranger la foie Sc la laine néceíïàires pour le travail de nos manufactures;ce qui augmentera la véritable richesse de la France*
Notre manufacture des Gobelins se soutient avec les plus grands succès. Ony a exécuté des pièces de tapisserie admirables d’après MM. de Troys, Vanloo,Pierre & Boucher. Nous avons vu depuis peu au íàlion , avec les plusgrands applaudiísemens , le portrait du Roi d’après M. Michel Vanloo,exécuté par M. Audran en tapisserie, avec une telle vérité Sc une si grandeprécision, que ceux qui n’étoient pas prévenus , prenoient cette tapisseriepour le tableau même. Rien ne fut mieux appliqué que les vers que Tonfit à cette occasion :
» II n’étoit réservé qu’au portrait de Louis» De réunir tous les suffrages*
» L’éguille & le pinceau s’y disputent le prix:
» Et leur sublime effort transmet à tous les âges53 Que ce divin modèle offre aux yeux , à la fois >
» Le chef-d’œuvre des arts, ôe le meilleur des Rois*
Si 1 on vouloit approfondir les progrès de cette manufacture, il n’y auroitqu’à comparer ce portrait avec celui de M. le duc d’Antin, qui fut exécutéau commencement de ce siècle, par les plus habiles ouvriers des Gobelins ;
fiient, frappoit tout le monde. En 1762, l’aca-démie des sciences , belles-lettres & arts de Lyon,ayant proposé pour prîx de trouver un meilleurprocédé qui n’áltèfe ni la qualité, ni le lustre dela soie, M.Poivre, qui a séjourné long-temps dansles Indes,voulut bien communiquerle procédé desChinois ( qui est,à ce que l'on prétend, d’employerune décoction de sel armoniac danslê décreusement,au lieu de savon). C’est une nouvelle perfectionajoutée à nos soieries, dont on lui est redevable.
(a) On attribue principalement la beauté deslaines de l’Espagne à l’usag e . non seulement defaire parquer les moutons toute Tannée , mais en-core de leur procurer du sel en abondance. Lespropriétaires donnent par ari vingtcinq quintauxde sel pour mille moutons. On leur met cesel sur des pierres plates; les bergers les condui*sent au travers de ces pierres, mile mouton prenddu sel a son gré . & autant qu’il en veut man»
ger.
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