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on remarqueroit beaucoup de différence à i’avantage du tableau de Louis XV.Il paroît que nos ouvriers entendent mieux à fondre les couleurs fur les extré-mités des contours, & qu’aussi nos peintres fe font plus attaché , en général,à disposer leurs tableaux de manière à favoriser le travail du tapissier.
. Cs- qui s’est íùr - tout perfectionné , c’est la tapiílèrie de badè - lice.On ne faiíòit anciennement, íùr ces fortes de métiers, que les ouvrages lesplus communs; les actions venoient à rebours du tableau ; ilfalloit'découperle modèle par bandes, pour le placer fous la tapisserie ; Sc par surcroît, commeon travaille à i envers, la difficulté de comparer le coloris du tableau avecl’ouvrage, paroiíïoit un obstacle invincible pour pouvoir rien exécuter en cegenre d une certaine perfection. M*, de Vaucanfon ayant été invité par M. lemarquis de Marigny, à chercher le moyen de rectifier ces ínconvéniens, fitun nouveau métier, qui, au lieu d’être immobile comme auparavant, peutíemouvoir íùr des pivots comme les petits métiers dont les femmes íè fervent, quis’inclinent à volonté : par-ià, il mit l’ouvrier à portée de voir son modèle,quand il le veut, & de le comparer aussi souvent qu il le désiré. Depuis ce .temps, Sc par les foins de M. Neilíon, qui avoir imaginé précédemment desubstituer sous la chaîne un trait des objets fùr des papiers traníparens, afinque j ces papiers étant retournés , les objets vinssent fur la tapisserie du mêmesens qûe fur le tableau , ces ouvrages font devenus susceptibles de la mêmeperfection Sc correction que ceux de haute-lice. Tous les connoiíïèurs ontbeaucoup admiré la tenture des fragmens dopera d après M. Coypel, exécutéepour M. le duc de Deux-Ponts. Dans le falion de M. le marquis de Marigny *il yá plusieurs très-belles tapisseries de haute-lice, parmi lesquelles il y ena une de basse-lice , qui représente Neptune ÔC Amimone d’après M. Garlo-Vanioo, Sc qui ne le cède point aux autres : on ffy remarque aucune dif-férence.
La manufacture de porcelaine de Sèvres, qui est un établissement de nosjours, íùrpaíïe de beaucoup celle de Saxe Sc de Franckenda 1 en Allemagne,pour îe goût. On a le secret d'y appliquer for comme íùr ia porcelaine duJapon. Ornée par les compositions ingénieuses de M. Boucher, par lesformes agréables de M. Balconnet, par les fleurs Sc les animaux de M. Ba-chelier , chaque pièce que l’on exécute dans cette manufacture est un mor-ceau précieux. Quand la pâte de cette porcelaine aura acquis le degré desolidité nécestàire, aucune ne pourra lui être comparée (a').
Nos manufactures de tapisseries de Beauvais , de tapis de pieds de laSavonerie Sc d’Aubuflon , ont reçu également des accroilîemens , comme
(st) La permission que M. Ie duc de Deux-Ponts vient d accorder à cette manufacture, detirer de fes états de la terre pareille à celle donton fe sert pour la manufacture de Franckcndal*
dont la porcelaine soutient l’épreuve du plombfondu, lui donnera toute la perfection ou’on peutdefìrer à ce sujet.