40 TABLEAU DU PROGRES
sures ou feuilles cfargent ; ce qui ne leur dcnnoit pas,, à beaucoup près, au-tant de jeu St de grâce.
Pendant la guerre dernière } il ssest rencontré un particulier, qui, en cher-chant une nouvelle composition pour faire des diamans faux, retrouva le feu-grégois , ou du moins un feu dévorant assez semblable > auquel l’eau, au lieude l’éteindre, donnoít une nouvelle activité. On en fit des estais prodigieuxdans une des cours de l’Aríènal de Paris. Notre Auguste Monarque, qui eutpu se servir, avec avantage, de cette découverte désastreuse fur mer contreses ennemis, par une façon de penser qui lui est ordinaire, ne voulut pasquon en fît uíàge ; on récompensa sauteur, à condition qu il ne publieroitpas son secret. 11 rìy a déjà que trop de fléaux pour détruire les hommes.
Nos artificiers ont inventé des fusées qui peuvent s’élever à deux milletoises perpendiculaires, pour donner, dans l’occasion, des signaux à des dis-tances très-éloignées.
Tous ces artifices Chinois & Italiens ont fait {'ornement d’un de nos spec-tacles pendant un temps, & font encore tous les jours les amuse mens denos íbciétés. Rien n'est plus agréable que de jouir íur fa table d’un petit feud’artifice, qui, quoiqu’en mignature,, ne laiíîè pas d’avoîr {'agrément du coup-d’oeìl comme les autres.
On a imaginé de nouveaux fusils plus légers que ceux qui sent en usege,lesquels se chargent fans baguette cfune façon très-industrieuse, en séparantle canon qui se réunit à l’aide cfiune vis, sens rien diminuer de se solidité ;ce qui s’exécute avec tant de facilité, qu’on peut tirer deux cent coups envingt minutes. Le maréchal de Saxe en a austì proposé, dans ses Rêveries {a') fqu’ii nomme desamusettes, Sc qui ont été exécutées : ce sont des eípèces
(a) Cet ouvrage, dont j’ai eu part à l’exécu*tlon de sédition i/2-4 0 ., est rempli de quantitéde vues nouvelles pour perfectionner Fart mili-taire. La réforme de shabillement des troupes estfur-tout un article intéressant. Comme , suivant cegénéral, les cheveux font un ornement très - salepour le soldat, il vouloit qu'il eût la tête rasée,avec une petite perruque ronde de peau d’agneau,de couleur griiaille. Aú lieu de chapeau qui perden peu de temps de fa forme , & qui s’enlève sifacilement de dessus la tête, il lui substituoit uncasque qui ne peseroit pas davantage , & qui se-roit capable de garantir des coups de sabre. L’ha-Lit qui couvre si mal le soldat, & qui lui sèchefur le corps quand il est mouillé , ce qui lui causedes maladies, etoit remplacé par une veste un peuample, avec une soubreveste de petit buste, & unmanteau a la turque , avec un capuchon. Dansle mauvais temps, le soldat se seroìt couvert deson manteau ; au premier rayon de soleil, il sau-roit sait sécher; la nuit. il se scroit enveloppe
dedans, & suroît été chaudement. Ce manteaudeVoit être assez léger pour pouvoir fe rouler &s’attacher le long de la giberne. La chaussure en-troit dans le projet de réforme de ce maréchal.Il vouloit stue le soldat eût des talons très-bas,qu’il fût chaussé à nud, les pieds graissés avec dufuit ou autre graisse , excluant absolument les basde laine que l’expérience démontre être ennemisde la peau. A ces escarpins , il joignoit des guê-tres d’un cuir délié , qui montoient jusqu’au mi-lieu de la cuisis, ôù elles s’attachoient à la cu-lotte avec des boutonnières , fans jarretière quel-conque , afin de laisser le jarret plus libre. Enfin,î st ajoutoic, pour les temps humides & de pluie,des sandales de bois qui auroient empêché les es-carpins de se mouiller. Le soldat ne les auroitquittées que dans les jours secs, les temps d’exer-cice ou de combat. Il y a encore dans cet ou-vrage quantité d’inventions très - intéressantes ;
mais, comme elles n’ont pas été adoptées, il estinutile de s’y arrêter.