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t) E S A k T S ET DES SCIENCES, 4*cfe petites coulevrines qui se chargent parla culasse, & qui peuventenvoyeíà quatre mille pas des balles d’une demi-livre.
L'art merveilleux de faire parler les sourds 8c les muets de naissance, est dû! 1M. Péreire. Le Roi en a vu les succès íùrprenans , 8c a récompensé d’une pensionson inventeur. Il saut sçavoir que la plupart des sourds & des muets denaissance ont Forgane de la parole très-bien conformé, 8c ne sont muets quepar Pimpoffibiìité ou ils se trouvent de se procurer par Fouie aucune idée dessons. M. Péreire leur a donné , avec la parole , la faculté d’acquérir les ideesles plus abstraites. Il se sert, pour communiquer ses pensées à ses élèves , dôFécriture , ou de signes qu il leur fait avec la main. Il est même parvenu à lesfaire entendre par le seul mouvement des lèvres & du viíàge de ceux qui leurparlent habituellement. » Cette invention rend nombre de sujets utiles à la» société. C’est en quelque sorte ( disent les mémoires de Vacadémie Royale des» Sciences') les tirer, par une heureuse métamorphose, de Fétat de simples» animaux, pour en faire des hommes (a) «.
Nous avons vu M. Laurent, qui a inventé la belle machine pour éleverles eaux de la cascade de Bmnoipar le moyen de roues ovales très-ingénieufes ,faire un bras artificiel à un invalide qui avoit eu les bras emportés en char-geant Un canon. Il ne lui restoit du bras gauche qu’un moignon de quatre àcinq doigts : il parvint à lui ajuster un bras, à Laide duquel il put manger,boire , prendre du tabac ; 8c , ce qui est le plus extraordinaire, écrire si liss«blement, qu il a copié un placet qu il a eu f honneur de présenter au Roi*íùr lequel 8. M. a eu la bonté de mettre elie-même son bon.
La facture d’orgue , qui est de tous les instrumens de musique le plusimparfait, a reçu , par les soins d’un de nos Bénédictins, un degré de perfec-tion auquel elle ne sembloit pas pouvoir atteindre. Ce religieux a exécuté ,dans féglise de Sainte-Croix à Bordeaux, un orgue qui imite la voix humaine,8c que Fon va entendre par curiosité. On s’imagine assister à un concert de voixdes plus harmonieux. Il n’y a personne qui ne s’y méprenne, tant Fimitationest parfaite,
LJne découverte des plus mémorables qui ait été faite sous ce règne , est ledessalement de seau de la mer. On est instruit combien l’eau douce, que Fonest obligé de transporter dans les vaisseaux, entraîne avec elle d’inconvé-niens outre quelle y cause beaucoup d’embarras, 8c qsseíle allonge sou-vent les voyages pour la renouveller, elle se corrompe au bout de quelquesjours, 8c occasionne, par son goût infect, la plupart des maladies qui afflL.gent les équipages. Boyle, Leibnitz, le comte de Marsigli, & nombre deíçavans, dans tous les temps, avoient fait beaucoup d’expériences infructueusesà ce sujet. M. Poissonnier, plus heureux, est enfin parvenu à inventer une
(a) Extrait des Mémoires de ïaoaàémk Royale des Scknces , année 174p.
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