TABLEAU DU PROGRÈS<f argent, il est d’uíàge universel d’employer une quantité de plomb connue,Sc de faire passer le tout à la coupelle, en lui donnant une chaleur astez:vive pour que le plomb s’y imbibe à mesure qu il se convertit en litharge.Torique f opération est bien faite , l'argent reste pur dans le baísn de lacoupelle ; Sc le plomb, incorporé dans cette matière poreuse, diíparoît tota-lement.
Juíqu’à présent, on avoit supposé que le cuivre Sc le plomb s’imbìboientíèuls dans la coupelle, Sc qu aucune particule d’argent n’y étoit entraînée.Par une fuite de cette fausse idée, on ménageoit peu le plomb que f opérationdemandoit. Quelques artistes la présomoient même plus parfaite , st le plombétoit prodigué. Un grand nombre d’expériences faites par M. Tillet, A quisont consignées dans les Mémoires de Vacadémie des Sciences , ont appris enfinqu’une partie du fin des matières s’introduit toujours dans la coupelle, à lafaveur de la litharge ; qu’elie occasionne par là une diminution fur le poidsdu bouton d’essai , Sc fait perdre à la matière que ce bouton représente,quelque chose du titre auquel on devoit le porter ; perte qui monte à peuprès à la quatre-vingt-dixième partie de la matière essayée ; de forte que , furquatre - vingt - dix marcs, il y avoit un marc de perdu pour notre com-merce (u).
A mesure que les opération s se sont multipliées, on a reconnu que, moinson ménageoit le plomb dans fessai, plus la perte de l'argent étoit sensible ;Sc dès-lors on s’est appliqué à graduer les doses de plomb solvant la quantitéd'alliage qu il s agissoit d’enlever , afin que la portion d’argent que la lithargeentraîne dans fessai, fut la plus petite possible. Une foule <fexpériencesauthentiques, faites par MM. Hellot, Macquer Sc Tillet, à ce sujet, ontoccasionné un arrêt du conseil d état (b), qui, d’après les principes ci-des-sos, prescrit à tous les essayeurs du royaume une méthode uniforme pourfaire les essais d’or Sc d’argent»
(a) Le procédé de M. Tillet pour retrouverla petite quantité d’argent que le plomb, en pas-sant à i’état de litharge, entraîne avec lui dansla coupelle, consiste à piler cette coupelle dansun mortier, a la réduire en poudre impalpable ,à la mêler avec du borax 8c autres ingrédiens enusage pour les essais des mines, & enfin à fairefondre le tout dans un creuset. Par ce moyen.
le plomb se détache des scories , se ressuscite & seprécipite au fond. Après savoir retiré, cet acadé-micien remet ce plomb ressuscité dans la cou-pelle; &, le réduisant encore en litharge, il re-trouve sur le bassin de la coupelle la petite por-tion d’argent dont le plomb s’étoit enrichi.
(b) Cet arrêt de règlement est du y décembre1765.