yg TABLEAU D U PROGRES
opérations de la taille n en a produit âu frère Cofme, religieux Feuillant.
L’académie de chirurgie nous donne de temps en temps d’excellens mémoi-res j pleins de recherches íçavantes Sc de détails d’opératiònS d’une utilitégénérale , qui procurent journellement de nouvelles lumières pour le foula*gement de l’humanité.
Les profondes études de nos chirurgiens dans í’anatomîe, les ont mis enétat de faire nombre d’opérations, dont on n'avoir pas d’idées précédem-ment : on est parvenu à faire l’amputation de la cuisse dans l’article ; on afait aussi la ligature des artères intercostales. M. Soulier , chirurgien deMontpellier , trouva le moyen de guérir les abcès âu foie : en ouvrant lecôté , il parvint à vuider la matière en y introduisant une canule d’argent,émouíïee par le bout, qui entre dans le foie ; laquelle canule est percée deplusieurs ouvertures latérales , qui reçoivent la matière nuisible pour la porteren dehors. Par le succès de cette opération, il apprit le moyen de conserverla vie à ceux qui font attaqués de ces maladies (u).
De toutes les découvertes modernes qu a faites la chirurgie , il n’y en apas de plus importante que celle qui regarde la manière d’arrêter les hémor-ragies. Avant 175 r , dans le cas d’une hémorragie mortelle par la bleíîuredes artères j on n’avoit que des remèdes très-incertains ; Sc fouVent ce quipou volt arriver de plus heureux à celui qui avoit l’artère blessée par unesaignée maladroite ou autrement , étoit de perdre le bras. Dans toutes lesopérations , la difficulté d’arrêter le sang rendoit toujours les plaies très-dangereuses. M. Broíïàrd, chirurgien de la Châtre en Berry , étoit connupour avoir un moyen certain d’arrêter fur le champ l’hémorragie fan sdouleur. Le Roi, qui, dans toutes les occasions, fe montre le bienfaiteurde ses peuples, acheta son secret Sc le rendit public. Il consiste à prendrede l’agaric, qui est une espèce de champignon ou d’excroissance fongueuse,qui croît fur les arbres - Sc ser-tout ser les vieux chênes , Sc à rappliqueríur la plaie de l’artère découverte par une incision.
Il y a fur-tout quelques branches de la chirurgie qui ont fait les progrès lesplus marqués. La structure de l’œil, mieux connue depuis vxngt-cinq ans,a contribué à découvrir le siège d’un grand nombre de maladies, & on ainventé plusieurs instrumens propres aux opérations que ces maladiesexigent. Le célèbre M. Daviel , chirurgien oculiste , fut l’inventeur jil y a une quinzaine d’années , de l’extraction de la cataracte ; opé-ration précieuse qui a rendu la vue à tant d’aveugles , Sc dont onlui aura une éternelle obligation. On íçait que cette opération , qui afait tant d’honneur à notre chirurgie, consiste à ouvrir circulairement, avec
£«) Histoire de l'Académie , année 1730» pag. 40.