DES ARTS ET DES SCIENCES, 6 $
bien l'on s’est appliqué à enrichir nos lettres, Sc que nous pouvons nous flatterd’avoir déjà une histoire universelle suffisamment détaillée Sc approfondie.
Indépendamment de ces histoires générales, combien n’en avons-nous pasde particulières ! Outre le Siècle de Louis XIV Sc l’Uijloire de Charles XIIdont nous avons parlé, il a paru l’excellente Hifloirè de Malthe de M. l’abbéde Vertot, que íès Révolutions Romaines Sc autres ouvrages ont fait placerau rang de nos meilleurs écrivains. Son stile est léger, fa narration est vive,períònne n’a mieux íçU l’art d’attacher le lecteur. M. Duclos Sc M. de laBletterie se sont auflì distingués ; suri par 1 ’Hifloire de Louis XI ; i’autrepar la Vie de F Empereur Julien. M. l’abbé Velli,& son continuateur M. Villa-ret, nous ont donné une Ilifloire de France depuis le commencement de la mo-narchie, pleine de recherches extrêmement curieuses, Sc qui est un modèlede la manière dont on devroit toujours écrire ces sortes d’ouvrages. Ils ontappliqué les principaux faits de leur histoire à faire connoître, siècle par siècle,le génie des François, les progrès de Teíprit humain Sc des arts. Toutes lesautres histoires ne íònt ordinairement que celles des Souverains ; celle-ci estvéritablement l’histoire de la nation,
11 est vraisemblable que nous n’aurions pas eu autant de bons historiens ,s’ils h’avoiënt été précédés par l’étude profonde que l’on a faite de l’an-tîquité , laquelle a mis à portée de développer les arts , les usages Sc lesmonumens des ancierts, Sc a répandu la lumière fuv une infinité de faits desplus intérestans de leur histoire. Ce furent peut-être ces difficultés qui em-pêchèrent les écrivains du siècle dernier de se livrer à cette partie de lalittérature. Les matériaux n’étoient pas suffisamment préparés pour cons-truire ces édifices. L’académie des Belles - lettres ne s’occupoit alors quede médailles, d'inscriptions Sc de devises concernant Louis XIV. Ce nefut qu’en 1717 qu’elle commença à nous donner ces excellons mémoires j íîintérestans, si instructifs, «8c qu! font tant d’honneur à ion érudition.
Pour contribuer de plus en plus aux progrès dans la connoiíîànce del’antiquité, M. le comte de Caylus a fondé en 1754 un prix, consistant enune médaille d’or de y 00 livres , dont le sujet fera toujours une questionrelative aux usages Sc aux monumens des anciens. C’est ce même académi-cien qui nous a donné des mémoires si curieux Sc si pleins de recherchessçavantes fur les antiquités Egyptiennes , Grecques Sc Romaines.
M. l’abbé Barthélémy s’est fait de la réputation dans 1 Europe íçavante,en retrouvant l’alphabet Palmyrénien ,* découverte qui facilite la lecture desinscriptions écrites en cette langue,que períònne n’avoitpu déchiffrer jusqu alors.
Les mémoires de M. de Sainte-Palaye (a) fur Y ancienne Chevalerie , qui
( a ) Cet académicien va nous donner inceslàm- I grande utilité pour connoître l’origine & l’étymo*ment un Glossaire François , qui fera d’une très- | logie des dissérens mots de notre langue,