DES ARTS ET V E § SCÎÉNCÉS. 6j
8'est pas feulement borné à Paris i de cette capitale, ii s’est ramifié pàr tòutle royaume. Nos principales villes ont formé, soit des sociétés littéraires >soit des académies, dont la plupart font de nouvelle institution (a) , & il ssesttrouvé dans nos provinces suffisamment de personnes capables pour en occuperles places. Ces différentes compagnies distribuent annuellement des prix à ceuxqui font les meilleurs ouvrages , ou les meilleures pièces de vers fur lessujets proposés. Toutes ces récompenses aiguillonnent les talens , leurdonnent du ressort , de Témulation , Sc contribuent à l’accroistèment denos lettres Sc de nos sciences.
Notre académie Françoise vient de consacrer son prix d’éloquefice à lagloire des grands hommes de la France. Aucun dessein ne pouvoit occuperplus dignement cette compagnie distinguée. Quoi de plus intéressant pour lanation, que de voir successivement paíser en revue ces guerriers invinci-bles , dont le courage a enchaîné la Victoire sous les étendards de nos Rois!ces ministres immortels , dont la sage administration a sait la prospérité diigouvernement ! ces magistrats recommandasses par leurs lumières Sc leurintégrité, qui ont été la fauve-garde des loix sous l’empire de nós Souve-rains ! enfin, ces génies supérieurs qui ont hâté ses progrès de la raison, Scqui ont illustré notre patrie par leurs ouvrages ! Les éloges de M. le mare-*chai de Saxe, de M. du Guay-Trouin , de M. 1e duc de Sully, Sc de M. d'A-gueíseau , ont commencé à signaler ses talens de nos orateurs dans cettenouvelle carrière. Célébrer aussi authentiqueraient ses vertus, c’est donnerla plus grande idée de notre âge à la postérité.
Il n’y a pas jufqu’à la nombreuse jeunesse de noS collèges, dont ses étudesn’aient reçu une nouvelle activité, par les prix publics de l’Université, établisdepuis environ quinze ans, Sc administrés par nos premiers magistrats (â).Ils ont donné de i’émuiation, non seulement aux élèves, mais encore auxprofesseurs , jaloux que leurs écoliers remportent ses palmes dans ces fêteslittéraires.
Si l'on veut se convaincre plus particulièrement des avantages quê Ton aprocurés aux lettres , il n'y a qu à jetter ses yeux fur 1e plus beau monumentlittéraire qui soit au monde , c’est-à-dire, fur la Bibliothèque du Roi. C'estsous ce règne que ce temple des Sciences a été établi , rue de Richelieu,
( a .) Indépendamment des académies Françoi-se , des Belles-lettres , des Sciences , de Peinture ,d’Architecture & de Chirurgie de Paris , il en a étéétabli à Arles , à Marseille, à Nifmes , à Beziers ,à Montpellier , à Toulouse , à Bordeaux , à la Ro-chelle, à Montauban , à Angers, à Pau , à Lyon,s Vdle-Franehe > à Arras, à Nancy, à Amiens, àBesançon , à Troyes , à Dijon, à Auxerre, à CaenA à Rouen.
(b) M. l’abbé le Gendre, M. 1 abbé Coîloí, &M. Coffinj principal du college de Beauvais , ontfait des fondations pour cës prix de l’Université tdont la première distribution s’est faite en 1747^M. Coignard a auffi fondé, en i7yo, un prix d’é-loquence Latine de 400 livres pour les maîtres èsarts des universités de Paris , de Reims Sc deCaen,
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