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m TABLEAU DU PROGRES
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ARTICLE IV.
RÉSUMÉ DE CE TABLEAU.
Par tout ce que nous venons cie dire, il est; aise de remarquer que nos artsajoutent à ce règne une grandeur Sc un éclat, qu on ne remarque nulleautre part. Ils ne le cèdent qu’à notre littérature. Nos bons ouvrages«n tout genre font plus que jamais les délices de l’Europe. Jusques dans laRufïìe, on représente nos pièces dramatiques. Notre langue est aujourd’huiplus répandue que la Latine. On vient de voir le héros du Nord lui rendreune forte d’hommage , en composant des Mémoires Sc un Poèmefur la guerresaussi purement écrits , que s’ils avoient été composés dans cette capitale.Les inscriptions ôc les devises se font presque par-tout en François. Enfin,le dernier traité de paix que nous avons conclu avec les puiíîànces les plusjalouses de notre gloire Sc de notre réputation, a été écrit en langue Fran-çoise. Ainsi, d’un bout dei’Europeài’autre, tout parle du triomphe de nosarts Sc de notre littérature.
Paris, cette ville si opulente Sc si peuplée , doit donc être regardéecomme la première ville du monde, comme le centre du bonheur Sc dugénie. Elle est ce que furent Athènes Sc Rome dans les jours si vantés deleur magnificence. Où trouver ailleurs plus d’eíprit, un goût plus sûr Sc plusdélicat, cette galanterie pleine de décence , tout ce que i’humanité a dedehors féduifans , ces mœurs douces Sc agréables qui sont le charme de lasociété ì En un mot, le François peut passer, à bien des égards, pour lepeuple roi de l’Europe , puifqu’il y domine véritablement par fa langue, parson industrie , par fa politesse, Sc par fa réputation.
Ce qui ajoute à la véritable gloire de notre nation, c’est, dans le plus beausiècle qui ait encore existé, quelle est le modèle des autres. Parcouronsl’histoire, nous n’en trouverons point qui puisse être mis en parallèle. Les'Antonin Sc les Trajan n’eurent aucuns Princes contemporains dignes de leurêtre comparés. Alexandre, Auguste, Louis XIV éblouirent seuls, dansleur siècle , tout Puni vers. Il étoit réservé à ces temps heureux de réunir unspectacle que rien ne íçauroit égaler ; une foule de grands Sc de bons Rois.Transportons-nous aux jours mémorables où. toute la nation Françoise cou-ronnoit les vertus de notre Auguste Monarque du surnom de Bien-Aimé ,titre au - dessus de tous ceux qu’ait jamais mérité aucun Prince ; ou bienau temps où Louis XV, accompagné de Më r . le Dauphin, qui partagenotre tendresse avec son père, remportoit la victoire de Fontenoy. Nousverrons Benoît XIV, ce pontife si fçavant, si révéré, occuper la chaire
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