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DES ARTS ET DES SCIENCES.
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ARTICLe III.
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instruction gratuite
DANS L’ UNIVERSITÉ,
ET ÉTABLISSEMENT DE IJÉCOLE - ROYALE - MILITA IRE.
I a n t de faveurs & d’encouragemens accordés aux arts Sc aux seiences, mani-festent pourquoi cet amour naturel aux François pour leurs Souverains s’estencore augmenté fous le règne d'un Prince qui s’intéreíse autant à notre bonheur,Sc qui porte fans ceíse, par fès bienfaits , la fertilité dans tout son royaume.A peine étoit-il fur le trône , que ses premières années furent signalées parl’instruction gratuite dans les collèges de l’Université de Paris. Jufqu’alors lesétudians avoient toujours payé leurs professeurs ; ce qui sembloit dégraderla dignité des lettres , Sc empêchoit le plus souvent les parens de faire étudierleurs enfans. Louis XV mit ces jeunes plantes en état de croître à sombrede se générosité, Sc aísigna à PUniversité (a) , dont on peut regarder lesélèves comme la pépinière des citoyens, une somme annuelle considérableíur les revenus des postes Sc messageries ( b ), qui ont obligation à ce corpsde leur invention. Mais des monumens qui mettent le comble à fa bien-faisance , Sc quî rendront son nom cher à jamais, ce sont les établiísemensde l’Ecole-Royale - Militaire en 1750, Sc du Collège Royal de la Flè-che, en 1764. Ils sont dignes du règne de ces Princes qui furent l’hotv*neur de la terre. Notre Roi a voulu servir de père aux; enfans de sa noblesse,dont la fortune n’égale pas toujours le courage, Sc qu’ils fussent élevés parses soins dans l’art des héros. C’est so rendre le bienfaiteur des siècles àvenir, que de former de semblables établiísemens , Sc consecrer son nom àla postérité de la manière la plus respectable (c).
(a) Ce fut en 1719 » fous la régence de M. leduc d’Orléans, que le Roi accorda à TUniveríìté >pour Tinstruction gratuite , le virtgt-huitième effec-tif fur la ferme des postes & messageries. Commele bail pouvoit être sujet à des changemens , Tan-née suivante , Tétendue de ce bienfait fut fixée in-variablement à la somme de 1 20528 livres 18 fols5 deniers , toujours à prendre fur cette ferme.( Eloge de M. Coffin. )
(b) Dans le temps que TUniveríìtéétoit la feuledu royaume, les ctudians y venoient en foule detoutes les parties de la France & méme de TEu-rope. Leurs besoins continuels demandoient unecorrespondance entre les provinces & la capitale.
Pour lier cette correspondance , TUniveríìté avoirétabli des postes & des messageries, qui ont servide modèles à tous les établiísemens qu'on a faittzdepuis en ce genre. ( idem.)
(c) Lorsque la déclaration portant rétablissementd’une école-royale-militaire parut, le Roi en donnaune seconde , par laquelle il accorde la noblesse àtous les officiers au bout de vingt ans de service.Depuis, par une ordonnance du io mars 1759,S. M. a créé une marque exterieure de distinction,fous le titre d’ordre du Mérite militaire , en faveurdes officiers des regimens Suiíïès, & d’autres corpsétrangers de la religion protestante, qui ne peuventêtre admis dans Tordre royal de S. Louis.