Rien n’est donc plus respectable que i’origine de ces récompenses, â rienpar conséquent ne íçauroit davantage intéresser que le précis de ces distinc-tions honorables accordées, juíqu’à nos jours , au mérite Sc k lâ vertu.
Monumens élevés chez» les Egyptiens , les Assyriens , les Grecs &
les Romains,
Un des plus anciens monumens dont il soit sait mention dans l’histoire,est celui que les Egyptiens élevèrent en i’honneur du Roi Mœris. Ce Princeavoit été leur bienfaiteur, en faííant construire ce fameux lac de cent quatre-vingt lieues de circuit, auquel on donna íòn nom, Sc qui recevoit les dé-bordemens du Nil toutes les fois qu'ils étoient extraordinaires. En recon-noiílànce de ce íèrvice stgnalé, les Egyptiens firent élever au milieu de célac deux pyramides, dont chacune portoit, fur un trône, une statue coloí-íàle ; l’une de Mœris , l’autre de fa femme. Ces pyramides, suivant lerapport des historiens, s’éíevoient de trois cent pieds au-destus de Peau, Scoccupoient au-deíîous un semblable espace. Leur construction fervoit depreuve à la postérité, que ce lac avoit été fait de main d’hómme, íous unseul Prince ( a ).
Tous les monumens des Egyptiens étoient ainsi taillés dartslë grand. Cespeuples cherchoient à transmettre leur nom à la postérité, de la manière láplus ineffaçable. Leurs villes étoient remplies de magnifiques obélisques (6)de granit d'un seul morceau, dont plusieurs ortt été transportés à Romedu temps des Empereurs, Sc font encore aujourd’hui , par leur grandeur,un de fes plus beaux ornemens. On y voyoit gravés en figures hiéroglyfiques,à la manière de ces peuples, la gloire de leurs Rois Sc de leurs grands hom-mes , ausiî-bíen que les mystères de leur mythologie , Sc les découvertes qu’ilsavoient faites dans les sciences Sc dans les arts.
Le fameux Séfostris, Roi d’Egypte , qui fit tant de con quêtes, qui pé-nétra dans les Indes plus loin qu’Hercule & que Bacchus, Sc que ne fitdepuis Alexandre, avoit fait élever, d une mer à l’autre , dans PAsie mi-neure, des monumens de fes victoires (c) , avec ces íùperbes inscriptions :Sejojlris , Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs , a conquis ce pays par fes armes.
Ces monumens étoient chargés d’hiéroglyphes qui exprimoient la diffé-
(a) (c) Hérodote, l'w. II , í^Diodore , liv. I.
(b) L’obélisque Egyptien, qui est dans la placede 8. Jean de Latran à Rome , est le plus grandde tous. II a cent huit pieds de haut, fans le piédes-tal ni la croix ; on dit qu’il subsiste depuis plus detrois mille ans. Il y en a un au milieu de la placede S. Pierre , qu’on croît de 500 ans plus ancien ,lequel a soixante-dix huit pieds fans le piédestal,& pèse neuf cent cinquante-six mille cent quarante
huit liv. Au milieu de la place de la Porte du peu-ple , il y a aussi un très-grand obélisque. On en re-marque encore un au-dessins de l’admirable fon-taine de la place Navonne ; & un autre petit de-vant l’église de la Minerve, soutenu par un élé-phant. Enfin , on a découvert , il n’y a pas long-temps, dans la cour du paiais Barberin , les mor-ceaux d’un très-grand obélisque,qu’il ne seroit pasimpossible de rétablir.
rence