A U X GRANDS HOMMES. 73
rence des peuples vaincus , leur caractère , leurs mœurs <& leur religion.Après neuf années de victoires consécutives , ce Prince revint triomphantdans l’Egypte, faisant traîner son char par les Rois Sc les chefs des nationsqu’ii avoit faits prisonniers. En action de grâces de ses victoires, il ordonnaque l’on construisît cent temples dans les principales villes de l’Egypte, enl’honneur de leurs dieux tutélaires. On lisoit* sur les frontispices, qu’aucunnaturel du pays n’avoit travaillé à tous ces monumens de ses conquêtes , Scqu’ils avoient tous été construits par les peuples qu il avoit subjugués^
On vint a nnoncer à Sémiramis , cette Reine si célèbre dans Phistoire *qu’il y avoit une émeute à Babylone (a ) : elle étoit à fa toilette ; elle partà Pinstant, fans réfléchir à Pétat de désordre où elle se trouvoit ; appaise letrouble, Sc punit les séditieux. A Poccaíion de la fermeté Sc de la présenced’eíprit que cette Princesse avoit montrée en cette rencontre , les Babylo-niens lui élevèrent une statue , où ils la représentèrent en cet état négligédans lequel elle en avoit imposé aux rebèles (*).
Hercule ayant pouffe íès conquêtes juíqu’au détroit de Gibraltar, Sc sècroyant arrivé aux limites du monde, y érigea deux colonnes pour servir detrophées Sc de marques éternelles que ses victoires n’avoient eu de bornesque celles de la terre. Il y fit graver ces mots j qui, depuis, ont passe enproverbe : Nec plus ultra. Cet endroit a toujours conservé le nom des Co-lonnes d’Hercule, bien que cè monument ait été ruiné par les temps.
Dans la plus haute antiquité, il étoit d’ufàge chez les Grecs , après unevictoire, d’adjuger le prix de la gloire , Sc de déclarer publiquement quelétoit celui qui s’étoit le plus distingué par sa bravoure pendant Paction (&).Les chefs de Parmée, assemblés > marquoient fur un billet celui qui en étoitle plus digne , Sc la pluralité des suffrages décidoit du vainqueur. Rienn’étoit plus capable d’inípirer aux officiers Sc aux soldats, de la valeur Scde l’intrépidité dans les combats. Ces récompenses relevoient le courage,Sc furent comme l’ame de toutes ces actions héroïques, qui rendirent les Grecsfi fameux dans les célèbres journées de Marathon, des Thermopyles, d’Ar-thémise, de Salamine, de Platée, de Myclade, d’Eurimedon , &c. Quipeut imprimer dans Pefprit des peuples Pamour de la gloire , réussit facile-ment à former de grands hommes.
Une autre coutume, qui n’est pas moins remarquable , étoit celle d’éri-
{a ) Val. Max .. lib. IX, cap. Z.
(*) Après la prise de Jérusalem , Nabuchodo-nosor II se fit élever un monument d’orgueil & devanité. II fit exécuter à Babylone une statue d’orhaute de soixante coudées ou de quatrevingt-dixpieds ; & , ayant assemblé tous les grands de sonroyaume pour en faire la dédicace, il ordonna àtous ses sujets de l’adorer, fous peine d’être jet-tés au milieu des flammes d’une fournaise ar-
dente. Les livres saints instruisent que les troisjeunes Hébreux , Ananias , Mifaël & Azarias ,ayant refusé d’obéìr, fúrerít conservés d’une ma-nière miraculeuse 3U milieu des flammes. Le Roi,frappé de ce miracle , fit un édit , par lequel ildéfendit de blasphémer à l’avenir le nóm du dieudes Hébreux, & combla d’honneur ces trois jeuineshommes. Dan ., c. z.
0) Plut.inTkemift.
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