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PROJETS POUR PLACERfranchit ce rocher qui se trouve sur son passage, pour courir au temple dela Gloire, qui auroit sait le fond de la Place.
C'est là où M. Hazon donnoit tout à la magnificence. Cet édifice, allé-gorique à la gloire de la Nation , étoit d’ordre dorique Sc orné de figuressymboliques, de bas-reliefs Sc d’infcriptions pour perpétuer ia mémoire desplus belles actions des François , depuis le commencement de la Monar-chie , Sc d’un grand nombre de médaillons, pour transmettre à la postéritéles portraits des grands hommes en tout genre, qui ont concouru à la gloirede notre patrie.
Aux deux côtés de ce temple, il élevoit des colonnes triomphales pouraider à le faire pyramider. Tout cet ensemble étoit élevé íùr une terrassedécorée , du côté de la Place , de fontaines, dont les eaux, après diffé-rentes chûtes , {broient venues remplir les fossés qui la terminoient aux deuxextrémités , Sc de-là former des nappes le long du quai, en retombantdans la Seine,
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CHAPITRE XVII.
Díscription d’un projet de Place a une des extrémités de Paris *
M R ,. le chevalier Servandoni, si connu par les traits de génie qui caractéri-sent ses différens ouvrages, entre lesquels on peut placer le grand portailde saint Sulpice, Sc les belles fêtes de Madame première en 1739, présentadeux projets, i’un pour le carrefour de Bussy, qu’il décoroit de massons à bou-tiques ; Sc f autre pour un endroit quelconque, pourvu qu’il fût isolé Sc à{'extrémité de la ville. Cest de ce dernier projet où il a donné i’eílòr à íònimagination dont nous allons parler.
Plein des beautés de {'antique, cet artiste íèrappella l’uíàge des Romains>qui bâtissaient, à {'extrémité de leurs villes , des cirques Sc des amphithéâtrespour les jeux & les spectacles publics. Il peníà que rien ne íèroit plus digned’une ville comme Paris, que d’avoir un édifice de ce genre, où, dans lesjours de fêtes Sc de réjouissances, elle pourroit rassembler íès citoyens, donnerà íès spectacles plus d’étendue Sc de liberté , en procurant aux ípectateurstoutes les facilités du concours, fans les exposer aux troubles de l’affluence.
Il jugea que la statue du Roi, placée au centre d’un édifice de ce carac-tère , rappellerait au peuple le genie bienfaisant qui préside à leur joie , Sc quien est l’objet. Ainsi , ce monument auroit été à la fois érigé par l'amour despeuples à la gloire de Louis XV - & un lieu consacré par la vigilance desmagistrats aux fêtes populaires.
A {'imitation des amphithéâtres Romains , M. Servandoni donna à son