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LA STATUE DE LOUIS XV.
édifice la forme circulaire, qui lui parut préférable, parce qu’elle laistè décou-vrir plus d’objets. Il pratiquoit huit ouvertures, à travers deíquelîes du centreon devoir avoir huit points de vue très-variés, d’où Ton auroit pu appercevoirla statue du Roi dans des éloignemens plus ou moins grands.
Son plan avoir cent toiles de diamètre T (pi. XXXIX.) , Sc étoit parfaite-ment isolé (a). Quatre grands arcs de triomphe avec des arcades de vingt-huit pieds de largeur, réunis par quatre portiques circulaires, formoientle pour-tour de cet édifice. Ces portiques avoient dans leurs élévations , ainsi queles arcs - de - triomphe, deux ordres d’architecture : au rez - de - chauffée ,le dorique élevé de íèpt marches, Sc bionique au premier étage. Les mar-ches n’étoient interrompues qu’aux endroits où font les ouvertures diago-nales percées chacune de trois entre-colonnes. Les colonnes, tant doriquesqu’ioniques, étoient accouplées dans tout ce pourtour, parfaitement isolées,Sc formant péristile.
Il pouvoir contenir un nombre prodigieux de spectateurs dans ces galle-ïies. Tout l’extérieur de cet édifice étoit couronné par un attique, de forteque le dessus du fécond ordre, formoit encore une terrastè où la multitude pou-voir se placer, Sc où l’on arrivoit par des escaliers pratiqués dans les épaisseursdes murs à côté des arcs-de-triomphe.
Le fond de ces entre-colonnes étoit décoré de bas*reliefs relatifs â i’bistoiredu Roi ; on y auroit vu des inscriptions, des statues fur des piédestaux, desbustes, &c. Dans fidée de cet artiste, cet édifice devoir être un monumentoù l’on auroit consacré à í’immortalité tout ce que le siécle de Lours XV a euSc aura de glorieux, où l’on auroit placé les statues des grands hommes, dont lesservices Sc les talens auròient soutenu Sc augmenté la fortune, ou l’éclat duhom François , avec les détails des succès divers que ce règne a enfanté entout genre.
Cette pensée ne peut qu'être applaudie des vrais citoyens. Rien n’est pluspropre à maintenir , Sc à exciter l’émuiation que cette perpétuité de gloire.Les médailles que l’on frappe font de foibles ressources pour cet effet. Perduesla plupart avec le temps, ou tout au plus renfermées dans le cabinet inac-cessible de quelques curieux, elles ne donnent pour l’avenir qu’une espéranceincertaine : elles ne font connues que du public fçavant, Sc demeurent pourtoujours soustraites aux regards de la multitude. Il n’en est pas ainsi d’un édificepublic, capable par íà solidité de paíïèr à la postérité la plus reculée, exposéà tous les regards, fait pour les attirer Sc 1 es fixer par fa magnificence. Quellevoie est plus propre pour immortaliser tout ce qui mérite l’immortalité !
Cette multitude de piédestaux, de niches Sc de médaillons dans les entre-
(sl) Extrait d’un mémoire que M. Servandoni avoir présenté relativement à ce projet . & qu'il ábien voulu me communiquer;