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PROJETS POUR PLACER
colonnes, devoit offrir des îrangs plus on moins éminens pour tous les degrésde réputation Sc de mérite. Asin d’éviter les injustices dont la flatterie bula rivalité menacent preíque toujours les hommes vivans , il ne devoit y avoirde place que pour les morts, parce qu'à leur égard la vérité ceíse d'êtrbmuette, Sc qu’iln'est point à craindre quePopinion publique íbit corrompuepar des préventions. A côté de ces statues Sc des ces monumens de la gloirede leurs prédécesseurs, dévoient être des places vuides, où le deíìr Sc i’eípé-rance de les remplir , auroient fourni au zèle des citoyens un intérêt biensensible. Instruits de la route qui devoit conduire à ces places glorieuses, iláauroient fait les plus grands efforts pour se signaler ; Sc toujours incertainsd'y parvenir 5 ils auroient cherché à se les assurer par leur constance.
Les quatre arcs-de-triomphe , suivant le projet de cet artiste , avoientchacun leur destination particulière. Le premier étoit consacré au triomphede la Valeur; le second , au triomphe de la Politique ; le troisième, autriomphe de ía Justice; le dernier ensin étoit réservé au triomphe des Arts,Sc devoit fournir des couronnes aux illustres favoris des Muses.
Ainsi la statue de Louis XV auroit été placée majestueusement dans unlieu où tout auroit parlé de ses vertus & de se gloire. Elevée au milieu decette arène immense, elle auroit paru comme la source d'où tout dérive, Scie centre où tout aboutit. Les statues des grands hommes , distribuées avecméthode dans ce soperbe monument , n’y auroient été placées que pourannoncer Línfluence du pouvoir de Louis fur leur émulation, Sc le con-cours de tous les taiens pour i’illustration de son règne.
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CHAPIT RE XVIII,
PES EMBELLISSEMENS I)E PARIS L
À p ré s avoir fait la desoription des projets de Placé pour le Roi, qui au*ïoient procuré des embellissemens particuliers à cette Capitale , il ne serapas inutile de terminer cet ouvrage par des réflexions générales fur les moyensque l'on pourroit employer pour embellir cette Ville dans se totalité, Sc íarendre aufíì commode qu agréable.
Il n’y â personne qui ne convienne que Paris, avec une infinité de bâtimensadmirables, n’offre dans son ensemble qu'un aípect peu setisfaisent : son extérieurne répond point à l’idée que les étrangers doivent so former de la Capitaledu plus beau royaume de l’Europe. C’est un amas de maisons entaflees pêle-mêle , où il semble que ie hasard seul ait présidé. Il y a des quartiers entiersqui n'ont presque pas de communication avec les autres : on ne voit quedes rues étroites, tortueuses, qui respirent par-tout la mal-propreté, où la
rencontre