RÉG LEMENS FO RESTIERS. — Année 1802 (an io). 567
s’ils sont mus par le désir de se distinguer , ils s’oc-cuperont , pour le mesurage des surfaces inclinées ,de deux opérations distinctes : l’une, relative à lasuperficie de la partie de bois qu’ils décriront, l’autre,à sa base, et ils dresseront pour chacune un plan sé-paré.
L’un de ces plans, nommé plan de superficie, aurapour objet d’indiquer l’étendue superficielle. II fau-dra , en levant ce plan, tenir la chaîne parallèle auterrain.
L’autre plan, nommé plan de base, indiquera labase de la partie de bois décrite. Pour obtenir cettebase, il faudra, comme le porte l’instruction du 9frimaire, que la chaîne soit tenue toujours parallèle-ment à l’horizon; et sil’usagede la chaîne de 10 mètresdevient difficile dans les terrains très-inclinés, onpourra, en reployaut cette chaîne, mesurer horizon-talement les intervalles, ainsi que les localités lepermettront.
Ce double plan, an surplus, n’est demandé, onle répète, que pour les localités où l’application dela méthode prescrite par l’instruction feroit craindrede perdre sur le produit des ventes. Par-tout où cettecrainte ne paroitroit pas fondée, il convient de me-surer les surfaces inclinées en tenant la chaîne pa-rallèle à l’horizon.
Peut-être suffiroit-il, pour consacrer sans dangerce dernier mode, d’annoncer aux marchands , lorsdes ventes, que les arpentages faits par cultellationsur un plan incliné, au lieu d’être laits par déve-loppement , offrent une diminution sensible sur lenombre d’hectares; ce qui doit nécessairement dé-terminer à porter le prix de l’hectare plus haut dansle premier cas que dans le second. Nous appelonstoute votre attention, C. , pour suivre , à cetégard , la marche qui vous paroîtra la plus avanta-geuse, sous le double rapport des produits et del’exactitude des opérations d’arpentage.
Les arpenteurs devront, dans tous les cas , indi-quer, en tête de leurs plans, s’ils ont opéré en sui-vant l’obliquité des terrains, ou si les mesures ontété prises horizontalement. Veuillez bien tenir lamain à ce que cette indication ait toujours lieu.
Ce point éclairci , il paroit utile d’indiquer lathéorie générale la plus simple et la plus sûre pourobtenir des plans exacts. Ce seroit une erreur decroire que l’obligation où sont les arpenteurs dedonner l’ouverture des angles et la longueur des cô-tés , entraînât celle de lever les plans, en prenantseulement ces ouvertures d’angle et les côtés. L’ad-ministration n’a poi t donné de méthode pour lalevée des plans ; elle s’en est rapportée aux lumièresdes arpenteurs à cet égard. Cependant, pour fixer lesidées, elle croit devoir entrer dans que'ques détailssur ce point.
Le procédé qu’il faut préférer pour la levée desplans , consiste à inscrire ou renfermer le bois qu’ils’agit de mesurer, dans une ou plusieurs figures géo-métriques rectangles.
On suppose ici, pour l’application et la démons-tration de ce moyen , un bois irrégulier , dans la
forme de la ligure ci-dessous terminée par des lignespleines. Voy. la figure à l’Atlas.
On commencera par tracer, très-près des bords dubois, un parallélogramme rectangle, c’est-à-dire ,une figure dont les angles , au nombre de quatre ,seront égaux ; les côtés AL) et B C devant être orien-tés plein nord. On mesurera exactement les côtés decette figure avec la chaîne, et on la construira enlignes ponctuées sur le plan, d’après l’échelle, ayantsoin de coter les côtés comme on le voit ci-dessus.On placera des jalons sur les côtés du parallélo-gramme, vis-à-vis le sommet de chaque angle , demanière que les lignes qu’on tirera de chaque jalonau sommet de l’angle , soient perpendiculaires aucôté du parallélogramme; on mesurera chacune deces perpendiculaires que l’on portera sur le plan , enindiquant la longueur de chacune et la distance pré-cise qui existe de l’une à l’autre : la somme de cesdistances présentera un moyen de vérification, puis-qu’elle devra toujours être égale au côté du rectanglesur lequel elles seront prises.
Toutes ces lignes et leur longueur étant portéessur le plan, on a , dès lors, le sommet de chaqueangle ; et, pour terminer le périmètre du bois, onn’a plus qu’à tirer des lignes plein's d’un sommetd’angle à l’autre , comme on le voit dans la figure.
Le plan étant dressé, il faut calculer la surface dubois : à cet effet, on multiplie la longueur du côtéA B par celle du côté A D , ce qui donne la surfacedu parallélogramme.
On ajoute à cette surface celle de toutes les partiessaillantes marquées E, et l’on retranche de la sommela surface des parties rentrantes marquéesF. Le résu Itatde l’opération donne la surface du bois.
Le plan étant dressé, on peut mesurer les anglesavec le rapporteur, les côtés à l’échelle , et les indi-quer dans les procès-verbaux d’arpentage et de ré-colement. Il sera mieux cependant de mesurer cesangles avec le graphomètre , sur le terrain, et lescôtés avec la chaîne. Dans tous les cas, il convientque les arpenteurs indiquent, en lignes ponctuées etcotées, sur leur plan , les angles et les côtés me-surés sur le terrain pour la construction du plan; cemoyen étantle plus simple pour faciliter les vérifica-tionsquipourroientêtre ordonnées, etcellesque vou-draient faire eux-mêmes les arpenteurs. Il faut aussiqu’ils aient une attention particulière à marquer surplace le point d’où ils sont partis pour lever leur plan;autrement toute vérification deviendroit très-diffi-cile.
11 nous reste à parler des échelles prescrites pourla levée des plans.
L’instruction s’explique sur les motifs qui ont dé-terminé à adopter celles qu’elle indique. II s’agissaitprincipalement de mettre à profit les plans et cartesexistans , sans être assujetti à en faire la réduction.Ce but ne pouvoir être atteint qu’en paroissant s’é-carter du système décimal , en ce que les échelles ,quoique composées d’un nombre déterminé de mè-tres , ne pouvoient commodément se diviser de dixen dix parties. Cependant, l’administration est in-formée aujourd’hui que les divers ministères ontadopté , pour leur usage respectif, des échelles uni-