AME ATYIÉ 22i
§ IV. De la division des taillis en coupes réglées.
!Nou* avons vu que la division en coupes annuellesdes futaies dont le repeuplement se fait par le ré-en-semencement naturel, ne serait d’aucune utilité, etque celle par exploitation décennale doit lui être pré-férée.
Il n’en est pas de même dans les taillis ; au con-traire , la division en coupe annuelle leur convienttrès-bien , si toutefois.leur étendue est assez consi-dérable pour qu’on puisse y faire une vente chaqueannée.
Plusieurs auteurs qui tiennent beaucoup à éga-liser les produits annuels , règlent cette divisiond’après la qualité du sol. Cette mesure peut être né-cessaire dans un petit pays où l’emploi de chaqueressource est calculé avec une précision qui seraitminutieuse dans un grand état. On n’entrevoit pasd’ailleurs le but d’une telle précaution dans une fo-rêt dont une partie est en nature de futaie et l’autreen nature de taillis; car en supposant que, dans uneannée, le produit des taillis soit de la moitié plusfaible que celui de l’année suivante, rien n’empê-chera, dans ce cas, de renforcer le produit du taillispar une plus forte exploitation de la futaie. Le con-traire aurait lieu l’année suivante.
§ V. De l’accroissement des bois d’une foret, et dela nécessité de les constater.
Le moment où il conviendra d’abattre une forêtne peut être trouvé, ni le produit de sa révolutiondéterminé, si l’accroissement des bois dans les dif-férentes époques de leur vie n’est pas connu. Il estdrnc nécessaire, avant de fixer le terme de la matu-rité des futaies et des taillis , et avant de faire unétat des produits des districts, de s’occuper de cetobjet important, et de constater, à différentes épo-ques de la vie végétale, la force de l’accroisse-ment.
Veut-on savoir , par exemple, à quel âge unejeune futaie de 60 ans sera exploitable, et quel serason produit au bout de la révolution donnée ? Onvoit d’abord que cette double connaissance ne peutêtre basée que sur son analogie avec une forêt sem-blable , parvenue au moment de son exploitation etdont le produit est connu ; et que , par conséquent ,il est indispensable que les agens chargés de cetteopération apportent beaucoup de soins à établir unecomparaison entre des districts différens en âge ,mais soumis aux mêmes influences locales et portantl’empreinte du même caractère.
Des tables d’expérience, dans lesquelles on auraporté le produit de plusieurs exploitations , avecdes observations sur la consistance, le sol, etc., dela partie de forêt exploitée, seront à cet égard de laplus grande utilité; elles soulagent beaucoup le tra-vail de l’esprit.
On sait bien que ces sortes de calculs , qui re-posent sur des suppositions plus ou moins exactes ,n’approchent jamais de la précision mathématique;mais on sait aussi qu’on s’écartera d’autant moinsde la vérité, que les parties qu’on comparera entreelles seront plus homogènes. C’est à la sagacité et à
l’expérience du forestier qu’il appartient d’établir depareilles analogies.
Le calcul de l’accroissement des bois exploitables,n’est pas à beaucoup près assujetti aux mêmes diffi-cultés : les couches concentriques et annuelles d’unarbre parvenu à un certain âge sont si marquées, lesaugmentations en volume si visibles , et l’espace detemps sur lequel il s’agit de juger si bien déterminé,qu’on peut compter sur l’exactitude désirable dansles résultats.
Rien, en effet, n’est plus facile que de parvenir|à la connaissance parfaite des accroissemens pério-diques d’un arbre, depuis son âge adulte jusqu’à sadécrépitude. C’est principalement sur les expérienceset observations faites sur l’accroissement d’un boisparvenu à un certain degré de maturité, que noussommes obligés de baser les calculs des produits enbois des exploitations.
Toute recherche faite antérieurement à cette épo-que , quelque savante que soit l’hypothèse sur la-quelle elle s’appuie, peut être illusoire; qu’on aitcompté les plants ou les perches d’un jeune bois ;que leur hauteur, leur grosseur nous soient parfài-tement connues ; il ne nous sera certainement paspermis d’établir un calcul sur ces faibles indices : carn’avons-nous pas l’expérience que les jeunes boisd’un fonds très-riche ne sont ordinairement pas aussipeuplés vers l’âge de 3o à 4o ans, que d’autres par-ties de forêt d’un sol moins bon, et ne voyons-nouspas souvent qu’une jeune futaie de la plus belle ve-nue trompe nos espérances dans un âge plus avancé?Des phénomènes semblables se passent tous les jourssous nos yeux, et nous apprennent qu’on ne peutjamais être trop circonspect ou trop sévère dans lechoix et l’usage de ces observations. L’expérienceet l’inspection de l’ensemble , c’est-à-dire de toutce qui peut influer sur la prospérité d’une forêt ,nous paraissent donc des garansplus sûrs de l’exac-titude des résultats , que ces calculs purement hypo-! thétiques.
§ VI. De l'exploitabilité d’une forêt et de la révo-lution à déterminer.
I Un des objets les plus importans dont s’occupel 1 aménagement des forêts, c’est la durée de leurs ré-volutions. Il y a autant de danger à en précipiter| l’époque qu’il y en a à la trop reculer.
L’exploitabilité des bois dépend de leur maturitéet de leur accroissement ; la révolution doit se réglerd’après le même principe ; cependant des circons-tances particulières donnent quelquefois lieu à unemodification indispensable.
La futaie est parvenue à sa maturité lorsqu’elleest en état de se repeupler par le réensemencementnaturel ; le taillis est toujours exploitable , en neconsidérant que la maturité , pourvu que le re-peuplement par les rejets et par les racines soit as-suré.
Le plus fort accroissement d’une futaie n’a jamais' lieu avant l’âge de la fécondité, de manière que cesdeux principes, qui constituent son exploitabilité,ne se font jamais opposition.