ARB
ARB
2S4
M. Base cite trois variétés de l'arbousier com-mun , l 'une à fleurs rougeâtres qui vient de l’Alle-magne , et qui est moins sensible aux froids; Vautreà fleurs doubles , et la troisième à fruits piriformes.Mais on en cite un bien plus grand nombre dans lanouvelle édition des arbres de Duhamel.
Le bois de l’arbousier commun est blanc, assezdur , mais cassant. On en fait du charbon qu’on ditexcellent pour fondre les métaux.
Duhamel conseille de planter cet arbrisseau dansles bosquets et dans les remises, parce qu’il conserveses feuilles et que ses fruits plaisent beaucoup auxoiseaux; mais ce ne peut être que dans le midi dela France .
Pline a jtarlé de Varbutus unedo , au livre i 5 ,chapitre 24 : cc Aliud corpus est terrestribus fra-gis , aliud congcneri eorum unedoni : quod so-luni pomurn simile frutici, terrœque gignitur. Lachair des fraises diffère aussi de celle des arbousiers,qui sont les seuls arbres dont le fruit ressemble àcelui des arbrisseaux et naisse à terre.
L’arbousier des Alpes , arbutus alpina , Lin. ,en allemand alpen erdbeerbaum , en anglais alpinearbutus , est un petit arbrisseau toujours vert,presque rampant, dont les feuilles sont alternes ,presque sessiles , oblongues , rugueuses , dentées enscie, ciliées, d’un beau vert en-dessus., blanchesen-dessous; les fleurs disposées en petites grappesterminales; les baies noirâtres, et ressemblant beau-coup pour la grandeur et le goût à celles du cassis.
Il croit dans les lieux humides des montagnes dela France , de la Suisse, des Pyrénées, dans la Si-bérie , la Laponie et au Canada .
Il fleurit vers le milieu du printemps aussitôt quela neige a fondu sur les hautes montagnes, et sesfruits mûrissent vers le milieu de l’été.
On le cultive à l’ombre dans le terreau de bruyèreet on le multiplie de drageons et de graines; mais,dans nos climats, il a besoin d’être abrité pen dan tl’hiver.
L’arbousier traînant , l’uva ursi, la busse-role , le raisin-d'ours , arb. uva ursi (Lin.), enallemand bœrcnbeeren strauch, en anglais bearberry ,est un arbuste toujours vert , dont les rameauxd’environ 2 pieds, sont ram pans ; dont les feuillessont ovales, presque de la longueur d’un pouce,coriaces, alternes , sessiles, entières, d’un beauvert de deux côtés, à bords repliés et non dentés ,enfin assez semblables à celles du buis, d'où vientle nom de busserole; les fleurs sont rougeâtres, enpetites grappes terminales,d’un aspect très-agréable;les baies globuleuses , rouges , divisées en cinq lo-bes contenant beaucoup de semences dures ; ellesont une saveur âpre; les ours les aiment beaucoup,d’où vient encore le nom de raisin-d’ours que l’arbreporte; elles sont aussi recherchées par les oiseaux;il fleurit sur la fin du printemps et ses baies mûris-sent au milieu de l’été.
Cet arbuste croit dans les mêmes climats et 6urles mêmes montagnes que l’espèce précédente ; maisdans les terrains secs et pierreux, et à l’ombre.
Ses baies passent pour être très-astringentes etdiurétiques ; les feuilles, prises en décoction, exci-tent fortement les urines, et ou les a souvent em-
ployées avec succès contre la gravelle. Les feuilleset les tiges, dit Villars dans sa Flore du Dauphiné ,sont excellentes pour tanner les cuirs, et contre lapierre et la gravelle.
Il se cultive et se conserve dans les jardins commel’autre espèce.
ARBRE, arbor. Les arbres sont des plantes vi-vaces, ordinairement très-élevées, dont les racines,la tige et les branches sont ligneuses, et subsistentun grand nombre d’années.
Nous diviserons cet article en deux sections lapremière traitera de la partie physique des arbres ,et la seconde, de la législation qui les concerne.
PREMIÈRE SECTION.
De la physique des arbres.
Les arbres sont au rang des productions les plusimportantes, soit par les nombreux usages qu’onfait de leur bois , de leurs fruits , et des autres pro-duits qui leur sont propres, soit par rapport à leurutile influence sur le sol et l’atmosphère : et pourne parler que de ce dernier genre d’utilité , ils em-pêchent , par l’entrelacement de leurs racines, leséboulemens des montagnes; ils arrêtent et fixent laterre végétale sur les rochers ; ils améliorent lesterres maigres, élèvent les terrains marécageux,absorbent les gaz délétères, rendent à l’air sa puretéet sa fraîcheur, attirent et divisent les nuages , quise résolvent en pluies fécondantes, et entretiennentles sources et les rivières, qui s’épuisent et se dessè-chent dans les lieux qu’on a dépouillés de cespompes aspirantes de l’humidité atmosphérique.
On appelle les arbres les géans du règne végétal,et en effet, dit M. Thouin , Nouveau Dictionnaired’agriculture , il en est d’une hauteur prodigieuse,3 et 4 °o pieds; d’une étonnante grosseur, 12 oui 5 pieds de diamètre. Leur vie se prolonge pen-dant des siècles : on en cite en Europe qui ont peut-être plus de 2,000 ans.
Nous allons considérer les arbres sous plusieursrapports, d’après les leçons du savant professeur quenous venons de citer, et d’après les principes desautres savans qui se sont occupés de recherches surla nature et la multiplication des arbres.
On divise les arbres d’après un grand nombre deconsidérations.
Les fruits monocotylddons ou dicotylédons ( V.ces deux mots ) , donnent d’abord deux grandes di-visions fort importantes, en ce que l’organisation desarbres qui les portent, est différente. Comme ce sontles derniers qui croissent plus communément en Eu-rope , c’est principalement sur eux que doit se porterl’attention des cultivateurs.
D’après leur grandeur, les arbres se divisent enarbres proprement dits , en arbrisseaux et en ar-bustes ; et les arbres proprement dits , en arbres depremière grandeur, c’est-à-dire qui ont plus de 100pieds de haut lorsqu’ils sont parvenus à toute leurcroissance dans le meilleur sol; en arbres de secondegrandeur, lorsqu’ils sont susceptibles de s’élever de5 o à ioo pieds dans les mêmes circonstances ; enfin,de troisième grandeur quand, même, dans la situa-