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Tome premier.
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liveaux. Ils sont rares dans les taillis qui ont étéjinal exploités ; mais ils deviennent très-communsdans ceux que l’on a coupés d’après les bons pro-cédés. V. exploitation.

La plus grande partie des taillis est en brins desouche ; cette troisième espèce est la plus connue ,la plus commune et la moins propre à former de bonsbaliveaux ; on la discerne aisément au simple aspectd’une souche sur laquelles’élèventun certain nombrede brins. On est souvent obligé d’en réserver decette espèce pour servir de baliveaux et procurer desgraines. En ce cas, on choisit les plus gros et lesplus vigoureux.

Choix des essences pour baliveaux de l’âge. Nousindiquons au mot martelage les essences qui doi-vent être préférées. Il suffit de faire observer icique, quoique le chêne soit la meilleure essence,on ne doit point toujours le réserver seul, ni luidonner la préférence dans les terrains qui ne peuventle nourrir 5 il vaut mieux avoir un bon taillis debouleaux et d’autres espèces de bois blancs qu’unmauvais taillis de chêne. Pour cet effet, il faut ré-server des brins de ces essences, qui mélangées pros-

f iéreront ensemble, et repeupleront les coupes pareurs semences. C’est pour s’être trop attaché à neréserver que des chênes qu’on a converti en bruyèresdes bois qui se seraient soutenus si on eût adopté unmeilleur système et secondé le vœu de la nature, quitend à alterner les produits. V. succession de culture.On ne doit même pas, dans quelque espèce de terrainque ce soit, borner les réserves à une seule essence ; onpeut mettre la moitié ou les trois quarts en baliveauxde chêne dans les meilleurs fonds, et l’autre partieen châtaignier, hêtre, orme, frêne, charme, bou-leau, etc.

Les bouleaux, ainsi que tous les autres bois blancs,sont excellens à réserver dans les endroits remplis debruyères; les semences fines de ces arbres germentdans les plus mauvais terrains, y produisent desplants qui détruisent la bruyère et qui sont très-propres à favoriser les semisou plantations d’essencesplus précieuses qu’on veut y faire. Ils forcent lechêne à s’élever et à fournir de belles tiges. V. chêne.

Choix des baliveaux anciens et modernes. Dansles forêts de l’état et toutes celles qui sont soumisesau régime forestier, on ne peut abattre que les bali-veaux modernes et anciens qui sont dépérissans, àmoins qu’ils n’offusquent les taillis. Dans ce derniercas, on s’attache â réserver les baliveaux qui ont leplus de vigueur et qui promettent de profiter jusqu’àla seconde exploitation.

On choisit ceux dont le tronc est droit et élevé ,dont les branches en nombre suffisant sont ramas-sées vers la tige, et ceux qui présentent une confi-guration utile aux constructions navales. Mais si lemauvais état des modernes ne permet pas de faireun bon choix, il vaut mieux alors augmenter lenombre des baliveaux de l’âge , et diminuer celuides modernes, que de perpétuer de mauvais arbres,qui ne peuvent que nuire aux taillis, sans indem-niser à la coupe suivante , à moins cependant qu’onn’ait besoin de multiplier les étalons pour se procurerdes semences. V. le mot martelage.

Nombre des baliveaux. L’ordonnance a fixé ,comme nous venons de le dire , le minimum desbaliveaux de l’âge à réserver, et elle a réglé l’âgeauquel les particuliers peuvent les abattre , commeaussi les cas où les modernes et les anciens peuventêtre coupés dans les bois de l’état et ceux descommunes et des établissemens publics.

Le propriétaire réserve ordinairement un assezgrand nombre de baliveaux par hectare , et il n’usepas toujours de la faculté qu’il a aujourd’hui de lesabattre avant l’âge de 4 o ans. En cela, il agit en bonpère de famille , parce cju’il augmente la valeur deson fonds.—Les jeunes baliveaux qu’il réserve étantde peu de valeur comme bois, il n’en résulte aucunediminution de prix dans la vente de ses coupes; ilsne peuvent nuire au taillis jusqu’à l’exploitationsuivante. Lors de cette seconde coupe , il doit déga-ger son taillis des arbres qui l’offusqueraient, en dé-signant de préférence , pour être abattus , les sujetsqui donnent le moins d’espérance, ceux qui seraienttrop rapprochés , mal venans, d’essence mal appro-priée au sol et de qualité peu avantageuse. Sonintérêt n’est pas d’abattre les chênes bien venans àl’âge de /jo ans , attendu qu’à cet âge un chêne n’estguère propre à des ouvrages de quelque importance.Il se ménagera donc des modernes et des anciens ,qui pourront fournir des pièces de charpente , despannes , des poutres, etc., pour ses constructions etses usines.

On ne peut fixer le nombre des baliveaux qu’il estle plus avantageux de réserver par hectare , seule-ment on peut dire que le minimum est celui déter-miné par l’ordonnance de 1669, et le maximum ce-lui que détermine l’ordonnance de Lorraine . Y.martelage.

Guyot conseille de réserver, dans un taillis amé-nagé à 20 ans et au-dessus, 32 baliveaux de l’âge ,suivant l’ordonnance, 20 modernes et 12 ancienspar hectare; ce qui fait en tout 64 baliveaux de dif—férens âges. Par ce moyen , dit-il, on pourra , lorsde la révolution suivante , abattre 6 anciens, 8 mo-dernes, et 18 baliveaux, qui auront alors deux âges,le tout par hectare. On se procurera de la charpentede différente grosseur , et un revenu annuel fixe decette portion essentielle du produit des bois , quifera'partie de l’adjudication. Quand les taillis sontâgés, ces réserves sont souvent d’une grande beauté;mais , dans les mauvais sols, les baliveaux se cou-ronnent et périssent quelquefois dès l’âge de 3o ans;en ce cas, on ne les considère plus que comme porte-graines.

Le même auteur blâme les forestiers qui, par unrespect mal entendu pour les vieux arbres , ne peu-vent se résoudre à y toucher , et les réservent ennombre trop considérable, et d’autres forestiers qui,s’attachant à la lettre de l’ordonnance, se fixent ab-solumentaunombrequ’elleprescrit, quels que soientl’état de la coupe et la nature du sol. Il pose quel-ques règles dont voici l’extrait :

i°. Les 64 baliveaux de tous âges qu’on veut ré-server par hectare, ne doivent se prendre que là oùcette réserve peut avoir lieu , à raison du sol et de