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l’état des arbres, et l’on ne doit point faire sup-porter la diminution qu’on a été obligé de faire surun espace par un autre. Ce serait manquer aux règlesd’une bonne exploitation.
2°. Ce serait encore une autre faute que , pourremplir le nombre total , on s’avisât de marquerindifféremment des modernes couronnés et dépé-rissans,
3 °. On doit avoir égard aux espaces et aux dis-tances , et ne pas regretter de faire couper même debeaux modernes , s’ils étaient trop rapprochés.
4 °. A l’égard des taillis de îo à 20 ans, qui neproduisent que des arbres d’une faible dimension ,Guyot veut qu’on porte le nombre des baliveaux del’âge à 40 par hectare. M. Hartig conseille mêmede doubler ce nombre , sauf à les abattre à la pre-mière révolution. V. exploitation.
En général, dit Guyot, on ne peut trop approuverla réserve d’un nombre raisonnable de baliveauxdans les taillis, parce que , suivant les expériencesde Duhamel, les baliveaux, après la coupe du tail-lis , ayant une fois de l’air, grossissent bien plusconsidérablement que s’ils étaient restés en massif.Leur tige ne s’élève plus, il est vrai , mais en re-vanche ils sont biçn plus tôt propres à donner dela grosse charpente que les masses de futaies, toujoursplus lentes et plus tardives à grossir. Dans des taillisâgés de 25 ans, leur tronc acquiert assez de hauteursans branches, pour fournir les longueurs les plusordinaires dans les bàtimens. De plus, ces baliveauxsont très-propres à repeupler les coupes, sur-tout sion a soin d’enlever la mousse qui recouvre le solet empêche les graines de pénétrer jusqu’à terre.
Les baliveaux ont eu beaucoup de détracteurs ,même parmi les forestiers les plus instruits. Nousavons rappelé, dans nos articles sur l’aménage-ment et l’exploitation , les causes de la préventionqu’ils avaient inspirée. Personne ne les a mieuxappréciées que M. de Perthuis. 11 reconnaît lesgrands avantages que procurent ces réserves; maisc’est seulement lorsque le nombre en est déterminépar la convenance du sol, par la qualité des essen-ces et l’àge de l’aménagenient.
Il est résulté, dit cet auteur , de la mesure uni-forme prescrite par l’ordonnance , que les taillisplacés sur un sol de bonne qualité, peuplés des es-sences de la plus grande longévité, aménagés à delongues années, et parfaitement conservés, ont très-bien supporté l’accumulation des arbres réservésd’après les dispositions de ce réglement; mais que ,dans les terrains de qualité moyenne, et sur-toutdans les sols les plus mauvais et dans les aménage-mens les plus rapprochés , le grand nombre de ré-serves n’a point prospéré et a occasionné le rabou-grissement et la ruine des taillis.
M. de Perthuis est loin cependant d’adopter l’o-pinion de Réaumur, Buffon, Duhamel, llozier, etc.,sur les prétendus défauts qu’ils ont attribués aux fu-taies sur taillis. Il passe en revue ces défauts, et ilen démontre l’exagération.
Premier défaut. Il n’admet point que ces arbres ,après la coupe des taillis, soient aussi exposés à être
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gelés qu’on a bien voulu le dire , et si quelques-unsont péri dans les hivers de 1709, 1789 et 1795 ,tous les arbres ont été plus ou moins endommagéspar la gelée pendant ces hivers trop fameux.
Deuxième défaut. Il discute l’assertion de llozier,que les baliveaux sur taillis ne viennent jamais bien,et qu’ils croissent en pommiers. Si le terrain estexcellent, leur végétation est vigoureuse , particu-lièrement dans les premières années de l’accroisse-ment , parce qu’alors ils profitent presque entière-ment des influences favorables de l’atmosphère etdes engrais météoriques dont ils étaient privés enplus grande partie avant la coupe de ce taillis. Maissi le sol est mauvais , les réserves ne peuvent y pros-pérer.
Le port de ces réserves dépend presque entière-ment de l’àge d’aménagement du taillis. Elles crois-sent en pommiers lorsqu’on les coupe trop souvent,et elles acquièrent une hauteur de tige d’autant plusgrande sur les terrains de bonne qualité, que l’a-ménagement du taillis est plus prolongé.
Troisième défaut. Buffon dit que la faiblesse deschênes réservés sur les taillis s’annonce par la quan-tité de glands qu’ils produisent ; mais M. de Per-thuis , tout en convenant que les arbres très-vigou-reux produisent beaucoup de bois et très - peu defruits , et que la production des fruits sur des arbrestrop jeunes préjudicie à leur végétation ou annonceleur faiblesse, reconnaît, avec tous les forestiers ,que les baliveaux de l’àge en produisent rarement ;qu’ainsi le reproche du naturaliste ne pourrait s’ap-pliquer qu’aux modernes et aux anciens. Mais lareproduction, qui énerve la jeunesse et fait périr lavieillesse, est l’apanage naturel de l’àge viril, et loind’annoncer la faiblesse de ces arbres, leur féconditédevient au contraire le signeévident de la vigueur deleur végétation.
Quatrième défaut. Suivant Duhamel et llozier,les baliveaux ruinent les taillis et les taillis ruinentles baliveaux.
« t°. Les baliveaux ruinent les taillis, dit Ro-zier, par le grand nombre de branches latéralesqu’ils se hâtent de pousser, et qu’ils étendent d’au-tant plus aisément que rien ne les gêne , et toutesles souches qu’elles couvrent de leur ombre , privéesdu soleil et des influences de l’air, végètent mal, serabougrissent, s’étiolent, et finissent par périr, etc.»
M. de Perthuis fait remarquer la contradictiondans laquelle tombent nos physiciens. Si les bali-veaux sur taillis viennent aussi mal qu’ils le pensent,et au point de pouvoir en conserver à peine le quartà chaque coupe , comment peuvent-ils couvrir aussipromptement de leur ombre toutes les souches dutaillis ?
2°. Si les baliveaux ont ruiné les taillis, ceux-cine peuvent ruiner les baliveaux. Et d’ailleurs ce quiprouve l’erreur de ces opinions , c’est que les boissoumis au régime de ces réserves sont bien conser-vés , et que , dans les bons terrains , on y trouve detrès-beaux arbres.
Cinquième défaut, a Les baliveaux , dit Buffon ,ne produisent que des arbres de mauvaise qualité ,