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Tome premier.
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Les jeunes tiges et les rameaux sont revêtus d’uneécorce brune ponctuée de blanc. L’épiderme blan-chit vers la troisième année et se lève par lanièrescirculaires vers la cinquième année. L’écorce dutronc et des vieilles branches est épaisse, rougeâtre,solide et profondément gercée vers la partie infé-rieure de l’arbre.

Ses feuilles sont alternes, longues d’environ unpouce et presque aussi larges , tantôt en cœur ou cou-pées presque carrément à la base, pointues au sommet,un peu anguleuses à leur contour, et doublementdentées en scie en leurs bords. Elles sont un peuvelues dans leur jeunesse, lisses ensuite des deuxcôtés, d’un vert clair en dessus , un peu blanchâtresen dessous et portées sur des pétioles d’environ unpouce de longueur. Elles paraissent au commence-ment du mois de mai. .

Les fleurs mâles se développent dès l’automne,à l’extrémité des rameaux, sous la forme de petitscônes cylindriques de couleur brune', mais qui, autemps de la floraison, ou vers la fin d’avril ou le com-mencement de mai, forment des chatons d’un pouceet demi à 2 pouces de long, grêles, pendans, decouleur verdâtre, et contenant une grande quantitéde pollen jaune.

Les fleurs femelles paraissent en même temps queles feuilles; elles sont disposées en petits chatonsrelevés, rougeâtres, qui augmentent après la früc Jtification, et forment, à l’époque de la maturité, enoctobre, des cônes cylindriques’bruns, de 9 lignes àun pouce de long sur 4 lignes d’épaisseur, et conte-nant de très-petites graines ailées.

Quelques auteurs allemands distinguent une va-riété de bouleau hâtive dont les graines mûrissentdans le mois de juillet ou d’août ; mais d’autres pré-tendent que les graines qui mûrissent à cette époquene sont pas de bon aloi, et qu’on nç doit employerque celles dont la maturité est retardée jusqu’aumois d’octobre.

Propriétés principales. Plusieurs Cbnsidérationsrecommandent cet arbre à l’attention des proprié-taires de bois et de ceux qui veulent former des plan-tations qui leur donnent des jouissances promptes,et l’on doit considérer-comme des avantages qui luisont propres, 1". la légèreté et la multiplicité desa semence qu’il produit dès l’âge de 6 ans, et quise répand au loin et fait naître une multitude deplants dans les endroits aérés , dans les jeunes cou-pes , le long des chemins et des fossés ; 2°. la promp-titude de son accroissement et l’espèce d’opiniàfretéavec laquelle il résiste dans plusieurs contrées auxévénemens qui font disparaître les autres arbres ;3 °. la propriété qu’il a de braver les chaleurs et lesgelées, de craindre peu la dent des bestiaux et den’ètre que rarement attaqué par les chenilles, quine s’y attachent qu’après avoir ravagé les bois dontles feuilles sont plus succulentes; ce qui n’arrivepar conséquent que peu de temps avant que ces in-sectes voraces passent à l’état d’insecte ailé ; 4°- den’avoir pas besoin de l’ombrage des autres arbres,tandis que le sien leur est si favorable, et que sousses branches légères on voit s’élever le chêne, le♦lêtre, et sur-tout les arbres résineux, et d’être parcette considération d’un si grand secours dans les

semis et les plantations de bois durs, qu’il protègedans leur enfance et auxquels il cède la place quandceux-ci sont assez forts pour se défendre eux-mêmeset opérer un bon repeuplement ; 5 °. de ne pointnuire aux autres arbres par ses racines , qui courentà la surface du sol et se contentent de peu de nour-riture ; 6°. de réussir presque par-tout et d’améliorerles terrains ; j°. de fournir des produits avantageuxtrès-rapprochês et peu de temps après les planta-tions qu’on en a faites ; 8°. enfin, de donner un boispresque exclusivement employé dans les usines quiexigent une flamme vive et claire. Tous ces avan-tages ne mettent sans doute pas le bouleau au pre-mier rang des arbres forestiers, et on doit lui pré-férer le chêne, le hêtre et les autres belles espècesde bois dans les bons terrains, ou du moins ne l’yadmettre que pour assurer la réussite de celles-ci}mais on doit s’empresser de le cultiver dans les terreslégères, dans les sables, dans les mauvais fonds etla craie, l’on peut dire même dans tous les terrainsqui ne conviennent pas aux autres bois. Il y réus-sira toujours et remplira bientôt le propriétaire deses avances, tandis qu’une autre espèce n’eût pu yvégéter. Il n’y a pas très-long-temps qu’en ne vou-lait planter que du chêne sans s’occuper si le sol ad-mettait ou repoussait cette espèce de bois. C’est ainsique des sables maigres, des terrains sans fond, sanssubstance ont été plantés à grands frais , mais inutile-ment , d’un arbre qui réclamait un sol profond, argi-leux et mêlé de terre végétale ; mais on n’a plus àcraindre que le bouleau soit banni de nos cultures fo-restières. On en connaît trop le prix dans ce moment,où plus que jamaisnous sommes menacés de l’accom-plissement de la prédiction de Colbert . Cet arbre estaujourd’hui à la mode en Prusse ; on le plante par-tout; on ne parle que du bouleau, que l’on regardecomme un véritable spécifique contre la disette dubois et comme le salut des forêts. M. Pfeil, officierforestier dans la nouvelle Marche, vient de publierun Mémoire où, tout en rendant justice aux bonnesqualités du bouleau, il croit devoir s’élever contrela préférence que plusieurs forestiers lui accordentsur le chêne et le hêtre dans les bons terrains etsur le pin sauvage dans les sables.

Culture,

On multiplie le bouleau par les semences, lesplants enracinés, les provins ou couchages, les reje-tons et même par lès boutures. Il se sèmè beaucoupde lui-même; ses graines, légères et très-fines, sontemportées au loin par les vents ; elles se glissententre les mousses, les bruyères et les herbes, et ga-gnent jusqu’à terre, où elles germent et lèvent asseapromptement ; cependant elles ne lèvent pas sousl’ombrage des bois, ni même sous les futaies claires.M. de Perthuis pense qu’elles s’y conservent très-long-temps sans se gâter, et c’est ainsi qu’il expliquel’apparitîon subite des plants de bouleau dans lescoupes des anciennes futaies, où cet*arbre a disparudepuis longues années. Je ne partage pas cette opi-nion : la graine de bouleau est trop délicate pourse conserver ainsi; mais elle est si légère que lesvents peuvent la transporter à de très-grandes dis-