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tânces, même à 2 lieues, ainsi que le dit un auteur
Récolte et conservation des semences. Pour seprocurer des semenoes, il faut les cueillir à la mainBur les arbres lorsqu’elles sont mûres, c’est-à-direvers la fin de septembre et le commencement d’oc-tobre. Cette maturité se reconnaît à la fermeté et àla couleur brune des graines renfermées dans lesécailles ; on ne doit pas différer la cueillette descônes, quoique encore verts extérieurement, parceque la semence s’échappe très-facilement. Pour abré-ger» on peut couper les menues branches qui en sontchargées, en faire des faisceaux que l’on met dansun drap : on les porte ainsi à la maison, on les étendbien clair dans un endroit aéré, on les remue sou-vent, puis on les frotte avec la main , et on les passeau crible, mais seulement pour en ôter lgs feuilles,car les ailes ne peuvent se séparer des graines.
Il faut un décalitre de semences pour faire un ki-logramme pesant. La meilleure saison pour semerest sans contredit l’automne, aussitôt la maturitédes graines; mais quand on ne le peut pas, on lesconserve jusqu’au mois de mars ou d’avril dans ungrenier, après les avoir bien fait sécher en les re-muant , ou bien on les stratifie dans du sable quel’on sème pêle-mêle avec la graine. On ne doit pasessayer de conserver ces semencesqdus long-temps ,parce qu’elles lèvent rarement lorsqu’elles sontvieilles, et qu’en général elles se gardent très-diffi-cilement. Vingt-quatre heures suffisent pour leséchauffer si on les met en tas de 4 à 6 pouces d’épais-eeur. Le meilleur moyen de les conserver est de cou-per le* rameaux qui en sont chargés lorsque la ma-turité est complète, de lier légèrement ces rameauxen petites bottes, de les porter dans un grenier aéréet à l’abri de l’humidité. Lorsqu’on veut faire le se-mis , on secoue ces rameaux et la graine s’en dé-tache facilement, et sans même que les feuilles s’ymêlent en grande quantité.
Cette semence, si difficile à conserver, est cepen-dant quelquefois deux ans sans lever lorsqu’elle estconfiée à la terre, ce qui dépend probablement dela disposition du terrain ; car on voit des espaces secouvrir de plants, tandis que d’autres espaces semésen même temps restent un et deux ans avant d’en pro-duire. Il est dope prudent de ne pas trop se presserde toucher au terrain.
Epreuve de la semence. Pour s’assurer de la qua-lité de cette semence, on coupe plusieurs grainespar le milieu avec un canif. Si la petite amande estFarineuse, et si en la pressant avec les ongles onaperçoit quelques parties huileuses et aqueuses , onest assuré que la semence est*bonne, parce que sielle était trop vieille, on n’apercevrait point cesindices ; mais si la substance farineuse manque ab-solument, la 6emence ne vaut certainement rien,at on doit éviter d’en faire usage.
Quantités de semences d employer. Elles varientselon les terrains et les modes de culture ; mais engénéral il faut semer dru, sans quoi le bouleau nes’élève pas, devient branchu et s’étend beaucoup. Ilfaut par hectare, dans les terrains et situations fa-VQïables et lorsqu’on sème à la volée , 36 kilo-
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grammes ou 37 décalitres de graines ; dans les au-tres, décalitres, et si on sème en rayons, il nefaut que les deux tiers de ces quantités.
Terrains , climats et situations. Le bouleau seplaît dans les terrains un peu frais, composés deterre végétale et de sables ou graviers; mais il vientaussi dans les fonds sableux qui ont un peu defraîcheur, dans les craies qui ont àpeine 6 pouces deterre perméable à ses racines, dans les fentes des ro-chers, en un mot dans tous les terrains qui contien-nent un peu de terre végétale et qui ne sont pas tout-à-fait infertiles ; mais on doit lui préférer le pin sau-vage dans les sables arides.
Le bouleau s’accommode aussi des endroits très-humides » et on trouve même de beaux arbres de cetteespèce dans les marais qui ne sont pas trop fangeux.Il vient dans les climats les plus rudes; on le trouvejusque dans les contrées glacées de la Norwège , del’Islande et du Groenland , et il est le dernier arbrequ’on rencontre sur le sommet des hautes Alpes etvers le pôle ; mais il y est petit, tortü et rabougri,désavantages que compense au surplus la meilleurequalité de son bois.
Toutes les expositions lui sont indifférentes, si cen’est celle du midi , où il ne parait pas venir aussibien que dans les autres.
M. de Burgsdorf, dans son Manuel forestier, dontj’ai donné la traduction, a vengé le bouleau de l’es-pèce de dédain de plusieurs personnes qui l’ont re-gardé long-temps comme un arbre de peu de prix.Il a rappelé les services qu’il rend à l’économie fo-restière , à l’agriculture et à l’économie domestique,et il l’a indiqué comme une essence d’une granderessource pour convertir en bois des terrains incultes,et pour parer à la disette du combustible par lapromptitude de sa croissance.
C’est, dit-il, l’un des bois les plus utiles et quiconvienne le plus à toute espèce de terrain , et l’ons'estimera toujours heureux de pouvoir s’en servirpour peupler des campagnes désertes, et les préparerà recevoir par la suite des bois plus précieux. Onl’élève en futaie avec (Pautres arbres , parmi les-quels il se distingue par un très-grand rapport ; il seplaît beaucoup avec les arbres résineux , jusqu’à ceque ceux-ci aient pris le dessus, époque à laquelleil faut abattre les bouleaux. On le cultive sur leslandes arides où le chêne et le hêtre ne peuventvégéter, et, seul, il forme des futaies qui se main-tiennent en bon état, au moyen des semis naturelset de quelques soins. Dans les hauts taillis, il offredes perches fort utiles pour les constructions rurales.O 11 en forme de bons taillis qui donnent des produitsfréquens. Enfin cet arbre est cultivé avec avantagesur les terrains légers et impropreità l’éducation detoute autre espèce de bois à feuilles. Il possèdeencorela propriété d’améliorer le sol sur lequel il végète ,et de rendre propres à la culture des terrains ari-des, en y formant des couches de terre végétale.Il n’étouffe jamais les plants des autres arbres, quicroissent à merveille sous son ombre et sous ses abrisprotecteurs.
Le bouleau convient sans doute pour améliorerles sables ; mais il est moins propre à cet objet que