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Tome premier.
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cinquante ans, qui est le terme (le sa croissance.Plus tard, il dépérit, et comme cet arbre est sujetA être attaqué par les piverts, qui, pendant qu’ilest encore en vigueur, lui font des trous, par lesquelsl’eau pénètre dans l’intérieur et le pourrit, il estrare qu’on en trouve beaucoup de vieux arbres qui11 e soient creux. Cependant, ils continuent à végéterdans cet état, et à produire du fruit; mais leur bois nepeut plus être employé qu’au chauffage.

Qualités et usages.

Du bois . — Le bois du merisier est ferme , rous-sàtre , dur et serré ; il pèse par pied cube, suivant\ arennes de Fenil le ; savoir, vert, 61 livres i3 onc.,et sec, 54 livres i5 onc., et il perd un peu plus d’unseizième de son volume, par le dessèchement. Cebois est doux, facile à travailler, et prend un beaupoli ; il est recherché par les tourneurs, qui en 1font des chaises et des fauteuils; par les ébénisteset les menuisiers, qui en font des meubles et des boisde lits; par les tablettiers, pour divers petits ou-ivrages ; par les luthiers, parce qu’il est sonore etpropre à faire des instrumens de musique, ce Les ou-vriers se contentaient autrefois , dit M. Deslongs-champs , de passer sur leurs ouvrages de merisierun pinceau trempé dans de l’eau de chaux; maisce bois était alors sujet à pâlir, et il ne conser-vait que peu de temps la teinte rougeâtre qu’on luiavait donnée. Aujourd’hui, ils lui font prendre unebelle couleur d’un rouge brun , en le mettant pen-dant vingt-quatre à trente-six heures dans l’eau dechaux , et en le polissant ensuite. La couleur qu’ilacquiert par ce moyen est très-solide, elle n’est plussujette à pâlir, et ce bois indigène peut alors rivali-ser avec plusieurs bois exotiques; il imite assez bienl’acajou uni et foncé. Dans les pays où les merisierssont communs dans les forêts, et où ils deviennenttrès-gros , on en fait de bon bois de charpente, desplanches, des douves dont on fabrique des ton-neaux, qui passent pour donner un goût agréable auvin qu’on y renferme. Comme ces arbres poussenttrès-droits , ils sont très-propres , quand ils sontjeunes, à faire des échalas pour les vignes, et descercles pour les cuves ou les tonneaux. Enfin, on sesert aussi de ce bois pour le chauffage ; il brûle endonnant beaucoup de chaleur, et il fait de bon char-bon. Il a la faculté , comme beaucoup d’arbresfruitiers, de brûler presque aussitût qu’il est abattu,mais il ne faut pas le conserver plusieurs années ,parce qu’il se gâte facilement, ainsi qu’on le voitdans les chantiers de bois de chauffage, et il se con-sume alors , comme l’amadou, sans flamme et sanschaleur.

Des merises. — Les merises sont saines , céphali-ques , apéritives et agréables au goût; elles sontd’une grande ressource pour les pauvres gens , quin’ont souvent, pour toute douceur, que ce fruit àmanger avec leur pain, dans le temps de sa plusgrande cherté ; mais ils se font quelquefois beau-coup de mal en avalant en même temps les noyaux.

En Allemagne et en Angleterre, l’eau distilléedes merises noires, qui se fait en distillant ces fruitssans qu’ils aient fermenté , et qui ne contient rien

de spiritueux , est employée , par les médecins ,comme antispasmodique et calmante , dans les con-vulsions des enfans , dans la coqueluche. On peutfaire avec les merises et les cerises sèches , bouilliesdans L’eau, une tisane pectorale, utile dans les af-fections catarrhales. L’infusion aqueuse des pé-doncules , appelés vulgairement queues de cerises ,

f iasse pour être très-diurétique : on prétend qu’on'emploie avec succès dans l’hydropisie.

Les merises sauvages sont très-utiles dans les fo-rêts, parce qu’elles servent à la nourriture des oi-seaux qui font la guerre aux insectes. Les grives, lesmerles et les loriots, en sont très-friands, et cettenourriture , suivant le dire des gourmets , rend lachair de ces oiseaux très-délicate.

Les distillateurs emploient les merises noires pourleurs liqueurs. On fait aussi du vin de cerises avec lesdeux sortes de merises, la noire et la rouge. «Lors-qu’on veut faire de ce vin, dit M. Bosc (Nouveaucours d’agriculture '), on met les merises , sans leursqueues, dans un tonneau défoncé; on les écrase avecun pilon, et on les couvre. La fermentation vineuse netarde pas à se développer, sur-tout s’il fait chaud ,et on la complète en remuant chaque jour le tout,pour en mélanger les parties. Il ne faut que cinq ousix jours de cuvage , pour rendre le vin en état d’êtretransvasé, et, par suite, consommé. Ce vin, bienfait, est fort agréable; mais il se garde difficilement,même lorsqu’on le met sur-le-champ en bouteilles.Autrefois , c’est-à-dire lorsque les vignes étaientplus rares , on en trouvait souvent dans les pays àmerises; mais, depuis long-temps, on n’en voit plusque chez quelques particuliers , pour ainsi dire ,comme objet de curiosité. •» On donne au vin de ce-rises la force qui lui manque pour se conserver plu-sieurs années, en y ajoutant une certaine quantitéd’eau-de-vie ou de kirscli-wasser.

« La grosse merise noire , dit M. Deslongs-champs , entre dans la composition du rataliat deGrenoble , très-bonne liqueur, dont la plus grandeconsommation se fait dans le midi de la France .Mais, de toutes les liqueurs faites avec les cerises ,le kirsch-wasser et le marasquin sont les plus im-portantes , parce qu’elles forment des branches decommerce assez considérables pour les pays où onles fabrique. Le kirsch-wasser est une liqueur spi-ritueuse, une espèce d’eau-de-vie très-forte, qu’onobtient par la distillation , et qui est aussi claire etaussi transparente que l’eau la plus limpide. C’estdans les montagnes des anciennes provinces d’Al-sace et de la Franche-Comté , en France , dans lescantons de Berne et de Bâle, en Suisse , et dans laSouabe , qu ’011 en distille Je plus : de là, cette li-queur se répand dans toute l’Europe . La merisenoire sauvage donne le meilleur kirsch-vvasser ;celui pour la fabrication duquel on a employé oumêlé des cerises cultivées , est beaucoup moinsagréable et moins fort. D’après les observationsde M. Auniont, insérées dans la Bibliothèque despropriétaires ruraux, après les merises noires, laliqueur alcoolique, retirée des merises rouges, estcelle qui a le plus de force ; après celles-ci, celledes gnignes ; enfin , celle des cerises acides est celledont la qualité est la plus inférieure. Le degré