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Greffe. — Le bois de Sainte - Lucie sert de sujetpour greffer toutes les variétés ou espèces de ce-rises, et on l’emploie à cet usage dans les terrainsmarneux ou argileux, parce qu’il y réussit mieuxque le merisier, et qu’il est d’ailleurs plus rustique.L’auteur de la nouvelle édition des Arbres et Ar-bustes de Duhamel, dit que c’est une erreur decroire que les fruits des cerisiers greffés sur le ma-haleb prennent une saveur amère , et il assure , d’a-près MM. Desceinet et Noisette, pépiniéristes, queles variétés à fruits doux conservent parfaitement laqualité de leur eau : c’est sur-tout pour former desquenouilles ou des pyramides de cerisier qu’on doitgreffer de préférence sur le mabaleb, parce qu’ilest plus faible et s’emporte moins.
On greffe le Sainte-Lucie , lui-même , sur le me-risier commun , et, dans ce cas, il devient plus vi-goureux et s’élève davantage.
Qualités et usages .— Le bois du mahaleb est dur,brun, veiné et susceptible d’un beau poli ; son odeurest moins pénétrante, et plus agréable lorsqu’il estsec, que lorsqu’il est encore rempli de sève. 11 pèse,d’après Varennes de Fenille, 62 livres 2 onc. 6 grospar pied cube, et d’après Hassenfratz 56 livres 6onc ; terme moyen, 5 9 livres 4 onc. Sa bonne odeur,jointe à sa dureté et au poli qu’il reçoit, le fait re-chercher par les ébénistes, qui le débitent vert enfeuilles minces, parce que, dans cet état, il ne gercepas , ou que du moins les fentes y sont moins sen-sibles. Dans les Vosges , sa vraie patrie , sur-toutrès de l’abbaye de Sainte-Lucie, il s’y en débiteeaucoup pour les ouvrages de tour : de là , sa déno-mination vulgaire de bois de Sainte-Lucie, et peut-être , ajoute Varennes de Fenilles , la confusionqu’on en a faite quelquefois avec le palixandre deSainte-Lucie, qui, ainsi que le mahaleb, a une lé-gère odeur de violette. On confond aussi quelque-fois, même en Lorraine , le mahaleb avec le prunuspadus de Linnée , ou le cerisier à grappes, qu’on ynomme putier. On fait avec le bois de Sainte-Luciedes tabatières, des boîtes, des étuis et autres petitsobjets : il est rare d’en trouver de forts échantillons.
Les feuilles sont odorantes, sur-tout dans l’état dedessiccation : on s’en sert pour donner du fumet augibier.
Valmont de Bomare dit qu’on nous apporte d’An-gleterre et de plusieurs endroits de la France l’amandesèche que donne le noyau de son fruit, parce que lesparfumeurs en emploient dans leurs savonnettes.
Le Cerisier vulgaire, ou cerisier à fruit aigre,ou griottier, est un arbre de la troisième grandeur,qui s’élève beaucoup moins que le merisier, ne par-venant qu’à 20 ou 24 pieds de haut. Son tronc ac-quiert cependant, quelquefois, une grosseur assezconsidérable. On le trouve rarement dans les forêts;mais il est très-répandu dans les jardins, dans lesvignes et dans les champs , comme arbre cultivé ;on le regarde comme le type des cerisiers à fruitsacides , de même que le merisier est regardé commele type des cerisiers à fruits doux ou guigniers. Sesbranches et ses rameaux sont plus étalés que dans lemerisier; ils se soutiennent moins bien, et formentplutôt une tète arrondie qu’une espèce de pyramide,comme dans ce dernier et la plupart de ses variétés.
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L’écorce est d’un brun noir sur les rameaux, et co-riace sur le tronc. Les feuilles sont plus petites, plusfermes , plus luisantes , d’un vert plus foncé quecelles du merisier. Les fleurs sont aussi plus petites,mais , d’ailleurs , disposées de même en ombelle.Les fruits sont arrondis, plus ou moins rouges , ounoirâtres, portés par des pédoncules plus courts etplus gros , et leur saveur est acide.
Cet arbre est, comme nous l’avons rapporté aucommencement de cet article, originaire de l’Asiemineure , et c’est à lui que doit s’appliquer ce qu’ona dit de l’introduction du cerisier en Europe parLucullus , il y a près de deux mille ans. Il a fourniune quantité considérable de variétés jardinières,dont les fruits appelés cerises, à Paris , et griottes ,dans quelques départemens, sont ronds , ordinaire-ment un peu aplatis vers la base, marqués d’un sil-lon peu prononcé, assez constamment rouges. Leurchair est tendre ou molle, ou très-aqueuse, et d’unesaveur généralement acide et austère ; leur eau esttantôt blanche, tantôt colorée. Quelques auteurs sesont fondés sur ce dernier caractère pour diviser lescerises en deux sections : la première, qui comprendles cerises dont l’eau est blanche, est assez nom-breuse ; l’autre, celle des cerises à eau colorée, n’estcomposée que d’un petit nombre de variétés , aux-quelles plusieurs personnes appliquent particulière-ment le nom d egriottiers. M. Bosc, quia suivi cetteclassification dans le Nouveau cours d’agriculture,compte vingt-trois variétés principales comme appar-tenant à la première division, et quatre, comme ap-partenant à la seconde. L’auteur de la nouvelle édi-tion des Arbres et Arbustes , de Duhamel, distingueles cerises de la manière suivante : * treize -variétésdont la chair est blanchâtre, et la saveur plus ou moinsacide; ** sept variétés dont la chair est blanchâtre , etla saveur douce ou à peine acide ; *** quinze -variétésdont la chair est rougeâtre et qu’il appelle griottiers ,ce qui fait en tout trente-cinq variétés de cerises.Mais toutes ces divisions sont extrêmement incer-taines, ne reposant souvent que sur des caractèrespeu sensibles , variables et fugitifs. Au surplus ,notre objet n’est point de nous occuper des cerisierscultivés, et nous renvoyons à la belle édition Desarbres et arbustes , de Duhamel, et aux nombreusesfigures qui y sont jointes, les personnes qui désirentmieux connaître les nombreuses variétés de cerises ,griottes , merises, guignes et bigarreaux.
Culture. — Les cerisiers se multiplient de semen-ces , de rejetons et par la greffe.
La voie du semis est la plus avantageuse , parcequ’elle procure de plus beaux arbres, qui tracentmoins que ceux élevés de drageons. Ces derniers sontd’ailleurs plus sujets à la gomme, ce qui annonceque les rejetons qu’ils poussent en quantité de leursracines, les épuisent. Cette considération devraitdonc faire renoncer à l’usage trop employé de lesmultiplier de rejetons, méthode qui n’a pour elleque l’avantage de faire gagner un peu de temps.
M. Bosc recommande avec raison, lorsqu’on veutfaire un semis de cerises, et principalement degriottes , de s’assurer si les amandes sont bonnes,parce que les noyaux sont souvent vides ; et il ajoutequ’on doit aussi toujours préférer les fruits prove-