Band 
Tome premier.
Seite
555
JPEG-Download
 

CHA

Pour les changemens de résidence , V. Gardes ,Traitemens.

CHANLATTE. Perche de bois de chêne de 8 à9 mètres (2.5 à 28 pieds) de long, propre à faire desarrêts , pour le barrage d’une rivière.

CHANTIER. Ce mot vient du latin cantherius. Ilsignifie ordinairement un lieu où l’on dépose desbois pour les travailler ou les vendre. V. Bois dechauffage, et dans le Mémorialforest. , t. Il, p. 83 ,une ordonnance du préfet de police de Paris , con-cernant la vente des bois de chauffage.

En terme de marine , c’est l’établissement fait surune pente douce, appelée cale , pour la construc-tion d’un vaisseau ; et en généralisant le mot, onl’emploie pourexprimer le sol, la cale même, et toutle local qui l’environne, et sur laquelle les charpen-tiers travaillent à préparer les bois pour le vaisseau.

Le chantier d’un vaisseau proprement dit est com-posé d’un nombre de tins, ou billots de bois, quel’on met à 3 ou 6 pieds ( 1 mèt, 9 centim. ) les unsdes autres, sur le milieu des grillages des cales deconstruction ou des bassins , pour porter la quilledans toute la longueur du vaisseau que l’on doit cons-truire; et comme cette quille doit être posée sur unplan incliné à l’horizon, d’environ trois degrés, pourfaciliter la coulée du vaisseau de son chantier à lamer lorsqu’il est achevé, on ne forme le premier tin,du côté de la mer, que d’une seule pièce de bois dehauteur, et on en augmente graduellement le nom-bre jusqu’à six ou sept, de même que leur dimensionverticale.

Lorsque le vaisseau est achevé et prêt à être lancéà la mer, on remplit de bois tous les intervalles qu’onavait laissés entre les tins pour faciliter le travailet le passage des ouvriers; on recouvre le dessus dece plan incliné avec des bordages très-droits et très-lisses.

Chantiers et rouettes. Y. Flottage , Rouelles.

CHANVRE. Il est défendu d’en faire rouir dansles rivières , par les arrêts du conseil, des 26 février1732, a 3 décembre 1756 et 3 i janvier 1757, souspeine de 5 o fr. d’amende. Y. Rouissage , dans leDiction, des Chasses et Pèches.

CHAPEAU. On donne quelquefois ce nom à lahouppe, à la tête, à la couronne d’un arbre.

CHARBON. Ce mot vient du latin carho, dérivédu grec karphô , qui signifie faire sécher.

Le charbon de bois est le produit de la demi-com-bustion des bois.

Propriétés du charbon.

Le charbon, te! qu’il est considéré par les chi-mistes, n’est pas celui que l’on obtient parla cuis-son des bois. Il existe tout formé dans la nature ;c’est un des principes des végétaux; on ne fait quele séparer des plantes quand on les distille, au lieuque le charbon de bois n’est pas pur; il contient dessels et de la terre. Les chimistes modernes appel-lent carbone ('é. ce mot) ce que les anciens appe-laient charbon pur, c’est-à-dire la matière charbon-neuse pure et séparée des substances étrangères quil’altèrent dans le charbon commun.

Lorsqu’on brûle le charbon, il absorbe l’oxygènede l’atmosphère, et forme du gaz acide carbonique

CHA 555

qui, dans les endroits fermés, s’accumule au pointde rendre l’air impropre à la respiration des ani-maux, et d’occasionner la mort par asphyxie. Lecharbon, tel qu’il est fabriqué dans les forêts, est prin-cipalement dangereux sous ce rapport ; mais celuiqu’on appelle braise, et qu’on obtient de la com-bustion du bois dans les foyers et les fou^s, est moinsdangereux; cependant il l’est encore. Il parait quele charbon n’en diffère que parce qu’il consèrveplusd’hydrogène. La braise est plus légère et s’enflammeplus facilement.

La décomposition du charbon à l’air est si lente,qu’on a prétendu qu’il était indestructible par lesagens naturels; il se conserve bien mieux encoresous la terre. Celui qu’on a trouvé dans les ruines1 VHerculanum et sous les décombres des anciennesvilles, était aussi entier qu’il avait dû l’être dans leprincipe. C’est de l'observation de ce fait que ré-sulte la pratique en usage dans plusieurs endroits,d’enterrer des morceaux de charbon autour desbornes. On carbonise aussi le bout des pieux, l’ex-térieur des conduits d’eau, et tous les bois destinés àséjourner dans la terre, pour les préserver de la pour-riture ; mais il semblerait résulter des observationsde Duhamel, que cette pratique serait d’une faibleressource contre la pourriture.

Quand le charbon est bien sec, et principalementla braise des boulangers, il absorbe avec rapiditél’humidité de l’atmosphère.

Comme corps noir, il absorbe aussi les rayons dusoleil et s’échauffe; et comme mauvais conducteurde la chaleur, il la conserve long-temps.

On a découvert, dans ces derniers temps, que lapoussière du charbon avait la propriété d’absorbertoutes les matières animales et végétales, décompo-sées et tenues en dissolution dans l’eau : de là lathéorie des filtres à charbon.

On tire encore partie de la faculté qu’a le charbonde décomposer les gaz, pour empêcher les viandes des’altérer par la putréfaction, et pour les rétablirlorsqu’elles n’ont encore qu’un .commencement d’al-tération. Pour cet effet, on enterre les viandes dansune masse de charbon, ou si elles sont déjà un peualtérées, on les fait bouillir dans de l’eau où on amis de la poussière de charbon.

La poussière de charbon est recommandée commeun bon moyen pour enlever le tartre des dents et lamatière de la carie, pour détruire les haleines fé-tides , et comme d’une utile application dans lesabcès et même la gangrène.

Le charbon sur lequel ou avec lequel 011 fait bouil-lir de mauvais miel, lui enlève son goût désagréable.C’est exclusivement avec le charbon qu’on trans-forme le fer en acier.

Mais l’emploi le plus important du charbon estpour la cuisson des alimens. Il donne , lorsqu’il estbien fait, un feu sans flamme et sans fumée.

Lorsqu’il est incandescent, le charbon décomposel’eau : c’est pourquoi les forgerons et les cuisinièresjettent une petite quantité d’eau sur leurs fourneauxallumés , pour augmenter l’intensité du feu. Si uneplus grande quantité d’eau éteint le feu, c’est qu’ellele prive du contact de l’air, sans lequel il ne peut yavoir de combustion , puisque cette opération n’est

70*