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Tome premier.
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oui 11e peuvent fournir du bois de corde; mais lesbranchages tortus ont l’inconvénient d’occasionner<les vides dans l’intérieur du fourneau, ce qui em-pêche les charbonniers de bien conduire leur feu.

Les bois que l’on emploie trop verts, et qui pari onséquent contiennent toute leur sève, jettent unesi prodigieuse quantité d’humidité, qu’elle dérangeles terres dont on recouvre les fourneaux. D’ailleursces bois s’allument difficilement (\. ci-après lesObservations de M. Hartig ); et comme les charbon-niers ont peine à porter uniformément la chaleurdans toutes les parties de leurs fourneaux, ils nepeuvent éviter qu’il ne se trouve beaucoup de fume-rons. Le bois trop vert produit, dit-on, un quartde charbon de moins que celui qui est convenable-ment sec; mais les bois trop secs ont les défautscontraires : on a peine à empêcher qu’ils ne se con-sument et qu’ils ne se réduisent en braise. Ainsi lavraie saison de cuire les bois^abaltus en hiver, estdans les mois d’août, septembre et octobre suivans.

On met en corde le bois qu'on destine à faire ducharbon. ( V. à l 'Atlas, la planche Carbonisation .)L’emplacement que l’on choisit j>our y établir lefourneau à charbon se nomme fosse eu faude. Onétablit ce fourneau dans un lieu uni, un peu élevé,pour que les eaux ne s’y rendent pas. il ne fautpas cju’il y ait des souches, afin de ne pas fairede tort au taillis ; il faut prendre garde que lefeu ne puisse se communiquer à des bruyères ou àdes fougères, qui pourraient causer des incendiesconsidérables : c’est pour toutes ces raisons quel’ordonnance veut que les places à charbon soientmarquées par les officiers forestiers. Les charbon-niers font en sorte de placer leurs fourneaux le plusprès qu’ils peuvent de l’endroit où l’on a mis lescordes de bois que l’on doit employer, afin de s’é-pargner la peine du transport de ce bois. Iis s’épar-gnent encore une autre peine quand ils sont assezheureux pour rencontrer une place où l’on ait pré-cédemment cuit du charbon; car il faut que le ter-rain soit bien dressé, pour que la place se trouvepropre à faire, comme ils disent, un bon cuisage $il faut encore que le terrain ne soit mêlé ni de pierreni de sable : ces matières ne sont pas propres à fairela couverture du fourneau.

Le. maître charbonnier, qu’on nomme le dres-seur, trace l’étendue du fourneau (fg. i), auquel ildonne un diamètre de huit enjambées, plusou moins,suivant hf quantité de charbon qu’on veut faire cuire ;et après avoir bien dressé avec la pelle ( fig. 10) et àla pioche a l’étendue du fourneau, il plante au cen-tre de cet emplacement une perche en forme de mâtgros comme la jambe par le bas, et de 12 à i 5 pieds«le hauteur. Quelques-uns couvrent le terrain d’unecouche de frasil, qui n’est autre chose que de lac endre d’un fourneau qui a déjà servi.

. Les charbonniers voiturent le bois de l’endroit oùil a étécordé au fourneau avec des brouettes {Jig- 2).Fendant que plusieurs ouvriers sont occupés à cetravail, le dresseur commence à élever son four-neau ; les premiers morceaux de bois dont on en-toure le màt doivent être secs et, autant que faires.e peut, de bois fendu , afin que le feu y prenne plus«aisément. Il appuie le bout d’en haut de chaque

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morceau de bois contre le màt, l’autre Iront porte aterre, et est un peu incliné vers le màt. Autour decette première enceinte de bois sec, le dresseur enforme une seconde rangée avec de la corde à char-bon ; il en fait une troisième , une quatrième , unecinquième , et ainsi jusqu’à ce que l’étendue du ter-rain soit couverte en plein de morceaux de boisplacés presque debout : à chaque enceinte du pre-mier lit, on ménage un petit espace vide, de 5 ou6 pouces. Le vide de chaque enceinte est toujoursvis-à-vis le vide d’une autre, de sorte qu’il restedepuis la circonférence de ce fourneau jusqu’aucentre , c’est-à-dire jusqu’au bois sec qu’on a placéen premier lieu , un canal a ( fg. 3 ), qu’on peut re-garder comme un foyer : on remplit ce canal derames sèches bien faciles à s’embraser, afin que le feupuisse tout-à-coup se porter au centre du fourneau.On verra ci-après que c’est à cet endroit seul qu’onmet le feu.

Quand le premier lit ( b , Jig. 3 ) est formé parl’assemblage de toutes ces enceintes, on élève sur cepremier lit un second lit, qu’on nomme éclisse ; 011le forme par enceintes comme le premier. Le char-bonnier peut aisément l’arranger étant à terre ,et c’est pour cette raison qu’il le commence ordi-nairement avant d’avoir fini le premier : nous fe-rons remarquer qu’on met le bois le plus menu aupremier lit, celui qui est plus gros au rang élevé,et qu’à chaque lit on met les plus gros morceauxentre le centre et la circonférence. Lorsque le se-cond lit est devenu presque aussi grand que le pre-mier, on augmente celui-ci, puis le second, jusqu’àce que le premier couvre tout le terrain qui a étémarqué par le maître charbonnier. En élevant suc-cessivement les deux premiers lits, le dresseur peutles arranger et les finir entièrement, lui étant àterre; ce qui lui est fort commode, parce qu’il prendle bois à ses pieds sans être obligé de le monter surles premiers lits.

Le troisième lit d , qu’on nomme 1 egrand haut, seforme par un assemblage d’enceintes semblable auxdeux premiers; mais le dresseur 11e peut se dispenserde monter sur le second lit pour arranger le troi-sième : ainsi le second lit ou Y éclisse sert de soutienau troisième ou au grand haut, comme le premierlit en sert à l’éclisse. Sur le troisième lit ou le grandhaut, on elève un quatrième étage e, qu’on nommele petit haut, et quelquefois un cinquième; on con-tinue d’ajouter du bois à la circonférence des lits ,en commençant toujours par les plus bas, jusqu’à ceque tous les lits ainsi arrangés aient pris la forme dela calote d’un dôme.

Les fourneaux prennent cette forme arrondie,parce que, dès le premier lit, les morceaux de boiss’inclinent d’autant plus qu’ils s’éloignent davan-tage du centre du fourneau ; ce qui fait que le plansupérieur de ce lit est bombé vers le milieu. Le se-cond lit l’est davantage, le troisième encore plus ,parce que, outre la pente que les bâtons de la circon-férence ont de jdus que ceux du milieu , les lits su-périeurs sont posés sur une surface convexe ; au lieuque le lit le plus bas est à plate terre, et il résultede là que les bâtons des lits les plus élevés sont pres-que couchés.