Band 
Tome premier.
Seite
569
JPEG-Download
 

CHA

gent un charbon léger. Outre ces petits charbons dumilieu, on en trouve aussi d’autres petits lorsqu’onretire les gros; ils se nomment charbons de râteau(rechkohlen ), parce qu’on les sépare des gros aumoyen du râteau. On doit également les séparer descharbons ordinaires. Sous le rapport de la qualité,ils tiennent le milieu entre les charbons ordinaireset les charbons du milieu ; ils sont recherchés prin-cipalement par les forgerons et les serruriers, quifont aussi un usage plus utile des charbons^lu milieu,que celui qu’on pourrait en faire pour les forges.

M. Du transport des charbons.

Dans le transport des charbons , on doit faire at-tention, i°. à ce qu’il ne s’en perde point en route;a u . à ce qu’ils n’éprouvent point de secousses tropfortes et qu’ils ne se brisent pas $ 3°. à ce qu’ils nesoient point mouillés par la pluie , parce qu’ils per-draient de leur qualité. * *

Pour éviter tous ces inconvéniens, on fait cetransport dans des charrettes ou des chariots garnisde claies bien serrées, faites avec des baguettes decoudrier, que l’on élève plus que les ridelles, afinque ces voitures puissent en contenir beaucoup. Onsupprime même l’enfonçure de ces voitures, et l’on yforme un fond de claies bombées eu dessous, quisont retenues par des enlacemens de cordes; niaiscette suppression ne se fait que quand, dans les che-mins où les voitures doivent passer, il ne se rencon-tre point d’ornières profondes. On couvre le char-bon avec de grosses toiles pour le garantir de lapluie. Quand le chemin est bon , il est indifferent dese servir de charrettes ou de chariots ; mais dans lesmauvais chemins on doit préférer les chariots, quivont moins vite, cahottent moins que les charrettes,et qui sont plus faciles à. tirer d’un mauvais pas (i).

(1) On tire souvent du charbon des forêts, arec des bêtesde somme, dans de grands sacs qui pèsent environ 125 livres,et que l'on place en travers sur le dos des chevaux , ou dansde petits sacs , qu’on empile de long sur le bât des bêtes decharge. Ces charges de charbon se vendent dans les lieuxpeu éloignés des forêts.

Pour la Jonrniture des grosses forges qui consommentbeaucoup de charbon, on Fe voiture dans des bannes jau-gées , qui se déchargent par-dessous. On se sert mêmequelquefois de ces bannes pour conduire le charbon auxports , parce qu’étant jaugées , on a la facilite de savoir plusprécisément la quantité de charbon que l’on tire d’une torêt.

Le charbon étant arrivé au port, on le charge sur des ba-teaux. Si ces bateaux sont grands, on dresse tout autour defortes perches ou de menues ridelles, qu’on élève perpen-diculairement aux bords, à 6 ou 8 pieds de distance les unesdes autres, parce que c’est la grandeur des claies qui doitretenir le charbon. On traverse ces perches verticales avec

*1 autres , placées horizontalement et liées aux premiè-res par des havts ou rouettes ; on contient même les perches,en les liant avec des cordes de tiileui, qui traversent le ba-'® au , e . 1 em pèchent qu’elles ne s’écartent; on revêt touti intérieur de ce bâtis avec de fortes perches et des claies, eton remplit de charbon toute cette capacité. Les bateauxmoins grands, qui viennent par les canaux, sont garnis seu-lement de perches de bois blanc, à la hauteur d’une claie;et au lieu «le cordes de tilleul, on met dans le charbon desperches de bois blanc.

^es grands bateaux qui descendent à Paris par la Seine ,f Oise et la Marne , ont communément 14 à i 5 toises de Ion-gueur, sur 5 toises de largeur ; ils sont chargés comble jus-qu a i 5 ou 16 pieds de hauteur au-dessus il 11 plat-bord, etcontiennent 2 à 3 ,000 voies de charbon Les petits bateaux

Tome I.

CHA 56 9

N. De la manière de reconnaître les qualités du, charbon.

L’un des indices les plus certains qu’un charbonest bien cuit, est quand U ne se casse pas facilement,qu’il ne salit que faiblement les doigts, et que sacassure a de l’éclat; mais s’il se casse facilement,s’il noircit fortement les doigts, c’est une preuvequ’il a été trop long-temps dans le feu, ou que lebois dont il provient était mauvais ou gâté par l’hu-midité, ou échauffé. Un charbon bien cuit doit êtresonore, pesant, et sans fentes considérables. Quandon rencontre tous ces indices, on est assuré que lecharbonnier a bien opéré; cependant on ne peut pasexiger de lui qu’il fasse un bon charbon avec demauvais bois qui a séjourné long-temps dans uneforêt, ni avec du bois mort. IL faut donc, pour ap-précier le travail du charbonnier, avoir aussi égardà la qualité du bois qu’il a employé ( 2 ).

O. Comment on s’assure si le charbonnier fournit ,de la quantité de bois qui lui a été donnée , laquantité de charbon convenable.

Outre qu’on doit s’assurer si le charbonnier a faituji bon charbon avec une bonne qualité de bois, ilest encore important de pouvoir reconnaître si laquantité qu’il fournit est bien celle qu’il a dû ob-tenir. Celui qui a observé la manière de travailler

qui viennent parles canaux , et qu'on nomme de Ivoire, ont17 à 18 loi ses de longueur, et il a 12 pieds de largeur ;on no les charge qu’à la hauteur d’une claie, pour qu’ilspu : ssent passer par les écluses , et ne contiennent que 6, 7 ou800 voies de charbon.

Le charbon qui remonte la Seine , est chargé dans deplus grands bateaux que celui qui descend, et ces bateauxsont chargés à comble. On l'amène à découvert; le fond desbateaux est garni d’un plancher pour garantir le charbon del’humidité) et faciliter le travail de la pelle quand on Je dé-charge , ou qu’on le mesure pour le vendre.

À Paris , on dislingue le charbon par les lieux d’où on letire. On estime le charbon d’Yonne plus que les autres : il sefait en Bourgogne avec du chéneau souvent pelard , et s’a-mène à Paris par la rivière d’Yonne , dont il prend le nom.Le charbon, de Marne> qui se fait en Champagne , et com-munément de bois de quartier ou de gros rondin, est moinsestimé. Le charbon de Loire , celui qui se fait aux bords decette rivière , et qui arrive à Paris par le canal de Rriare ,est peu estimé , parce qu’il est gros, long , et tait de toutessortes de bois. Celui qu’on nomme de Seine , parce qu’ilest tait aux bords de cette rivière au-dessus de P.«ris, està-peu-près de même qualité que celui de Loire . Celui qu’onnomme charbon de VEcole f a cause dit port de ce nom , oùon le décharge à Paris, qui est fait en Normandie ou en Pi-cardie, et dont les bateaux remontent la Seine , est fait detoutes sortes de bois, comme celui de Loire . Ceux qui sefont dans la forêt, de Crecy-en-Brie , dans les bois de Tour-non, d’Auxois , de Ferrière, de Chevreuse , arrivent à Paris par terre, dans des charrettes garnies de claies , ou à sommedans des sacs.

Dans les provinces où l'on n’exerce pas de police sur lecharbon, on le débite dans des sacs rie différentes gran-deurs, qui 11’ont point de mesure précise ; c’est à l’acheteurà prendre garde de ne pas se laisser tromper. Mais à Paris ,il faut que les sacs contiennent une mesure fixe : tout lecharbon s’y vend à la mesure , soit sur les ports dans les ba-teaux > soit sur le pavé. V. Mesure •

■

(2) Ce queditici M. Hariig s’adresse aux forestiers, qni, enAllemagne , sont chargés , comme nous l’avons déjà dit, desurveiller toutes les opérations d’exploitation qui se fontpour le compte du gouvernement.

72