CHA
CH A
S74
tout l’attention de placer les plus gros bois dans lesparties du fourneau qui sont le plus long-temps ex-posées à l’action du feu , ni qu’ils prennent toutesles précautions indiquées dans la méthode décritepar M. flurtig.
Méthode de Renon, près la Rochelle . —- Danscette méthode, qui n’est quer la méthode ordinaireperfectionnée, on obtient environ 3 o livres de char-bon pour 1 00 livres de bois sec : c’est autant que parle procédé de M. Mollerat; mais il n’y a pas de pro-duits accessoires , et le transport du bois, dans cetteméthode, est une augmentation de frais T connuedans le procédé de M. Mollerat.
Méthode de fabrication sur terre, décrite parM. Hartig. — Cette méthode, quoique la même ,au fond, que celle qne l f on suit en France , nousparait plus perfectionnée. M. Hartig entre dans desdétails précieux, et donne des principes conformesà la saine physique sur tout ce qui tient à cette fa-brication. Nous recommandons particulièrementl’application de ces principes à la méthode suiviedans nos forêts; car c’est sur-tout à perfectionnercette méthode que nous devons nous attacher. Onvoit, par le tableau B de M. Hartig, que la quantitédu charbon prodtïite est beaucoup plus considérablelorsque la cuisson est dirigée par un liabile char-bonnier, que dans le cas contraire En effet, le termemoyen, dans le premier cas, est, comme nous l’avonsdit, de 20 pour 100; tandis que dans le cas d’unefabrication moins bien dirigée, il n’est que de 17.
T'abrication en vaisseaux clos. — Sous ce titre ,nous avons rendu compte des produits qu’ont ob-tènus successivement MM. Brune, Mollerat et delà Chabeaussiére. Il parait que le premier obtenaitsix sacs de charbon a’une corde de bois, au lieu dedeux à trois seulement qu’on obtient par le procédéordinaire; le second a obtenu 3 o pour 100, et letroisième , 25 ; et ces deux derniers, des substancesrFune très-grande valeur.
Il est évident que toutes les fois que les localitésLe permettront, il y aura un très-grand avantage àcarboniser le bois suivant les nouveaux procédés.
Nous croyons devoir ajouter aux détails dans les-quels l’importance de l’objet nous a fait entrer, unenote sur les expériences de MM. de Werneck et deKumford, relatives à la carbonisation de plusieursespèces de bois et à leurs valeurs respectives.
Note sur les expériences de M. de VNerncck ,
grand-veneur à Aschaffenbourg , publiées en
1811.
J’avais traduit l’ouvrage de M. de Werneck, et jeme proposais d’en insérer ici un extrait assez détaillépour faire connaître les expériences de ce savant,qui s’est beaucoup occupé de la partie physique etchimique des bois ; mais comme la fabrication ducharbon a fait, depuis l’époque où l’ouvrage a paru,de grands progrès, je me contenterai de présenterune note abrégée sur cet ouvrage.
L’auteur a fait ses expériences dans un petit four-neau disposé de manière à faire connaître le degré
,de chaleur qu’il fallait pour carboniser chaque es-pèce de bois et Le temps exigé pour la carbonisation.IL a trouvé, par exemple, que la carbonisation duhêtre, bois du tronc, exigeait o, 85 °. de chaleur,et 0,889 pour la durée du temps ; que celle ducharme exigeait 0,96°. de chaleur, et pou* te tempsi,oi 5 ; d’où suit cette proportion : le hêtre est aucharme sous le rapport de la chaleur qu’exige la car-bonisation , comme o ,85 : 0,96 ; et sous le rapportde la durée du temps, comme 0,889 : 1,01 5 .
L’auteur a fait plusieurs expériences pour s’as-surer de combien le charbon le pLus rapproché dufeu de carbonisation pouvait différer de celui qui enétait le plus éloigné, afin de déterminer le désavan-tage qui résulte de la combustion simultanée de plu-sieurs espèces de bois de nature différente , et afinaussi de démontrer les incouvéniens de carboniserdes bois à demi secs ou verts, et il a résulté de eesdernières expériences que les bois verts donnent Lamoindre quantité et la plus mauvaise qualité decharbon.
IL a comparé la valeur relative des bois crus enplaine, en bas-fonds et sur des montagnes.
Voulant ensuite constater la quantité de carbonecontenue dans chaque espèce de charbon , pour endéduire la valeur comparative sous le rapport do lachaleur, il fil rougir un creuset, dans lequel il mitune certaine quantité de nitre très-épuré. Tant que lenitre resta rouge, il y jeta successivement, par pe-tites portions indéterminées, du charbon grossière-ment pilé dont il avait pris le poids , et il ne renou-velait ces additions de charbon que Lorsque le mou-vement du nitre avait cessé sur le charbon qu’ilvenait d’y mettre; il continua ainsi jusqu’à ce qu’iln’aperçùt plus de décrépitation, et que l’alcali sur-abondant commençât à s’élever et à écumer. Il enconclut que le charbon dont il faut une moindrequantité pour décomposer une portion donnée denitre, contient le plus de carbone.
Enfin , il a calculé le retrait que chaque espècede bois éprouve par la carbonisation.
De toutes ces expériences, il résulte que les qua-lités du charbon suivent celles des espèces de boisqui le produisent, et qu’il y a très-peu de bois quidemandent, pour être convertis en un charbon debonne qualité, le même espace de temps et le mêmedegré de chaleur: d’où il suit qu’iLest très-désavan-tageux de mettre ensemble dans le même fourneau àcharbon ou dans le même appareil de carbonisation,des espèces de bois qui diffèrent essentiellemententre elles par leur organisation et leur systèmefibreux , et qu’il en est de même des bois de mêmeespèce qui n’ont pas subi le même degré de dessic-cation. Si, par exemple, l’on cuit ensemble des boisrésineux et des bois de chêne, hêtre, etc., l’espècede bois qui aura éprouvé le degré de cuisson appropriéà sa nature, soit quant au degré de chaleur, soit quantà la durée du temps, sera celle qui fournira le meil-leur charbon, eu égard à l’espèce; tandis que lesautres bois qui auront été ou trop ou pas assez cuits,donneront un charbon inférieur à celui qu’ils au-ront produit dans une circonstance opposée. Il ar-rive même que des bois ainsi mêlés dans la carbo-