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Tome premier.
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Si la variation de l’intensité de la chaleur dans lacarbonisation ordinaire produit, seule, une si grandedifférence dans la qualité des charbons, il est in-contestable que l’on doit donner la préférence à laméthodfe dàhs laquelle chaque espèce de bois n’é-

f irouve l’action du feu que dans la proportion quini est nécessaire; et cette méthode sera la plus par-fafte lorsque les produits en charbon qu’elle don-nera, seront toujours uniformes quant à la quantité'ét à la qualité : or, il n’y a que la carbonisationdans un appareil bien conçu et bien exécuté quiptiisse atteindre ce but.

,É L’auteur se demande quelle doit être la cons-truction d’un semblable appareil? Il croit queM. dé Zanthier est le premier qui ait tenté unmèyen propre à obtenir les résultats désirés; maisil a été Obligé d’abandonner son entreprise, et lacâïbûnisation artificielle retomba de nouveau dansle néant. Cependant des hommes instruits n’ontcessé de blâmer la carbonisation actuellement enusàge, èt plusieurs oiit proposé des appareils pro-pres à faire de bons charbons, mais qui tous entraî-naient à des frais trop considérables.

La carbonisation du bois est une opération sim-ple, et les moyens de la faire doivent être aussi sim-ples., L’appareil qui opérerait la décomposition dubois par l’applicationdu feu; qui ne laisserait subsisterque des parties débarrassées des substances aqueuseset des substances combustibles grossières ; qui n’o-pérerait cette décomposition que de manière à pro-duire un changement convenable dans le systèmeligfteTfx,'et' ncîn une destruction; qui offrirait'lesmoyens de régler l’introduction de l’air, si néces-saire à l’action du feu, et qui serait construit demanière à pouvoir v faire plusieurs opérations avecle moins de tempset le plus petit nombre d’ouvrierspossible, sans danger pour la construction : un sem-blable appareil serait sans contredit celui qui at-teindrait le plus sûrement le but proposé.

Nous avons vu q,.e ce problème a été résolu enFrance , de manière à ne plus rien laisser à désirer.

Recherches expérimentales sur le bois et le charbon ;par M. le comte de Rumford, lues à l’Institutde France , les 28 septembre et 5 octobre 1812.

M. de Rumford, qui a rendu tant de services auxarts économiques , a fait des expériences, i°. sur lagravité spécifique des parties solides du bois; 2 0 . surles quantités de 6ève et d’air contenues dans les ar-bres et dans les bois secs; 3 °. sur celles contenuesdans les mêmes arbres en hiver et en été; 4°- surles quantités d’eau renfermées dans lesbèis regardéscomme secs; 5 °. sur celles que les bois parfaite-ment séchés peuvent attirer de l’atmosphère; 6°. en-fin sur la carbonisation du bois.

Voici une brève analyse de ses expériences surce dernier objet.

1. Iles quantités relatives de charbon qu’on peutretirer des différentes espèces de bois.

M. de Rumford a fait ses expériences dans depetits bocaux de verre où il avait renfermé des lames

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minces de bois, et qu’il avait exposés pendant deuxou trois jours à la chaleur modérée d’une étuve. Lehaut de chaque bocal était fermé par un obturateurfaisant fonctions de soupape lorsque des fluidesélastiques tendaient à sortir du bocal, et retombantde suite pour empêcher la rentrée de l’air exté-rieur. La quantité de chaque espèce de bois était de10 grammes; l’opération dura quatre-vingt-seizeheures : on la termina lorsqu’on trouva que le poidsdes bocaux n’éprouvait plus de diminution. Voiciles résultats.

100 parties de bois sec ont donné en charbon;savoir,

Peuplier .• . 4 $, 5 j parties.

Tilleul.

Sapin. 44,18

Érable.42,23

Orme. 43,27

Chêne. 43,00

Le terme moyen des six expériences donne 43,33parties de charbon pour 100 parties de bois sec (1).Ainsi, observe l’auteur, la grande uniformité desrésultats comme aliquotes du poids absolu , montrequ’aucune des circonstances qui donnent aux boisdes caractères différens, n’influe sensiblement surles quantités de charbon que donne chacun d’eux;la substance solide est identique dans tous, ou aumoins composée de substances identiques.

L’auteur se demande quelle peut être la matièrequi fait la différence que l’on trouve entre la quan-tité de charbon produite par le bois sec et la quan-tité de ce bois. Il pense que c’est une substance ana-logue à la chair des animaux, qui se sèche et adhéréau bois sec , laquelle ne fournirait point de charbon.Ainsi, dans îoo parties de bois sec, il y aurait :

Charbon . 43,33

Chair végétale sèche. 56,67

100,00

Il faut observer qu’il s’agit de bpis sec , et que lesrapports du charbon au bois ; çhangent si le bois con-tient de l’humidité. L’auteur a établi, par ses expé-riences, que 100 parties de chêne sec, prises en été,contiennent encore 9 parties d’eau : il n’y a donc que91 partiesde bois réel. 11 faut diminuer, dans le rap-port de 100 à 91 , le charbon fourni par ,oo partiesde bois sec, c’est-à-dire le réduire de 43 à 39,i3pour 100; et en hiver, où le, bois contient encoreplus d’eau , là réduction est de 4^ à 33,84 parties décharbon , pour 100 de bois en dpp4rence bien sec. ■

Mais l’auteur a fait connaître aussi que 100 parylies de chêne ordinaire, à briller,, 11e conÇenaiejjtque 76 parties de bois réel. Cptte proportion diminueencore celle du charbon, et la réduit à 32,68 pour100 de bois.

Enfin si on prend ce bois en pleine végétation, ilne donnera que 26,9 parties de charbon pour 100 debois.

( 1 ) MM. Gay-Lussac et Tlie'nard avaient trouve «le 5a à33 parties de carbone dans 100 parties de bois.

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