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Tome premier.
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II. Des quantités de chaleur qui sont développéesdans la combustion des diverses espèces de bois.

L’auteur a choisi des bois déjà très-secs, qu’il a faitdébiter en planchettes de 6 pouces de long sur 6 li-gnes d’épaisseur; il en a fait détacher, au rabot, descopeaux ou rubans d’environ un dixième de ligned’épaisseur sur 6 lignes de largeur et 6 pouces de lon-gueur. Après avoir fait sécher à fond ces rubans, onles a brûlés un à un sous l’ouverture d’un calori-mètre. L’auteur a trouvé que plus le bois était sec,et plus un poids donné de ce combustible fournissaitde chaleur , excepté cependant lorsque le bois ayantété trop fortement chauffé dans une étuve, il avaitsubi un commencement de décomposition.

Il a rassemblé dans un tableau les résultats dequarante-trois expériences faites sur onze espèces debois d’Europe ; mais il serait difficile d’établir, d’a-près ce tableau, une comparaison exacte entre lesbois des différentes espèces, sous le rapport de laquantité respective de chaleur qu’ils dégagent, parceqite les bois comparés n’avaient ni le même poids,ni le même degré de dessiccation, ni l’âge propor-tionnel à la longévité de chaque espèce, et d’ailleursparce qu’on ne connaissait pas les terrains, climatset situations d’où ces bois provenaient ; circons-tances qu’il est indispensable de connaître pour fairedes expériences exactes, et que M. Ilartig a si bienappréciées dans les siennes. V. le mot Bois .

Toutefois, voici les principales conséquences quel’auteur déduit des faits que renferme ce tableau :

D’abord, le squelette des arbres est du charbonpur, et existe tout formé dans le bois. Sans cela,il ne pourrait pas conserver sa forme pendant que lachair végétale qui l’enveloppe est détruite par lefeu dans le procédé de la carbonisation du bois.

Ensuite, a comme cette chair végétale, dit-il,contient de l’hydrogène aussi bien que du carbone ,et brûle à une température plus basse, on peut, enménageant le feu , la brûler entièrement, et la dis-siper sans que le squelette de charbon qu’elle re-couvre soit déformé ni entamé.

» Le charbonnier ne fait guère autre chose quede brûler la chair du bois, pour mettre le squelettede charbon à nu.

» A poids égaux , la chair végétale sèche donneplus de chaleur, dans sa combustion, que le charbonsec.

» Les rubans brunis à l’étuve ont donné moins dechaleur, dans leur combustion, que ceux du mêmebois qui n’avaient pas eu leur chair végétale en-tamée. 33

Le tilleul séché sur un poêle paraît être le boisqui a donné le plus de chaleur. Le résultat moyende deux expériences donne 4o livres d’eau, prise àla glace et rendue bouillante par la combustiond’une livre de ce bois.

Il contenait encore, à l’état de sécheresse danslequel il a été brûLé, 6,977 P our 100 d’eau, qui s’estdissipée lorsqu’on l’a mise à l’étuve. Par conséquent,une livre de ce bois 11e contenait que 0,9302.5 livrede bois sec ; et si cette aliquote de l’unité a chauffé40 livres d’eau, l’unité entière, ou une livre de bois

parfaitement sec, ferait bouillir 43 livres d’eau :c’est le rapport que l’auteur adopte pour expressionmoyenne de la quantité de chaleur qui se développedans la combustion d’une livre de bois parfaitementsec.

L’auteur discute ensuite l’opinion des chimistesqui attribuent toute la chaleur qui se manifeste, dansla combustion des bois, au charbon consumé, sansadmettre le concours de l’hydrogène. Voici com-ment il raisonne.

O11 a vu qu’une livre de tilleul bien sec ne con-tient que 0,4359 de charbon.

D’après les expériences de Crawford, dont les ré-sultats sont confirmés par ceux de l’auteur, une livrede charbon amènerait à l’ébullition 67,608 livresd’eau. Ainsi les o,4359 de livre de charbon que ren-ferme une livre de tilleul, ne pourraient faire bouil-lir que 25 ,1 11 d’eau : or, l’expérience en a donné43 ,141, par conséquent un autre combustible a con-couru avec le charbon; ce ne peut être que l’hv-drogène.

Cependant il faut tenir compte non - seulementdu charbon brûlé dans l’expérience, mais du car-bone qui devait entrer dans la composition de l’a-cide pyro-ligneux, lequel u’yant pas paru en résul-tat, a été brûlé avec tout le reste.

D’ après MM. Gay-Lussac et Thénard, une livrede bois sec contient o, 5 a de livre de carbone.

En suivant l’évaluation de Crawford , on trouveque ces 0,62 de livre de carbone doivent fournir, dansleur combustion, de quoi faire bouillir 29,656 livresd’eau : or, l’expérience a donné 43 ,14 1 i il restedonc 1 3 ,i 85 livres d’eau chauffée à l’ébullition parl’hydrogène brûlé. 11 y a donc un peu plus des deuxtiers de la chaleur produite à attribuer à la combus-tion du carbone, et un peu moins d’un tiers à cellede l’hydrogène.

D’après Crawford, une livre d’hydrogène feraitbouillir 4 io livres d’eau; ainsi les i 3 ,i 85 livresd’eau chauffée, dans l’expérience, par l’hydrogène ,ont dû en consommer 0,352 de livre : c’est la quan-tité d’hydrogène libre et combustible qui se trouvedans une livre de bois sec.

Voici donc, d’après l’auteur, la proportion desingrédiens d’une livre de bois sec :

D’abord , deux ingrédiens intégrans; savoir, un

squelette de charbon pesant. 0,43 liv.

Chair végétale qui le recouvre. . . °,57

1,00

Les parties constituantes de ces o ) 5 j de chair vé-gétale seraient :

Carbone libre et combustible. . . . 0,009 liv.

Hydrogène libre et combustible.. . o,o 35

Hydrogène et oxygène, dans les pro-portions qui constituent l’eau. 0,443

0,57

Ces estimations sont fondées sur la proportion decarbone dans le bois sec, assignée par MM. Gay-Lussac et Thénard, et sur la supposition que 43 pour100 de charbon trouvés par l’auteur dans le bois sec,sont du carbone pur. Si on découvre ensuite d’une