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manière certaine les proportions du carbone dans lecharbon, on modifiera ces évaluations en consé-quence.
III. De la quantité de chaleur qui est perdue dansla carbonisation des bois.
Les expériences de l’auteur conduisent naturelle-ment à une estimation exacte de la quantité de cha-leur qui se perd dans le procédé ordinaire de lacarbonisation. Voici comment il déduit cette con-séquence.
Il résulte de tout ce qui a précédé qu’une livrede charbon sec amènerait à l’ébullition 57,608 li-vres d’eau, et qu’une livre de bois sec contient0,4333 de livre de charbon. Donc le charbon qui setrouve dans une livre de bois sec doit amener à l’é-bullition seulement 24,ç58 livres d’eau.
L’expérience citée montre qu’une livre de ce boisfait bouillir 43 ,i 43 livres d’eau. Ces deux nombressont dans la proportion de 100 à 57,849 : d’où ilsuit que la perte inévitable, dans la carbonisation dubois, est de plus de 4 2 pour 100 de la quantité totalequ’aurait fournie ce bois , dans le cas le plus favo-rable , celui où le bois est carbonisé avec la plusgrande économie possible.
Mais il n’en est pas ainsi dans le procédé ordi-naire du charbonnier : son produit est difficile à ap-précier , parce que sans doute il est variable.M. Proust estime, au plus haut, qu’on retire encharbon dans les forêts 20 pour 100 du poids dubois.
Or, une livre de bois des forêts ne contient que0,76 de livre de bois parfaitement sec, et cette ali—quote ne ferait bouillir que 32,048 livres d’eau.
Mais les 0,20 de livre de charbon que donne unelivre de bois dans le procédé ordinaire, ne peuventrendre bouillante que 1 i, 52 t livres d’eau; et commeles nombres 3 ?,o 43 et 1 i, 52 i sont à très-peu prèsdans la proportion de 100 à 36 , il parait que laperte de chaleur, dans le procédé ordinaire , est de64 pour 100.
Un fait très-importantponrl’économie domestiqueest établi par cette recherche ; savoir, que tout lecharbon provenant de la carbonisation de 3 livresd’une espèce quelconque de bois, ne donne guèreplus de chaleur, dans sa combustion, qu’une livre decette meme espèce de bois n’en fournit lorsqu’il estbrûlé dans Vétat ligneux.
Ainsi il y a perte des deux tiers à faire carboniserle bois; ainsi, toutes les fois qu’on pourra employerle bois dans son état ligneux, au lieu de le réduireen charbon, on profitera, dans cette proportion, de lachaleur perdue par la carbonisation; ainsi, les ba-bitans voisins des forêts et tous ceux auxquels lebois arrive sans frais notables de transport, ont ungrand avantage à faire cuire leurs alimens avec dubois, si d’ailleurs leurs cheminées sont disposées demanière à ne pas laisser perdre plus de chaleur qu’ilne s’en perd dans les fourneaux de cuisine où sebrûle le charbon ; ainsi enfin , on ne doit rien né-gliger pour rendre facile et peu dispendieux le trans-port du bois, dont la difficulté est une des pre-mières causes qui font réduire en charbon tant de
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stères de bois qui seraient employés bien plus avan-tageusement dans l’état naturel.
CHARBONNIÈRE. On appelle ainsi le lieu oùl’on fait du charbon dans les bois, et l’on donneégalement ce nom à un fourneau de nouvelle inven-tion , qui sert à la carbonisation du bois. V. Charbon.
CHARGE. Ce motvient de carras, char. Il signi-fie un faix, un fardeau, ce que peut porter une per-sonne, un animal, une voiture, etc. Les amendesforestières sont, dans plusieurs cas, déterminées parla charge de bois de délit, et d’autres objets qu’onemporte des forêts. V. Amende.
On appelait aussi du nom de charges des mesu-res employées dans le commerce de bois , et qui ontété supprimées par l’art. i 5 du tit. XXVII de l’or-donnance de 1669. C’est de là que l’on dit encoreune charge de cotrets, une charge de fagots , quiest de dix-huit ou vingt, et ce qu’un crocheteur peutporter.
Une charge de charbon contenait 2 mines.
La charge d’un mulet est de 4 quintaux, ou 400 liv.pesant.
La charge de Marseille et d’Arles était du poidsde 3 oo livres; celle de Saint-Gilles, de 18 à 20 pour100 plus grande; celle de Tarascon , de 2 pour 100plus faible que celle d’Arles; celle de Toulon , de3 setiers du pays; chaque setier contenait une hé-mine et demie , et était égal à celui de Paris . V. Boisde chauffage.
Charges. (Econ. polit.) Ce mol s’emploie au figurépour signifier les dépenses de l’état, les offices pourlesquels on payait une finance ou un droit, les fonc-tions onéreuses, etc.
11 signifie aussi les conditions onéreuses imposéesà un adjudicataire , dans le cahier qui contient lesclauses du marché. V. Cahier des charges.
Charges dans les maîtrises. V. Offices.
Charges publiques. Ce sont les impositions, lesdroits à payer à l’état, le logement des troupes, etc.
Les officiers des maîtrises jouissaient de plusieursexemptions à cet égard. V. le tit. II de l’ordonnancede 1669, et les arrêts rapportés dans le Dictionnairede Chailland , aux mots Charges publiques.
Aujourd’hui il n’y a plus d’exemptions, soit parrapport aux personnes, soit par rapport aux emplois.
CHARME, carpinus. Genre d’arbres de la mo-nœcie polyandrie, et de la famille des amentacées.
Dénomination. — Il se nomme en italien carpinoou carpine, en allemand hainbûche, en anglais hom-beam.
Histoire .— La dénomination latine carpinus vientd’un usage particulier qu’on faisait du bois de cet arbrechez les Latins; on l’employait à faire une sorte de cha-riot qu’ils appelaient carpentum , et que les Suédoisappellent encore karm. Les Grecs lui donnaient aussile nom de zugia, joug , parce que son bois était pro-pre à faire les jougs pour atteler les bœufs et leschevaux, dénomination qui, au surplus, s’appliquaitégalement à l’érable, parce que les anciens regar-daient le charme comme appartenant au genre desérables. Voici ce que dit Vitruve , en parlant ducharme, liv. Il, chap. IX : Carpinus habet utilissi-mam tractabilitatem : itaque Grceci quàd ex eâ ma-teriâ juga jumentis comparant, et quàd apud eos
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