Band 
Tome premier.
Seite
581
JPEG-Download
 

CH A

CHA 581

frappant sur l’arbre avec une longue perche, et en la.faisant recevoir dans un drap tendu par quatre hom-mes , qui suivent la projection de la graine.

Conservation de la semence. — Lorsqu’elle est ré-coltée, on la porte sur un plancher aéré, pour la lairesécher, et si on veut l’avoir pure , on la bat sur uneaire à grange , et on la vanne pour la débarrasser deses ailes. Il faut ordinairement 11 décal. de semencesavec leurs ailes ou capsules , pour donner un décal.de semences pures; 2 décal. de semences non éplu-chées pour un kilogr. de semences pures, et enfinun décal. de ces dernières pour 5 kilogr. pesant.Quand oh ne peut faire les semis en automne, onconserve la graine pendant l’hiver, en la mettantavec du sable fin dans des tonneaux, que l’on ga-rantit de l’huinidité et de la gelée.

Epreuve de la semence. — On ouvre plusieursgraines jour voir si elles contiennent une amande ,et lorsqu’elle existe , on peut les regarder commebonnes , à moins pourtant qu’elles ne soient tropvieilles.

Quantités de semence à employer. — Ces quan-tités varient suivant la qualité des terrains, la ma-nière de semer et le plus ou moins de danger qu’011a à redouter de la part des mulots et autres quadru-pèdes rongeurs, qui sont très-friands des graines decharme. Mais abstraction faite de cette dernière cir-constance , il faut par hectare; savoir , i u . dans lesbons terrains et lorsqu’on sème en plein, 48 kilogr.ou 96 décal. de semences non épluchées ; ou bien36 kilogr. ou 8 décal. de semences pures; a°. dansles terrains moins favorables, et aussi pour les se-mis en plein, 5 i kilogr. ou 120 décal. de semencesnon épluchées, ou bien 48 kilogr. ou 1 o décal. ce se-mences pures ; 3 °. lorsqu’on sème en rayons, lesdeux tiers des quantités ci-dessus suivant les ter-rains.

Manière de recouvrir la semence. — On ne doitpas enterrer les semences de plus de 4 à 5 lignes.

Terrains , situations et climats. — Le charme seplaît dans les terrains argileux mêlés A" 1 humus , depetites pierres ou de sable et un peu frais ; il aimeles terres calcaires qui ont de la fraîcheur; mais ilvient aussi dans les mauvais terrains, dans les fondshumides , et dans les endroits où beaucoup d’autresarbres 11e profiteraient point ; néanmoins il ne donneque de faibles pousses dans les argiles compactes etdans les lieux arides. Il croît à merveille dans lesplaines, sur les coteaux et les montagnes de moyenneélévation, et on peut le cultiver avec fruit dans lesclimats froids, et par-tout où les récoltes de grainspourront avoir lieu. Il s’accommode de toutes lesexpositions, résiste aux plus grands vents, et pro-file toujours malgré les chocs qu’il en reçoit. C’estun des arbres forestiers qui souffrent le moins duhrout des bestiaux.

Semis à demeure. — Le charme se sème en au-tomne ou au printemps. Dans le premier cas, illève quelques plants au printemps suivant; le restede la semence reste en terre encore pendant un an ;dans le second , elle lève au bout d’un an ; les plantsse montrent avec deux feuilles séminales lancéolées,fermes et luisantes. Il leur faut de l’ombre et de la

fraîcheur ; cependant une ombre permanente les faitpérir en grande partie la première année.

11 y a plusieurs manières d’effectuer les semis ,suivant la disposition des terrains, les voici :

r°. Lorsque le terrain à semer est en nature deterre labourable, on répand la semence à la surfaceavec du seigle ou de l’avoine; et on fait herser lesemis de manière à enterrer la graine du charme àla profondeur ordinaire à laquelle on enterre le sei-gle. De cette manière, on peut sans nuire à la cul-ture du charme, faire une assez bonne récolte degrains.

2°. Si le terrain est un champ anciennement cul-tivé, ou disposé de telle manière que la herse de fermisse enterrer la semence , on la répandra à la sur-ace , après quoi on fera passer plusieurs fois la herseen sens croisé ; puis, si on en a la possibilité , on feramarcher sur l’emplacement un troupeau de vachesou dé moutons , pour achever d’enterrer la semence,et on mettra le semis en défends.

3 °. Quand la surface du terrain ne peut être en-tamée par la herse, mais qu’on peut y suppléer parl’extraction de la bruyère ou de la mousse qui le re-couvre , on commence par répandre de la semenceépluchée sur le terrain tel qu’il est, et ensuite onfait arracher les bruyères et autres arbustes qui lerecouvrent. La semence s’enterrera par cette opéra-tion et par le piétinement des ouvriers. Mais si lasemence n’était point épluchée , il ne faudrait la ré-pandre qu’après l’extraction de la bruyère et de lamousse ; car autrement elle s’attacherait à ces plan-tes et serait emportée avec elles. 11 est très-avanta-geux, lorsqu’on le peut, de faire marcher ensuitesur tout le terrain ainsi semé des vaches ou desmoutons en troupeau serré, et plusieurs fois desuite. Mais si on n’avait point cette ressource, onferait traîner en tous sens des fagots de branchesd’arbres, qui, par leur poids et leur disposition ,fussent capables de gratter fortement la terre.

4°. Dulin si le terrain se refusait à tous les moyensde culture ci-dessus , on le labourerait à la pioche ouà la houe, par places de 2 pieds carrés, à une dis-tance égale , et disposées en damier ou par bandesde 2 pieds de largeur, et à 3 pieds de distance entreelles ; après quoi, on ameublirait la terre de cesbandes ou places cultivées, et on y répandrait lasemence, qu’on enterrerait avec des râteaux de fer,à 5 ou 6 lignes de profondeur seulement.

Entretien. — Ces semis n’ont pas besoin de beau-coup de façons, on les sarcle et on les bine pendantun ou deux ans, et s’ils sont trop épais on leséclaircit.

Plantation en taillis. — Le charme se plante, à lafin de l’automne, avec d’autres essences: |>our for-mer un taillis , on emploie des plants de deux àtrois ans, auxquels on conserve toute leur tète, etdont on ménage les racines le plus possible. La pré-paration du terrain , la distance à mettre entre lesplants, et les soins de l’entretien , sont les mêmesque pour le chêne; c’est-à-dire que l’on plante soitsur un labour plain , soit sur des bandes cultivéesalternativement, soit par places disposées en damier,et toujours dans des trous de 6 à 8 pouces de lar-geur et autant de profondeur, distans de 3 pieds