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Tome premier.
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en tous sens, et dans lesquels on met deux plants ,un fort et un faible , que l’on bine l’année suivante.Le brout dos bestiaux n’est pas aussi nuisible auxplantations de charme, qu’à celles des autres arbres;cependant il faut les en garantir. Lorsque le charmeest placé dans un sol aride , sur-tout s’il est forte-ment argileux , il languit d’abord pendant quelquesannées; mais il finit ordinairement par prendre ledessus. On hâte ce moment en le rabattant à deuxou trois ans , parce que cette opération donne auxracines le moyen de se fortifier de toute la sèvequ’elles auraient portée aux branches dans les pre Tmiers jours du printemps, et ensuite de pousser desjets garnis de larges feuilles , qui fournissent aussipendant l’été une augmentation de nourriture auxmêmes racines. La première coupe peut avoir lieu àdix ans et au-delà ; les autres suivent l’aménage-ment de la forêt.

Le charme se multiplie aussi de couchages, quel’on fait pendant l’hiver pour regarnir les vides depeu d’étendue.

Semis et plantation en pépinière. — Lorsqu’onveut avoir de beaux plants de charme pour en for-mer des palissades, on doit établir une pépinière,parce que ceux qu’on tire des forêts sont souventmal conformés , et que l’extraction qu’on en faitdans un terrain dur , mutile et écourte ses racines ;ce qui en fait périr beaucoup à la transplantation.On choisit un terrain frais et ombragé , que l’oncultive et ameublit convenablement, et on y sèmede la graine qu’on enterre avec un râteau de fer ,comme on vient de le dire plus haut. Ces semisn’exigent d’autres soins que d’être arrosés et sarclésà propos. A deux ou trois ans, les jeunes plants se-ront en état d’être mis en pépinière. En les trans-plantant , il faut bien se garder de les étêter et d’en-dommager leurs racines ; on les espace plus oumoins, suivant l’usage auquel ou les destine. S’ilssont rapprochés, ils s’élèveront davantage et sesoutiendront mutuellement, et d’ailleurs on pourratoujours les éclaircir à volonté; si au contraire onlaisse entre eux une certaine distance, ayant alorsplus d’air, et leurs racines pouvant s’étendre beau-coup plus, ils deviendront plus robustes et plusforts. Mais en général quand ils ont trois ans,époque à laquelle ils ont acquis un à 2 pieds de hau-teur, on les place à un pied ou 1 b pouces dans la pé-pinière.

Plantations des charmilles. — Cette plantation sefait avec du plant de trois à quatre ans, ou avec duplant de six à sept ans, les uns et les autres taillésen crochets : la première manière est plus sûre etmoins coûteuse ; la seconde donne des jouissancesplus promptes. Dans l’un et l’autre cas, on fait destranchées un ou deux mois à l’avance, et d’autantplus profondes et plus larges que le plant est plusfort ; savoir, 7x8 pouces au moins pour le petit plant,et,un pied pour le gros. Le plant mis en terre dansun alignement rigoureux et à une distance de 6 à8 pouces, même à un pied , si la charmille doit êtretenue haute , sera abandonné à lui-même la pre-mière année. Seulement ou redressera avec des per-ches attachées à des piquets celui qui tenterait des’écarter de la perpendiculaire. La seconde année ,

on donnera quelques coups de croissant ou de ciseaupour arrêter les tiges qui s’élèveraient ou les bran-ches qui s’allongeraient trop , et on remplacera lespieds qui auraient pu manquer. La troisième année,on pourra déjà faire une tonte générale aux grandsplants, et la cinquième, aux petits; après quoi, onles conduira comme charmille faite. JVI. Bosc , dontje retrace ici les principes sur la plantation et laconduite, des charmilles, conseille, lorsqu’on veutfaire monter ces charmilles à plus de 8 à i o pieds, quiest la hauteur la plus ordinaire, de différer la tonted’un ou dedeuxans; etdansle cas au contraire où ouvoudrait qu’elles n’eussent que 2 à 3 pieds, de lestailler dès la seconde pousse.

De la conduite des charmilles. — La tonte descharmilles dans les jardins dits français , où ellessont si multipliées, se fait une ou deux fois dans l’an-née. M. Bosc conseille de ne la faire qu’une fois,au milieu de l’été, entre les deux sèves , parrce qu’àl’automne, les branches coupées pousseront de nou-velles brindilles latérales, qui épaissiront d’autantla palissade ; tandis que si on la coupe deux foisdans le fort des deux sèves, comme cela se pratique,la végétation souffre , et par la déperdition de lasève qui a lieu par les plaies, et par la diminutiondes feuilles, qui, comme on le sait,nourrissent autantl’arbre que les racines. D’un autre côté, les deuxtontes sont plus coûteuses, et ont l’inconvénient depriver la charmille d’une partie de ses feuilles, etde présenter à l’œil une nudité qui approche de cellede l’hiver. Quoi qu’il en soit, la tonte de la char-mille doit être aussi rapprochée que possible dutronc ; il faut que toutes les brindilles saillantes dis-paraissent sous le croissant ou le ciseau ; c’est-à-dire qu’on voie à nu l’espèce de têtard qui a étéformé par les tontes précédentes, à l’extrémité desrameaux qui sortent immédiatement du tronc del’arbre ; il laut de plus qu’il y ait une telle unifor-mité dans ce travail, qu’il n’offre ni saillie ni enfon-cementdans toute la longueur de lapalissade, et quele tout soit d’un niveau parfait.

Quant à l’épaisseur à donner à une charmille ,elle dépend de sa hauteur. En général , on donne8 à 1 o pouces d’épaisseu r aux palissades les plus ordi-naires,qui n’ont que 8 à 10 pieds de haut; cependanton leur donne quelquefois jusqu’à 2 pieds d’épais-seur.

Il y a deux manières de rajeunir une charmilledevenue trop vieille ou négligée pendant plusieursannées : la première est de couper toutes ses bran-ches et sa tête , pour lui faire pousser de nouveauxrameaux, que l’on tond lorsqu’ils ont acquis la gran-deur et la grosseur convenables ; la seconde , de lacouper rez terre , et de conduire ses rejets commedu nouveau plant Mais comme ces moyens ne réus-sissent pas toujours, et qu’il v en a souvent quine re-poussent pas ou qui repoussent mal, beaucoup dejardiniers préfèrent replanter à neuf. Dans ce cas,il faut renouveler la terre, qui est épuisée, et pourcet effet ouvrir de grandes tranchées de 3 à 4 pieds ,et y apporter de la nouvelle terre.

Quoique les détails ci-dessus appartiennent plusà l’art du jardinier, qu’à celui du forestier, ils nepeuvent être déplacés ici d’après la règle : Qitod