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abundat, non viciât, et d’ailleurs parce qu’il existedes charmilles dans les parcs de chasse et autres,dont les forestiers ont quelquefois la surveillance etla direction.
Exploitation. — Cet arbre s’exploite de toutes lesmanières , en futaie, en taillis et par émondes.
Exploitation en futaie. — Le charme s’exploitecomme futaie lorsqu’il est mêlé au chêne et auhêtre, et situé dans de bons terrains. Il acquiert, enquatre-vingt-dix et cent vingt ans , toutes les quali-tés qui en rendent l’exploitation avantageuse ; maisil peut vivre un bien plus grand nombre d’années,trois cents ans, par exemple. M. Hartig dit en avoirfait couper qui avaient cent cinquante ans , quiétaient parfaitement sains , et qui contenaient ensolidité réelle plus de i oo pieds cubes de bois ; ce-pendant il a remarqué que dans les massifs des fu-taies , sa croissance se ralentissait sensiblement aprèsquatre-vingt-dix ans, et que le hêtre, avec lequel ilse trouvait mêlé, prenait alors le dessus, et le do-minait d’une manière nuisible.
Exploitation en taillis. — Le charme convientbeaucoup en taillis, parce qu’il repousse bien desouche jusqu’à quarante et soixante ans , et qu’ilfo lirait une grande quantité de rejets forts et vigou-reux , qui rendent les taillis épais et serrés. On i’ex-ploite de dix à quinze ans pour le fagotage, et devingt à trente ans comme gaulis. Le plus haut termeauquel on puisse en espérer un recru passable, estde quatre-vingts à cent ans. Mais c’est à vingtans qu’il donne les produits les plus avantageux ,parce qu’après cette époque sa croissance commenceordinairement à se ralentir.
M. de Perthuis a comparé le produit de cette es-sence de bois avec celui du chêne, et il a trouvé ,i°. qu’à quinze ans, toutes choses égales d’ailleurs,un arpent de charme a plus de valeur commercialequ’un arpent de chêne; a°. qu’à vingt-cinq ans, unarpent de chêne vaut mieux que centsoixante-quinzeperches de charme; 3 °. qu’à soixante-dix ans, unarpent de chêne vaut 4 arpens de charme. 11 en con-clut que le charme est une espèce à éliminer des boiscomme dangereuse pour les autres arbres, et commen’étant que d’une utilité qui peut toujours être rem-placée par d’autres espèces. Pour cet effet, il con-seille de ne point conserver de baliveaux dé ch arme,et même d’en arracher les souches lors des exploita-tions , pour les remplacer par des semis ou des plan-tations de chêne. Je conviens que le chêne est beau-coup plus utile, mais il est plus difficile sur les ter-rains, et on ne doit faire la guerre au charme quelorsque sa présence dans les bons terrains contrariela croissance du chêne , comme futaie ou haut tail-lis. Dans le cas contraire, et sur-tout quand on ex-ploite à quinze ou vingt ans, le charme donnera desproduits utiles.
Exploitation par émondes. — Les charmes qui setrouvent dans les haies , sur les bords des héritages,sur les limites des forêts, et ceux qu’on plante dansquelques pays comme têtards à i5 ou 16 pieds dedistance, s’émondent tous les dix à douze ans, etdonnent ainsi du rondin et des fagots.
Qualités et usages. —Le bois du charme est blanc,dur, pesant , tenace et d’un grain serré; mais son
poli est mat. Il est peu employé dans les grandesconstructions, parce que rarement il se présentedans des formes et des dimensions convenables, etque d’un autre côté il n’est pas d’une très-longueduréecommebois de charpente. Varennes de Fenilledit qu’il a aussi l’inconvénient de faire beaucoup deretraite par la dessiccation, et de perdre au-delà duquart de son volume. Les expériences des auteursallemands établissent au contraire qu’il fait beau-coup moins de retraite que le chêne et le hêtre, etqu’il perd également moins de son poids par le des-sèchement. V. mon article sur la pesanteur spécifi-que des bois , au mot Bois , t. I, p. 4 i 5 .
« Il est excellent, ajoute Varennes de Fenille,pour les pièces de charronnage rustique qui exigentde la force. On ne doit l’employer que très-sec,pour que l’ouvrage soit solide; mais comme il estalors excessivement dur , les ouvriers n’attendentpas qu’il ait acquis le degré de siccité convenable.
» Rarement, le tronc du charme est bien filé,plus rarement encore il est bien arrondi. La contex-ture de ses fibres est singulière : ses couches an-nuelles ne suivent pas une ligne uniformément cir-culaire comme celle des autres arbres; les couchesdu charme sont ondulées et en zigzag, et ses fibrestransversales, qui vont de la circonférence au cen-tre , plus largement prononcées, laissent entre ellesplus d’intervalle que l’on n’en observe dans la plupartdes autres bois.
ii Le charme est conséquemment difficile à tra-vailler ; il est rebours ; il se lève par esquilles sousl’outil, ce que l’ouvrier appelle être teilleux. Maissi ses fibres conlranchées , et si sa tendance à faireretraite le rendent peu propre aux ouvrages de me-nuiserie , elles le rendent supérieur à tous les autresbois pour en construire des masses , des maillets ettous ies instrumens qui doivent, ou frapper un grandcoup , ou opposer une forte résistance.
53 Ce bois enfin est plus utile qu’agréable, n’en-tre gut-re dans l’enceinte des villes que pour y êtreconsumé; et quoiqu’un peu moins dense que lehêtre, il dure davantage au feu. n
Ce bois pèse par pied cube , d’après la moyenneproportionnelle tirée des expériences d’un grandnombre d’auteurs; savoir ,
Vert. 64 liv.
A demi sec. 5 y 11
Sec. 5 i liv. 11 onc.
Sa force est considérable, ainsi que le démontrentles expériences de Varennes de Fenille; car une solivede 2 pouces d’équarrissage, sur 7 pieds 8 pouces delong, asupporté, avantdese rompre,228 livres; tan-dis que le frêne 11’a supporté que 200 livres; le bouleau190 livres, le chêne i 85 livres, le hêtre i 65 livres,et les autres bois beaucoup moins encore; mais il n’apas beaucoup d’élasticité, n’ayant fléchi, avant de serompre, que de 10 deg'., tandis que le frêne a fléchide plus de 21 deg., le bouleau de 19 , le peuplierd’Italie de 17, le peuplier blanc de 16, le chênede 12, etc.
On emploie le bois de charme à faire des roues demoulins , des poulies , des leviers , des manchesd’outils , des fléaux pour le battage des grains , des