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Tome premier.
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maillets , des coins , enfin des ouvrages de charron-nage, de menuiserie et de tour.

Il est au premier rang comme bois de chauffage ;il s’allume facilement, donne un feu très-vif, uni-forme , brillant, et qui s’entretient bien ; sa flammene pétille point comme dans le chêne ; il fumetrès-peu ; ses charbons restent long-temps enflam-més, et en général il procure une chsleur forte etde longue durée, qui 1 .* rend très-propre au chauf-fage des apparlcmens. Sa valeur, sous ce>rapport età solidité égale , dépasse celle du hêtre ; elle est àcelle-ci comine i 655 est à i 54 o. Mais comine cebois s’arrange moins bien dans la corde , et ne pré-sente pas, à mesureégale, une solidité pareille, il enrésulte qu’une corde de bois de charme ne vaut pasordinairement une corde de bois de hêtre: sa valeurn’est plus alors que dans les rapports de i486 à i 54 o.

Le charbon du bois do charme est excellent pourles forges, la cuisine et la fabrication de la poudre àcanon. O11 le préfère , dit-on, à tout autre dans lapoudrière de Berne , l’une des plus célèbres dumonde. Sa valeur est à celle du charbon de hêtrecomme 1684 est à 1600.

Les feuilles du charme, employées vertes ou fa-nées au soleil , sont un bon fourrage pour les chè-vres , les brebis et les vaches. Jatrsqu’on veut lesgarder pendant l’hiver, on coupe les rameaux au mi -lieu de l’été , entre les deux sèves ; on les fait sécheret on les entasse dans des greniers complètement àl’abri de la pluie, car elles se moisissent très-facile-ment. Cette opération, qui nuit tant à la plupart desautres arbres , ne produit sur le charme d’autre effetque celui de ralentir sa croissance.

Quand on entaille le charme auprintemps, il suintede la plaie une grande quantité d’eau. Quelquefoison voit sortir des gerçures de l’écorce , sous la formede filainens, une substance gommeuse, rougeâtre ,soluble dans l’esprit de vin , et analogue à la laque.Le liber donne une teinture jaune: on dit que l’é-corce peut, ainsi que celle du hêtre, s’employer dansles tanneries.

Nous avons dit que cet arbre était le plus propreà la décoration des jardins français , où l’on en faitdes palissades, des portiques, des labyrinthes ettoutes sortes d’orne mens qui exigent la taille du ci-seau et du croissant. On en fait aussi d’excellenteshaies.

Son feuillage n’est point attaqué par les insectes ,mais les jeunes tiges trouvent un ennemi redouta-ble. dans les souris, qui en rongent l’écorce , soitdans terre, soit hors de terre, et qui font quelquefoispérir des pLantations tout entières. Cet accident n’apas lieu sur les tiges plus fortes et dont l’écorce aplus de durèté, et il se borne ordinairement auxjeunes brins de la grosseur du doigt.

Le charme commun présente deux variétés, l’une,dont les feuilles sont panachées, l’autre, dont lesfeuilles, ou plutôt quelques-unes des feuilles, sontfortement et inégalement dentées. Cette dernières’appelle vulgairement charme à feuilles de ,chêne.On les multiplie par la greffe.

Dispositions réglementaires. — Le charme ne peutêtre rangé dans la classe des morts bois : c’est ce quedécidentformellement les arrêts du conseil,des 10 sep-

tembre 1748 et 14 juillet 1700. L’amende pûurcha-que pied de tour de charme coupé en délit est de 2fr. 5 o c. ( Ord. de 1669, fit. JLKX 1 I , art. 1.)

V oici la description des autres espèces de charmeque l’on cultive dans quelques jardins et pépinières.

Le Chaume du Levant est une espèce qui nousvient de la Turquie d’Asie 5 elle ne s’élève qu’â 18ou 20 pieds ; elle a une forme irrégulière , un tronctortueux, très-chargé de nœuds et revêtu d’nneécorce brune, des rameaux fort rapprochés, des feuil-les plus petites, plus lisses et moins plissées que lecharme commun , et des fruits aussi plus petits. Lesécailles qui aicompagnent ces fruits, au lieu d’êtreà trois divisions, sont entières, anguleuses et den-tées dans leur .contour. Cet arbre, tjui ne présenterien de remarquable , se multiplie par la greffe surl’espèce commune; il est nu pemdensible à la geléedans sa jeunesse.

Le C11 arme-houblon , dont M. Michaux donneune description détaillée dans son Histoire des arbresforestiers de /’Amérique septentrionale , est, suivantcet auteur, très-multiplié dans la partie des Etats-Unis située à l’est du Mississipi , dans les provincesde la Nouvelle-Ecosse, et dans le Bas-Canada . 11 neparvient généralement qu’à la hauteur de 18 à 20pieds, quoiqu’on en trouve quelquefois des individusqui ont de 35 à 4 o pieds.sur 12 à 1 5 pouces de diamètre.Le charme-houblon ne se rencontre que dans les en-droits dont le sol est constamment frais , fertile etombragé. IL a les feuilles ovales-acuminées, fine-ment dentées dans leur contour, mais d’une manièreinégale ; les fleurs mâles disposées eu chatons pen-dans et lasciculées; les fruits très-semblables â ceuxdu houblon , et se composant de plusieurs petitesvésicules ovales , de couleur rousse , attachées surunpédiculecommun, et.contenant, chacune, unepe-tite graine noirâtre et très-dure. Cet arbre se recon-naît très-iacilement, pendant l’hiver, à son écorcetrès-unie, grisâtre, fendillée très-finement et sedétachant, naturellement en petites lanièi'es très-étroites.

Le bois du charme-houblon est très-blanc , d’ungrain fin et très-serré; ce qui lo rend fort èoinpacteet fort pesant. Le rapprochement des couches con-centriques indique qu’il croit lentement ; le petitdiamètre auquel il parvient est cause du peu d’u-sage qu’on en fait, quoique les noms qu’on lui donne,dans le pays, de bois de fer, de bois à levier et debois dur, attestent suffisamment ses bonnes qualités.

Le charme-houblon vient très-bien en France , etil existe, ainsi que M. Michaux le dit dans son ou-vrage, et que je l’ai vu moi-même en i8od, dans lesanciennes possessions de Duhamel-Dunioncean, plu-sieurs individus de u 5 â 20 pieds, qui fructifient tonsles ans, et dont les semences répandues naturelle-ment produisent des plants. Cet arbre mérite, à causede l’extrême dureté de son bois, d’être propagé dansnos forêts.

Le charme-houblon croit aussi en Italie .

Le Charme d'Amérique est, suivant M. Mi-chaux , fort commun dans le New-Jersey ', la Pensyl-vanie et la Virginie. Il est peu d’expositions et deterrains qui ne lui conviennent ; sa hauteur la plusordinaire n’est que de 12 à i 5 pieds. Sas feuilles