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Tome premier.
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était, vis-à-vis des autres puissances européennes ,dans un état dinfériorité alarmant sous le rapportdes forêts : de , encore un coup , ces soins presquereligieux, dont lexcès révélait une grande nécessité,un immense besoin ; aussi, vous a-t-on entendu ,génie célèbre, grand ministre du grand Roi, immor-tel Colbert , dont tous les systèmes nont pas encoredétrôné la gloire administrative , prédire que laFrance périrait faute de forêts ! Vous étiez loin , àcôté de votre maître , et devant lespérance de sanombreuse famille , qui promettait de perpétuer surson trône les principes de son administration ; vousétiez loin de prévoir quun jour, à une époquedéjà auraient disparu trois millions darpens de bois,cest-à-dire presque la moitié de ce que vous jugiezinsuffisant pour la conservation , je ne dis pas pourla prospérité de la France , on proposerait au petit-fils de Louis XIV une expérience financière auxdépens de plus du tiers de ce qui nous reste ! »Lorateur sattache à démontrer que lintérêt privéne suffit pas pour conserver et améliorer les bois ,et quà cet égard ce qui est vrai pour tous les au-tres genres de domaines, est faux pour les forêts; etquand il serait vrai, dit-il, que les acquéreurs con-serveraient les bois, et ne les convertiraient pas enterres arables, il resterait toujours pour constantque ces bois donneraient des produits en matièrebeaucoup moins précieux pour la société , que lesforêts possédées par le gouvernement, parce que lesnouveaux propriétaires ne pourraient conserver lesystème daménagement qui leur convient.

La loi contre laquelle ce discours était prononcé,fut également attaquée par plusieurs autres orateurs,et le rapport en fut prononcé par celle du 20 mars

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Mais , en 1817 , une nouvelle proposition dalié-nation fut faite, et donna lieu à de nouveaux débats.

M. le comte Dijon, député de Lot-et-Garonne , etlun des plus grands propriétaires de bois , démon-tra, par des calculs que lui fournit sa propre expé-rience , que le gouvernement peut seul attendrela révolution fixée pour lexploitation des futaies.

M. Falatien, député des Vosges , exposa que laFrance , peu riche en mines de houille , na réelle-ment de ressources que dans le bois ; que ce der-nier combustible est le seul quon emploie, enFrance , pour convertir le minerai en fer ; que lesbesoins de la marine et des constructions en géné-ral réclament le secours continuel de nos forêts ;que la liberté accordée par la loi aux propriétairesparticuliers de disposer de leurs bois, suivant leurvolonté, ne permet pas de penser quils simpose-ront des privations contraires à leurs intérêts , etquils attendront, par conséquent, lâge nécessairepour la croissance des arbres. Les bois possédés parles particuliers verront donc disparaître leurs fu-taies , et tous ceux qui seront aliénés par létatéprouveront le même sort, en même temps quelordre des aménagemens sera totalement interverti;

« Mais, ajouta-t-il, le produit de cette aliénationsera-t-il assez avantageux pour en compenser les in-convéniens? Dabord il est difficile despérer que laconcurrence puisse opérer une certaine chaleur den-chères. Les forêts sont une nature de propriété qui

ne convient quaux grandes fortunes, et encore neserait-ce que parmi les capitalistes quon pourraittrouver des acquéreurs ; car un propriétaire ne pour-rait faire de nouvelles acquisitions quen vendantses propriétés , et cest une hypothèse quon ne peutadmettre. Les départemens qui possèdent le plus deforêts, offrent fort peu de capitalistes en état defaire de telles accquisitions ; ce seront donc les capi-talistes des grandes villes, ou plutôt des compagniesqui se présenteront ; il y aura fort peu de concur-rence pour acheter, le prix sera nécessairement mo-dique, et à coup sûr tel , que la jouissance précocefera bientôt rentrer les acquéreurs dans leurs avan-ces....

» On a voulu établir , par des calculs arithmé-tiques, que le revenu actuel des bois est au-dessousde celui quon pourrait obtenir du produit de lavente. Mais cest ici quil faut faire lapplicationdes considérations dun autre ordre que celles ducalcul des particuliers. Les bois fussent-ils unecharge pour létat , létat devrait encore les conser-ver comme une charge indispensable , utile à lasociété entière et à létat lui-même. Mais ils sontloin dêtre une charge, et leur conservation offrira,dans lavenir , la ressource la plus précieuse pournos finances.

» Mais le produit de cette vente est, dit-on ,destiné à lamortissement de la dette publique. Jene puis voir le système damortissement dans lalié-nation dun capital ; en se privant du capital, létatse prive du revenu ; en dautres termes , cest lé-change du revenu de ses forêts contre une rente surle grand-livre; laliénation dun capital par dé-légation en faveur du créancier opère en effet lalibération du débiteur pour une somme pareille ;mais lamortissement est laffectation dun revenuannuel, qui, dans un terme donné , opère lextinc-tion dune dette , en conservant au débiteur tous sescapitaux. Cest ainsi que lon peut concevoir lamor-tissement.

» Que les forêts soient cédées en totalité à lacaisse damortissement, comme gage des créanciersde la dette publique ; que lAdministration des fo-rêts continue den surveiller laménagement ; queles produits des ventes annuelles soient versés à lacaisse damortissement, et affectés à lextinctionde la dette publique : les créanciers auront cons-tamment pour garant de leurs rentes le capital deces forêts, qui aura toujours tin produit jamaismoindre , et toujours plus élevé que celui actuel ,parce que la valeur des bois tend à augmenter sanscesse ; que, par conséquent, le gage des créanciersaugmentera de même, et quau contraire si lonaliène les forêts , on diminue la masse de lhypo-thèque qui forme ce gage.

» Si létat aliène une partie de ses forêts, les fraisdadministration resteront les mêmes, car on nepeut se dispenser de conserver une administrationforestière , de conserver le même nombre dagens ,à cause de la dissémination des forêts; ces frais ajou-teront encore à la diminution des produits.

» On objecte encore que les bois possédés parlétat ne produisent aucun droit de mutation. Cestune erreur : les ventes annuelles des coupes sont as-