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» Cette partie ensemencée depuis le cordon jus-ju’au pied des dunes, on doit en regarder la fixa-tion entière comme absolument assurée. On pour-rait, à la rigueur, abandonner ensuite tout le restek la nature, et s’en rapporter à ses soins lorsqu’onîura levé les obstacles qui s’opposent en ce momentà ces moyens. Les vents nuisibles, ceux enfin quibouleversent et font mouvoir ces montagnes , vien-nent de la partie de l’ouest, c’est-à-dire du cûté de lamer: cette bande ou cette lisière, plantée en pins, abri-tera l’espace qui se trouve en avant 5 cet espace serabientôt.lui-même couvert par de jeunes plants, quik leur tour en protégeront tin autre, et ainsi de suiteiuaqu’à l’extrémité des dunes. ftulle espèce de ter-rain n’est plus propre à la production du pin quedessables; cet arbre s’y reproduit avec une facilitéextrême , et les ailes dont ces graines sont arméesles portent au loin, quoique sans confusion, en très-grande abondance.
» Il ne faut pas cependant se dissimuler que cetravail de la nature serait très-long et ne pourraitguère être entièrement opéré que dans au moinsdeux siècles, tandis qu’il peut être accéléré sanspeine.
Pour y parvenir plus sûrement et en voirpromptement la fin, lorsque ces premiers semis au-ront été exécutés, et que ces jeunes plants aurontacquis une certaine vigueur, c’est-à-dire au boutde cinq à six années , les plantations doivent êtreétendues vers les terres et conduites jusqu’au som-met des montagnes.
» Cette deuxième partie exécutée , on en entre-prendra une troisième et successivement, mais tou-jours par zone à-peu-près de 2 5 à 5o toises de lar-geur, plusou moins,et enobservant bien exactementsur-tout de ne laisser aucun vide trop sensible en-tre les diverses plantations: il est très - nécessairequ’elles soient contiguës et à la suite les unes desautres.
» Après avoir indiqué l’ordre, la marche et laconduite qui doivent être rigoureusement suivisdans l’exécution de ces ouvrages, nous devons na-turellement faire mention des moyens nécessairespour défendre ou protéger les jeunes plants prove-nant de ces semis pendant les trois ou quatre pre-mières années. Quelques légères précautions suffi-ront , à cet égard, pour les vallons et les parties deniveau qui se rencontrent dans les dunes; mais ilfaut des soins plus étudiés et des moyens d’art dansles coupes et sur le sommet de ces montagnes.
» Celui d’une couverture générale en branchagesde pins , de genêts et d’arbousiers, fixée avec des pi-quets, suppléerait à tous les autres , suffirait danstous les cas, et aplanirait toutes les difficultés;mais il serait extrêmement difficile, sur les bordsde la mer sur-tout, de se procurer ces matières enquantité suffisante, à cause de la grande distance desbois où il faudrait les aller chercher.
» Le moyen que l’on croit dans cet instant de-voir particulièrement adopter, parce qu’il parait leplus économique , est celui des clayonnages en cor-dons de fascines , que nous venons de proposer pourarrêter les sables qui s’échappent journellement dela plage. Une partie de ces cordons doit être posée
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sur des lignes à peu-pri s de niveau et parallèles en-tre elles, mais plus ou moins rapprochées suivantles besoins et les circonstances, c’est-à-dire suivantque les surfaces à défendre sont plus ou moins ex-posées à l’action des vents , et l’autre sur des lignestransversales, qui formeront, avec les premières,des espèces de cases dans lesquelles les semis doiventse faire.
%> L’espace renfermé dans chaque case se trou-vera , sinon en totalité, au moins en très-grandepartie , à l’abri ; les sables s’amoncelleront, à la vé-rité, contre ces clayonnages ( 1 ), mais en petitequantité , et ne les surmonteront pas. Les jeunesplants auront le temps de s’accroître assez dans les
f iarties de ces cases qui seront abritées, pour mettrees autres à couvert avant l’entière destruction deces clayonnages; et dans ce ras notre objet sera par-faitement rempli. On sent d’ailleurs que, dans lasupposition où les graines n’eussent pas germé pen-dant la première saison , ou même pendant la pre-mière année , il serait aisé d’en réparer la défectiondans la seconde par de nouveaux semis : cette opé-ration ne peut être ni longue ni coûteuse dans unsable mouvant, qui n’a besoin' d’aucun labour, ettoujours naturellement préparé.
» Les premières plantations, celles sur-tout quenous avons proposées entre la laisse des eaux et lepied des dunes, seront d’une utilité non-seulementinappréciable, relativement à la situation généralede ces sables , qui à la longue doit en résulter ,mais encore à la propagation des semis, si on jugeà propos de les continuer : dans un espace de six àsept années au plus, elles produiront assez de bran-chages pour la composition des clayonnages et descouvertures que cette propagation nécessite. Cesmatières indispensables, aujourd’hui très-éloignées,se trouveraient alors sur le lieu et ne coûteraient quel’exploitation et la main-d’œuvre.
» Les difficultés locales n’étant pas par-tout lesmêmes, les différentes parties de ce vaste espacen’exigeront pas le même travail ni la même dé-pense ; celles qui sont de niveau n’auront besoin nide couvertures ni de cordeaux , dont on ne peut sepasser, sur-tout dans les rampes ou sur le sommetdes montagnes.
» Toutes ces variétés ou ces différences peuventêtre réduites ou divisées en quatre classes.
» Dans la première classe, sont les sommets etles parties des rampes les plus directement oppo-sées à la fureur des vents régnans , dont la su-perficie totale est de 5o milles carrés; dans laseconde classe, celles de ces rampes sur lesquellesces vents exercent une force moins active , et dontles surfaces sont de 35 milles carrés; dans la troi-sième , celles encore qui , du cûté de l’est ou desterres, s’en trouvent absolument à l’abri,et dont lasurface est de 4 ° milles ; dans la quatrième enfin ,les vallons ou les parties de niveau, dont la surfaceest estimée à 175 milles carrés.
Total. 3co milles carrés.
(1) On verra plus loin, par le rapport de M. Guvet-I.aprade , que par-tout on a substitué des châssis en plan -ches aux clayonnages fixes.