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quelques mètres en deçà des vives eaux, et qui em-brasse une longueur de 200 mèt. Pour faire le semisde cette partie , il suffit de former un clayonnagesur la ligne où le semis sera commencé.
Le surplus de la dépense consiste dans l’achat dela semence de pin et dans les journées de quelquesfemmes pour faire le semis , et dans l’achat de 4 à5 livres de graine de genêt par arpent, que l’on sème,après les avoir mêlées avec du sable, comme on sèmele blé sur la surface du terrain.
Le clayonnage ( ou le châssis en planches qu’onlui a substitué) est nécessaire, parce que la mer,à chaque marée , laisse sur ses bords une quantitéplus ou moins considérable de sables , qui se dessè-chent dans l’intervalle des deux marées, et sont pous-sés à l’est par les vents d’ouest.
La deuxième classe comprend les dunes mobiles,qui touchent immédiatement les 200 mèt. de sablequi composent la première classe. Pour faire le se-mis de ces dunes, un cordon de clayonnage n’est in-dispensable que dans le seul cas où le travail de lapremière classe n’aurait pas été effectué; mais si les200 mèt. de largeur qui avoisinent la mer sont ensemis ; si les sables de la mer, par l’effet du premierclayonnage , ne peuvent franchir cet espace ; s’ils nepeuvent être poussés sur les premières dunes, toutclayonnage de ces premières dunes devient absolu-ment inutile.
Le procédé pour faire le semis de ces dunes mo-biles est très-simple ; il consiste à transporter surla dune des branches de pin , ou de quelques arbustes garnis de leurs feuillages, et à l’en couvrirdans toute son étendue ( on se sert aujourd’hui, pourles couvertures, d’herbes de toute espèce , telles quejoncs, roseaux, etc.). O11 dépose les branches surla terre, dans la direction du nord au midi; à côtéde la première branche , on en pose une seconde ; àcôté de la seconde, une troisième , et ainsi de suitejusqu’au sommet de la dune. On a la précaution decouper le bout de ces branches d’une égale lon-gueur ( 3 mèt. à 3 mèt. et demi). Cette première li-gne de branchages déposée , on en dépose une se-conde et une troisième ligne, l’une à droite, et l’autreà gauche, dans le même sens, de manière que lesbouts des branches se croisent. Pour fixer ces bran-ches , on place sur leur bout une perché de pin dela grosseur d’environ 7 à 8 centim. de circonférence,et on fiche en terre le bout de chaque perche avecde petits crochets de bois.
La troisième classe comprend les dunes qui nesont qu’en partie mobiles, et qui ne doivent être re-couvertes que dans les endroits qui sont véritable-ment mobiles. L’opération est la même que pour laseconde classe.
La quatrième classe est celle des dunes qui sontpresque toutes fixées , et qui n’exigent de couver-tures que dans les petites portions encore mobiles.
M.Tassin ne partageait point l’opinion deM. Bré-montier sur la faculté de borner les travaux aux4,660 hectar. de sables situés sur les bords de lamer, et d’abandonner le reste à la nature, pour lefertiliser. Il observait d’abord qu’en admettant cettepossibilité, il faudrait deux siècles pour opérer ceteffet naturel; mais que l’expérience démontre qu’on
ne peut ainsi abandonner le semis général à la na-ture , parce que les sables peuvent traverser la plan-tation faite sur les bords de la mer, et engloutirtoutes les graines de pin qui seraient semées , soitnaturellement, soit par la main des hommes, sur lesdunes mouvantes de la seconde classe.
L’auteurexaminait ensuite, sous lesrapports finan-cier, agricole et commercial, les grands avantagesde la plantation des dunes. Le pin croit parfaitementdans les sables mouvans des dunes. Leur plantation,qui est estimée à 8 millions, fournirait une pro-priété à l’état de 20 millions ; elle donnerait unegrande quantité de résinés, dont l’exploitation wro-curerait d’immenses bénéfices aux hommes indus-trieux du pays, remplirait le déficit que nous éprou-vons dans cet objet de consommation, et donneraitdes moyens d’améliorer l’agriculture. Puis il éta-blissait la possibilité de semer sur les dunes des pinspropres à la mâture , et sur-tout le pin de Riga, etfixait à soixante ans l’époque où le gouvernementpourrait trouver dans les dunes tous les mâts néces-sairesàsa marine; mais il faudraitemployer,paran,266,000 fr., pour terminer le travail en trente ans.
En 1808 , M. Guyet-Laprade, alors conservateurdes forêts à Bordeaux , fit connaître, par un rapportlu à la Société des sciences de cette ville , que leproblème de la fertilisation des sables était défini-tivement résolu ; qu’à cette époque , 3,700 hectar.étaient couverts de semis, dont la dépense n’avaitété que d’environ 85 fr. par hectaie, y compris lesfrais de régie. Il annonçait que les semis, tant an-ciens que nouveaux , étaient dans le meilleur état ;que les rives des derniers semis étaient défendues del’invasion des sables jour des châssis en planches quel’on avait substitués, depuis quelque temps, auxclayonnagesfixes, parce que ces châssis, outre qu’ilsremplissaient mieux l’objet que l’on s’était proposé,étaient infiniment moins coûteux que les clayon-nages dont on s’était servi dans les premiers temps.
In général, disait-ij, la commission a été très-satisfaite des travaux exécutés : ils présentent en cemoment un aspect très-imposant , et quoique leursurface soit encore très-petite , relativement à ce quireste à faire pour joindre les deux forêts de la Testeet d’Arcachon dans toute leur largeur, cependantce qu’on voit confirme la possibilité d’y parvenirdans la suite. Les semis faits au bord de la Teste ontsauvé le bourg de ce nom , si intéressant par son in-dustrie , sa population et le nombre des gens de merque la pêche et le commerce y attirent.
Le rapporteur ajoutait que, dans l’un des ateliers,celui de Mimisan , on voyait prospérer des sapinsronges et des chênes de plusieurs espèces, tant semésque plantés, notamment le chêne pyramidal, quercusfastigiata; des acacias, des saules, des platanes, etc.
Enfin il observait que, par-tout où l’on avait mêléla graine de genêt avec celle de pin, les semisavaientparfaitement réussi , et que les châssis en planchesproduisaient un meilleur effet que les clayonnages.
En 1811 , le même rapporteur de la commissiondes dunes confirma ce qu’il avait dit en 1808, et an-nonça que 5 ,ooo hectar. de dunes, soit dans le dé-partement de la Gironde , soit danp celui des Landes ,étaient fixés , et que les semis et plantations y don-