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Tome premier.
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DU N

DUN 815

quelques mètres en deçà des vives eaux, et qui em-brasse une longueur de 200 mèt. Pour faire le semisde cette partie , il suffit de former un clayonnagesur la ligne le semis sera commencé.

Le surplus de la dépense consiste dans lachat dela semence de pin et dans les journées de quelquesfemmes pour faire le semis , et dans lachat de 4 à5 livres de graine de genêt par arpent, que lon sème,après les avoir mêlées avec du sable, comme on sèmele blé sur la surface du terrain.

Le clayonnage ( ou le châssis en planches quonlui a substitué) est nécessaire, parce que la mer,à chaque marée , laisse sur ses bords une quantitéplus ou moins considérable de sables , qui se dessè-chent dans lintervalle des deux marées, et sont pous-sés à lest par les vents douest.

La deuxième classe comprend les dunes mobiles,qui touchent immédiatement les 200 mèt. de sablequi composent la première classe. Pour faire le se-mis de ces dunes, un cordon de clayonnage nest in-dispensable que dans le seul cas le travail de lapremière classe naurait pas été effectué; mais si les200 mèt. de largeur qui avoisinent la mer sont ensemis ; si les sables de la mer, par leffet du premierclayonnage , ne peuvent franchir cet espace ; sils nepeuvent être poussés sur les premières dunes, toutclayonnage de ces premières dunes devient absolu-ment inutile.

Le procédé pour faire le semis de ces dunes mo-biles est très-simple ; il consiste à transporter surla dune des branches de pin , ou de quelques arbustes garnis de leurs feuillages, et à len couvrirdans toute son étendue ( on se sert aujourdhui, pourles couvertures, dherbes de toute espèce , telles quejoncs, roseaux, etc.). O11 dépose les branches surla terre, dans la direction du nord au midi; à côtéde la première branche , on en pose une seconde ; àcôté de la seconde, une troisième , et ainsi de suitejusquau sommet de la dune. On a la précaution decouper le bout de ces branches dune égale lon-gueur ( 3 mèt. à 3 mèt. et demi). Cette première li-gne de branchages déposée , on en dépose une se-conde et une troisième ligne, lune à droite, et lautreà gauche, dans le même sens, de manière que lesbouts des branches se croisent. Pour fixer ces bran-ches , on place sur leur bout une perché de pin dela grosseur denviron 7 à 8 centim. de circonférence,et on fiche en terre le bout de chaque perche avecde petits crochets de bois.

La troisième classe comprend les dunes qui nesont quen partie mobiles, et qui ne doivent être re-couvertes que dans les endroits qui sont véritable-ment mobiles. Lopération est la même que pour laseconde classe.

La quatrième classe est celle des dunes qui sontpresque toutes fixées , et qui nexigent de couver-tures que dans les petites portions encore mobiles.

M.Tassin ne partageait point lopinion deM. Bré-montier sur la faculté de borner les travaux aux4,660 hectar. de sables situés sur les bords de lamer, et dabandonner le reste à la nature, pour lefertiliser. Il observait dabord quen admettant cettepossibilité, il faudrait deux siècles pour opérer ceteffet naturel; mais que lexpérience démontre quon

ne peut ainsi abandonner le semis général à la na-ture , parce que les sables peuvent traverser la plan-tation faite sur les bords de la mer, et engloutirtoutes les graines de pin qui seraient semées , soitnaturellement, soit par la main des hommes, sur lesdunes mouvantes de la seconde classe.

Lauteurexaminait ensuite, sous lesrapports finan-cier, agricole et commercial, les grands avantagesde la plantation des dunes. Le pin croit parfaitementdans les sables mouvans des dunes. Leur plantation,qui est estimée à 8 millions, fournirait une pro-priété à létat de 20 millions ; elle donnerait unegrande quantité de résinés, dont lexploitation wro-curerait dimmenses bénéfices aux hommes indus-trieux du pays, remplirait le déficit que nous éprou-vons dans cet objet de consommation, et donneraitdes moyens daméliorer lagriculture. Puis il éta-blissait la possibilité de semer sur les dunes des pinspropres à la mâture , et sur-tout le pin de Riga, etfixait à soixante ans lépoque le gouvernementpourrait trouver dans les dunes tous les mâts néces-sairesàsa marine; mais il faudraitemployer,paran,266,000 fr., pour terminer le travail en trente ans.

En 1808 , M. Guyet-Laprade, alors conservateurdes forêts à Bordeaux , fit connaître, par un rapportlu à la Société des sciences de cette ville , que leproblème de la fertilisation des sables était défini-tivement résolu ; quà cette époque , 3,700 hectar.étaient couverts de semis, dont la dépense navaitété que denviron 85 fr. par hectaie, y compris lesfrais de régie. Il annonçait que les semis, tant an-ciens que nouveaux , étaient dans le meilleur état ;que les rives des derniers semis étaient défendues delinvasion des sables jour des châssis en planches quelon avait substitués, depuis quelque temps, auxclayonnagesfixes, parce que ces châssis, outre quilsremplissaient mieux lobjet que lon sétait proposé,étaient infiniment moins coûteux que les clayon-nages dont on sétait servi dans les premiers temps.

In général, disait-ij, la commission a été très-satisfaite des travaux exécutés : ils présentent en cemoment un aspect très-imposant , et quoique leursurface soit encore très-petite , relativement à ce quireste à faire pour joindre les deux forêts de la Testeet dArcachon dans toute leur largeur, cependantce quon voit confirme la possibilité dy parvenirdans la suite. Les semis faits au bord de la Teste ontsauvé le bourg de ce nom , si intéressant par son in-dustrie , sa population et le nombre des gens de merque la pêche et le commerce y attirent.

Le rapporteur ajoutait que, dans lun des ateliers,celui de Mimisan , on voyait prospérer des sapinsronges et des chênes de plusieurs espèces, tant semésque plantés, notamment le chêne pyramidal, quercusfastigiata; des acacias, des saules, des platanes, etc.

Enfin il observait que, par-tout lon avait mêléla graine de genêt avec celle de pin, les semisavaientparfaitement réussi , et que les châssis en planchesproduisaient un meilleur effet que les clayonnages.

En 1811 , le même rapporteur de la commissiondes dunes confirma ce quil avait dit en 1808, et an-nonça que 5 ,ooo hectar. de dunes, soit dans le dé-partement de la Gironde , soit danp celui des Landes ,étaient fixés , et que les semis et plantations y don-