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dix fois plus giand qu’aupara-vant. Depuis l’invention de lamachine pneumatique (voyez cemot), on a fait une grandequantité d’expériences dans levuide ou dans l’air raréfié àdif-férens degrés ; il était naturelde penser qu’il y en avait aussibeaucoup à faire dans l’air con-densé. On se sert , pour cessortes d’épreuves, d’un vaisseaucapable d’une grande résis-tance , et l’on y fait entrer del’air à force, avec une petitepompe faite à dessein ; maiscomme l’airfortenientcondenséfait un grand effort, c’est unesage précaution que de revêtirle vaisseau d’une cage d’un grosfil de fer, afin que s’il vient àcrever, les éclats ne causentaucun dommage. Souvent l’airqui passe ainsi par unç pompe ,se charge de vapeurs grasseset humides ,‘inconvénient au--quel M. l’abbé Nollet se propo-sait de remédier; car il y abien des cas où il serait à sou-haiter que l’air fut plus pur ,afin que ce qui résulte de l’ex-périence ne put être attribué àrien autre chose qu’au degré decompression qu’on lui a faitprendre, et à la densité de sapropre matière.
Le 'Rapport général des tra-vaux- de laSociétéPhilomatique ,an 6 , p. 21, fait mention d’uneobservation curieuse du citoyenBaillet, dont il résulte que l’aircomprimé dans la machine decompression , lorsqu’il reprenden sortant son premier volume,dépose, sons forme de glace,l’eau qu’il tenait en dissolution.
On ignore jusqu’où peut aller
M A G
la condensation de l’air : le che-valier Boy le l’a rendu treize foisplus dense; M.Halley,soixantefois. Celui qui parait avoir leplus fait à cet égard, est M.Haies, qui, suivant M. de Buf-fon , à réduitl’air à la mille cinqcens cinquante-unième partiedesonvolume ordinaire. (Fi aumot Elatéromètre , la manièrede mesurer le degré de sa con-densation ). Serait-il jamaispos-siblede le comprimer au pointque ce fluide que nous n’avonsjamais vu , devînt sensible ànos regards ? Muschembroeckrenferma trois perches et unetruite, dans une machine où ilrendit l’airtrois fois plus denseque l’air naturel ; l’expériencedura six heures; les poissonsnagèrent très-bien la premèreheure , prirent souvent de l’airfraisa la surface de l’eau, maisne mangèrent point. La truitepérit dans la deuxième heure ,et lorsqu’il ouvrit le vaisseau ,une des perches était morte, etles deux autres étaient en bonétat. On ne peut attribuer lamort de ces poissons au défautd’élasticité de l’air qu’ils respi-raient ; car le baromètre renfer-mé dans cette machine, fit con-naître que l’a-ir avait encore»beaucoup de ressort. La respi-ration d’un petit quadrupède oud’un oiseau que l’on soumet àpareille épreuve , y est sensible-ment gênée.
La machine de condensationsert à démontrer que ce qui em*pêche une bouteille de verretrès-mince de se casser à l’airlibre, c’est queceluiqu’elle con-tient, est en équilibre avec l’air