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de temps, sans crainte de re-chute , à moins qu’il ne s'y ex-pose volontairement. Les sau-vages pratiquent cette cure sansavoir besoin du mercure, sansmême en avoir aucune connais-sance , et ils regardent cette ma-ladie comme une des plus facilesà guérir par le seul usage desplantes ; mais quelles sont cesplantes? C’était un secret qu’ilétait impossible de leur arra-cher , dans la persuasion où ilsétaient que si le remède venaità la connaissance des Européens,il perdraitsa vertu.Inutilement,à force d’argent, a-t-on tentéd’en obtenir la révélation. M.Kalm, élève de Linnée , qui aparcouru les forêts et déserts del’Amérique septentrionale, estparvenu à découvrir ce secret,qu’il a consigné dans les Mé-moires de L'Académie de Stoc-kolm. ( Voy. Collée. Acad.,part.étranp,.,X. XI, p. 281 ).Ony voitune description très-ample ettrès-détaillée de la lobelia , quiparaît être celle que les sauvagesemploient préférablement etgénéralement contre la maladievénérienne. Cette lobelia est lerapuntium de Tournefort. Le re-mède consiste à prendre unedécoction de la racine de cetteplante, qui agit comme purga-tif , et à laver journellementavec cette même décoction, lesparties les plus attaquées par lamaladie. En quinze jours outrois semaines, la guérison estradicale.
Pour faire cette découverte ,M. Kalm a eu recours au colo-nel William Johson, pour quiles sauvages avaient beaucoup
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de respect etdeconfiance. Ils nelui ont point caché les plantesdont ils faisaient usage, et lamanière dont ils traitaient lamaladie. Un des sauvages , ha-bile dans ces sortes de cures, luidéclara qu’il s’était servi quel-quefois de la lobelia , mais qu’ilavait encore plus de confiancedans la décoction de la racinedeCeanothus Americanus h- , oueelastrus irtertnis fol iis , ovatis ,serratis , trinerviis.
Il n’v a point d’exemple, ditM. Kalm, qu’un sauvage amé-ricain soit mort de cette mala-die; point d’exemple qu’un ma-lade, quelqu’attaqué qu'il aitété, soit mort pendant le traite-ment; point d’exemple d’un ma-lade traité selon cette méthode,qui n’ait été guéri.
' Une telle découverte est unprésent fait à l’humanité; on nepeut trop la rendre publique.( Journal de Paris , i et . novem-bre 1780 ).
~Leph.ite.uma des Alpes est sem-blable au lobelia syphillitica , eten a les mêmes effets. (Voyezles Mémoires de la Société royale,1780, p. 346).
Cependant, il faut observerqu’un remède efficace pour ceapeuples, 11e le serait pas pour unEuropéen , soit que le tempé-rament lâche et mou des sau-vages donne moins de prise àcette maladie, soit qu’étant très-ancienne parmi eux, et commeindigène, elle s’y soit affaiblie ?comme cela est arrivé parminous, soit enfin que le climaty contribue.
La vérité est que les Euro-péens n’ont encore trouvé que le