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par un mélange de pois noire ,de poix-résine, de souffre allu-mé. Ce mélange produisait danssa bouche le même frémisse-ment que l’eau dans laquelleles forgerons éteignent le fer,et bientôt après il avalait cecharbon enflammé, cette poix,ce soufre et cette résine. Il em-poignait un fer rouge avec samain, qui n’était cependant pasplus calleuse que celle d'un au-tre homme. Enfin il tenait unautre fer rouge entre ses dents.
Ce n’est que par une habituded’abord très - douloureuse , etline disposition dans les orga-nes, qu’un tel homme est par-venu aies rendre insensibles.Levalet de cet Anglais publia , en1667 , le secret deson maître , lemanger du feu. (Voyez le Jour-nal des Savons, 1677, i rc . édi-tion, p. 4* , et 2 e . édition , p.24, 1680, p. 262, 147 )■ Ce se-cret consiste à se frotter lesmains, la bouche, les lèvres,le palais, avec de l’esprit-de-soufre, vraisemblablement af-faibli dans lesconnnencemens,etqtie l’on emploie ensuite plusactif. Cet acide corrode l'épi-derme , et le rend aussi durqu’un cuir. En répétant cetteopération, l’épiderme devientsi dur, qu’il gêne les mouve-mens de la bouche: les bate-leurs se la lavent avec du vinbien chaud , et enlèvent la peauracornie qui se détache. Ils en-durcissent la nouvelle peau dela même manière, et avec letemps la rendent sans sensibi-lité.
Nous observerons cependantgue l'esprit-de-soufre peutren-
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dre l’épiderine insensible , maisil ne faut croire , qu’aprèsles avoir vu, les prodiges ra-coutésde l’Anglaisilichardson,parce que l’on ne rend pas lesdents calleuses. On peut lesrendre insensibles, mais il fautpour cela sécher le nerf qui yaboutit, et dans ce ca3 ellestombent bientôt. La languerendue calleuse au point d'y al-lumer de la poix, 11e serait plus,dans la bouche , qu’une piècenuisible, devenue solide et sansflexibilité; ainsi, point de pa-role. Au reste, parmi des gensqui auraient de l’humanité, ilfaudraitrenfermer comme fousdes hommes qui se livrent à unétat qui, quelques précautionsque l’on prenne, doit toujoursêtre très-douloureux. En effet,de quoi certains individus nesont-ils pas capables, soit pourgagner de l’argent , soit pourtromper les autres hommes ?Lorsqu’ils ont avalé ces char-bons, que leur salive éteint au-paravant dans leur bouche, ilsont grandsoiu d’avalerde l’innlaou de l’eau chaude pourrejet-ter ces matières. ( Journal desSavons, 1677, p. 17S, i re . édi-tion , et p. 97 de la 2 e . )
Dans ces siècles de supersti-tion et d’ignorauce, on sait quel’on faisait usage des épreuvesde l’eau chaude et du fer chaud,pour distinguer le coupable del’innocent.
On appelait ces jugemens,jugemens de Dieu , dans la follepersuasion que Dieu faisait unmiracle pour sauver l’innocent.Ces épreuves se faisaient dansl’église. L’accusé était obligé de