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Tome quatrième.
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la mémoire artificielle. La pre*mière ne se donne par aucunsmoyens physiques et mécani-ques ; elle se perd , ainsi que laseconde, par maladie et parlesexcès de tous genres. Rendre demémoire un discours qui vientd’être prononcé, se rappeler aubout de 10 , 20, 5 o ans , motpour mot , des tirades de vers,rapporter des traits d'histoire ,sans en oublier la moindre cir-constance ; faire comme le doc-teur Wallis (Voy. Coll. Acad.,part, étrang. , t. VII, p. 102 ) ,des multiplications, divisions;extractionsderacines, fractionsdécimales , etc., sur 20 , 5 o et4 o chiffres. Voilà , sans contre-dit , de ces faveurs que la naturen’accorde pas à tout le monde,et ceux qui jouissent d’un sibeau privilège n’ont autre choseà faire pour le conserver , qued'éviter les excès dans le vin ,dans la nourriture, dans les plai-sirs , et s’en tenir à un régimesalutaire , qui les préserve au-tant qu’il est possible des ma-ladies et des accidens. Ce pré-cepte vaudra pour eux toutesles poudres, tabacs , cataplas-mes, fumigations, purgatifs,bains, huiles et boissons con-seillées par les charlatans, etsouvent tout aussi funestes queles excès.

Quant àla mémoire artificiellequi s’acquiert par l’étude , nousne connaissons d’autre baumeque l’attention , la répétition ,f écriture et les figures.

i°. L’attention : il faut bienentendre, bien saisir ce qu’onveut retenir; une attention lé-gère , superficielle, ne laisse

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qu’une impression faible, mo-bile et prompte à s’effacer. Uneattention vive , soutenue , quidivise, qui détaille , qui anato-mise, pour ainsi dire, qm dé-compose pour recomposer,laisseune empreinte plus forte etmoins fugace.

2 0 . La répétition : réciter sou-vent par cœur ce que l’on veutretenir , c’est le moyen ordi-nairement employé pour le faireentrer dans la mémoire, et pourentretenir le souvenir de cequ’on a appris.

5 °. L’écriture: la répétition,seule est un moyen fatiguant,monotone. Il est à remarquerque ce qu’on écrit laisse destraces plus profondes, parce queles idées n’entreut pas dans lamémoire avec la même préci-pitation que lorsqu’on lit. Seplaçant avec lenteur , et suivantpour ainsi dire tous les mouve-mens de la plume , elles ont letemps de s’asseoir, de s’impri-mer, dese fixer. C’est un moyenmécanique quiseconde, faciliteet abrège le travail de l’attentionet de la répétition.

4 °. Les figures : la poésie serelient plus facilement que laprose , parce que son oytlimeprésente déjà unesorted’image,et parce que son style animé ,figuré, violente pourainsi dire ,et captive l’attention, frappe lamémoire, la force et la subjugue.C’est aussi l’effet que produisentla peinture, la gravure et lasculpture ; elles font plus, ellesinspirent le désir d’apprendre etde connaître. Lestraitsde Guil-laume Tell et de Mutius Sce-vola, le jugement de Salomon,