Band 
Tome quatrième.
Seite
329
JPEG-Download
 

M O N

se succèdent ; qu’il les visiteavec attention , les mesure , lesdécrive.

Il doit s’attacher à saisir lapremière ébauche du minéral, !ses nuances , ses gradations ;

f lasser ensuite à l’observation de’air , des vapeurs , des eauxsouterraines de la mine, et te-nir une note exacte de tous lesphénomènes qui se font remar-quer.

Une telle visite ne doit doncêtre ni légèrement ni rapide-ment faite; ici la peine ne doitêtre envisagée pour rien; car sile vrai désir d’apprendre l’ani-me , il reviendra plusieurs foisavec plaisir sur ses pas ; il re-verra les mêmes objets sans selasser, et sa constance alors lerendra digne de pénétrer dansles mystères les plus cachés deJa nature.

§ II. Manière d'examiner lesvolcans.

Ilestencore d’autresmanièresde lire dans l’intérieur des mon-tagnes ; les feux souterrains, en

f lus grand nombre qu’on neimagine ordinairement , ontde tout temps produit des ex-plosions violentes dans les en-trailles de la terre , et se sontouvert des issues extérieures paroù ils ont vomi des amas con-sidérables de matières embra-sées de toute espèce : de-là lesvolcans.

Les uns en se foi inaijtontcréédes îles , soulevé des monta-gnes ; d’autres ont fait éclaterles plus durs rochers , les ontcalciné , les out dénaturé :: le

MON 329

lus grand nombre a cessé de

rûler , soit parce que les ma-tières se sont épuisées , soit pard’autres causes que nous igno-rons ; il ne nous reste plus quedes soupiraux par où ces gouf-fres de feu se dégorgeaient.C’estsur les plus hautes et les plusanciennes montagnes qu’il fautaller chercher les restes de cesfournaises éteintes ; nos chaînesde montagnes élevées nous enfont remarquerplusieurs ; on lesreconnaît facilementàleur largebouche formée en entonnoir,aux amas de matières torréfiéesqui les environnent, aux ro-chers des alentours renversés ,éclatés, entassés sans ordre, etquelquefois nuancés encored’une teinte olivâtre, que letemps n’a point effacée; la moin-dre pratique à ce sujet donneral’habitude nécessaire pour dé-couvrir sans peine de pareilslieux.

Il ne fant pas s’attendre, enles parcourant, d’y rencontrercet ordre, cet arrangement,cette uniformité de couches quise font remarquer ailleurs ; c’estici le tableau du désordre et dela destruction, de l’opérationdes feux les plus âpres : on yvoit de toutes parts les scoriesdes différens minéraux , le pou-voir des sels combinés avec lessables, les cailloux vitrifiés, al-térés ; les soufres unis , mélan-gés avecd’autres matières. C’estmoins la nature simple et pre-mière que vous admirerez ici,que les beaux restes d’un spec-tacle chimique digne d’ê'.raobservé dans son ensemble ,et d’être analysé dans sw-